06/09/2007

Une spirale positive

Une spirale Positive

Depuis l'interruption des négociations par le formateur, Yves Leterme, nous assistons à une spirale de la négativité.  Au départ, seule Madame Milquet, semblait dire non à tout et maintenant nous entendons plus que des "nons" de toute part.  

  • Le CD'N V/NVA dit "non" à toute formation de gouvernement qui n'impliquerait pas de grandes réformes institutionnelles.

  • Ils ont aussi dit non à la désignation d'un duo de "démineurs", De Croo, Langhendries.

  • Le CDH dit non à toute réforme institutionnelle, exigeant une majorité des deux-tiers.

  • Ecolo dit non à la NVA, à tout ce qui a été négocié jusqu'ici...et conditionne son entrée à celle de Groen.

  • L' open VLD dit non aux contre-revendications des francophones devant le "cadre" de négociation proposé par les négociateur flamands.

  • Le PS semble quant à lui se réjouir de l'impossibilité de former une orange bleue.

Après presque 90 jours de négociation pour former un gouvernement, il me semble important pour sortir de cette crise, d'inverser la tendance.

Quels sont les points d'accord?

  • Les partis flamands veulent plus de "goed bestuur", ça tombe bien les électeurs du MR aussi.  Didier Reynders, qui a fait campagne sur ce thème, notamment à Charleroi, doit en partie sa victoire au ras-le-bol des électeurs face à la multiplication des scandales.  Cependant, j'ai beau consulter tous mes dictionnaires NLS-Français...  et dans aucun de ceux-ci, "goed bestuur" ne se traduit par REFORMES DE L' ETAT (Staatshervorming) comme semble le prétendre les négociateurs flamands.  Goed Bestuur, cela correspond plutôt à la mise en place de règles de "bonne gouvernance" permettant de lutter contre les abus et les dérives.  J'aimerais qu'on m'explique comment un simple transfert de compétence vers les entités fédérées permettrait de parvenir à ce résultat!!!  N'existe-t-il pas d'autres moyens, notamment législatifs, par exemple en renforçant les sanctions visant ceux qui commettent ces dérives, qui permettraient de répondre efficacement à ce légitime souhait de la population tant au Nord qu'au Sud du pays???  Jusqu'à preuve du contraire, la justice reste bien une compétence fédérale, c'est à ce niveau que nos négociateurs pourraient prendre les mesures les plus efficaces.

  • Pour faire face aux défis de la mondialisation et de la compétition entre régions dans un monde globalisé, il est utile d'envisager une nouvelle réforme de la fiscalité et notamment celles concernant les entreprises.  De l'avis de tous les spécialistes et notamment des premiers concernés la FEB, les intérêts notionnels et la baisse de l'impôt des sociétés ont permis de rendre notre pays plus attractifs pour des investisseurs étrangers.  Pour quelle raison étrange, faudrait-il aujourd'hui traiter ces questions au niveau régional???  La tendance n'est-elle pas d'ailleurs d'harmoniser ces législations au niveau européen???  Comment prétendre que la Belgique, ses entreprises et ses habitants se trouverait mieux si ces matières étaient régionalisées?  Sauf bien entendu si l'objectif est de permettre une compétition malsaine entre régions d'un pays déjà si petit?  Comment des francophones raisonnables pourraient-ils croire qu'un tel transfert de compétences, permettrait d'améliorer la situation économique de la Wallonie?  Si le mandat des électeurs du Nord et du Sud, c'est de réduire les impots des sociétés pourquoi ne pas le faire au niveau fédéral actuel, comme cela a toujours été le cas?

  • La solidarité...  Bien des négociateurs flamands insistent sur la nécessité de transférer des compétences du fédéral vers les entités fédérées afin de répondre aux préoccupations sociales de leurs électeurs: ils évoquent les allocations familliales, les soins de santé, des mesures spécifiques pour le chômage, qui toucheraient spécifiquement les travailleurs âgés au Nord et les jeunes au Sud.  Selon eux, les différences entre le Nord et le Sud du pays seraient telles que seul un transfert de compétences aux entités fédérées permettrait de satisfaire les besoins spécifiques à chaque communauté.  A première vue, le raisonnement semble être de bon sens...à première vue seulement.  Dans le cas des allocations familliales, j'aimerais qu'ils m'expliquent pourquoi les parents flamands mériteraient plus ou auraient plus besoin d'une revalorisation de ces allocations familliales que les parents d'enfants francophones?  Dans le cas des soins de santé, j'aimerais qu'on m'explique en quoi les patients flamands et francophones sont tellement biologiquement différents qu'il faudrait que la décision de remboursement de leurs médicaments, soit régionalisée.  Un médicament, qui conviendrait à un patient flamand, deviendrait-il nocif pour un patient francophone.  Dans le même ordre d'idée, pourquoi ne pas réfédéraliser la médecine préventive?  Un vaccin ou un dépistage de cancer, sont-ils spécifiquement adaptés à une communauté linguistique?  Concernant le chômage, j'aimerais également que l'on m'explique en quoi une mesure qui serait bonne pour un chômeur agé au Nord deviendrait mauvaise ou inutile pour un chômeur âgé francophone, en quoi mettre en place des programmes d'activation de chômeurs spécifiques pour des jeunes sans formation au sud, seraient moins utile à un jeune sans formation du Nord?  Tout cela me laisse perplexe, sauf à considérer des raisons de politique bassement politicienne.  Par exemple, des allocations familliales revalorisées de 75€ seraient un élément de séduction important pour forcer des parents bruxellois francophones à changer d'identité linguistique!!!

  • Les préoccupations environnementales font aujourd'hui l'unanimité, comment ne pas comprendre que ce défi ne pourra se régler que s'il est traité de manière globale et certainement pas s'il est régionalisé. Quel est l'intérêt de faire varier la politique de subsidiation ou la mise en place de normes d'une entité fédérée à l'autre? Comment mettre en place une fiscalité incitative ou dissuasive efficace, si ce n'est au niveau fédéral, voire européen!!! La pollution reconnait-elle la frontière linguistique?

  • Que dire des revendications concernant la régionalisation des plaques minéralogiques ou concernant la sécurité routière. Cela permettra-t-il d'éviter des accidents, si une mesure est bonne d'un côté de la frontière linguistique, pourquoi serait-elle mauvaise de l'autre?

  • Dans le cas de la scission de BHV, j'aimerais que quelqu'un m'explique pourquoi il faut faire d'une question aussi élémentaire que le fait de recevoir l'information communale dans la langue de son choix ou le fait de pouvoir s'exprimer dans sa langue devant un tribunal (par exemple à l'occasion d'un divorce), nuirait gravement aux intérêts de nos compatriotes flamands...au point qu'il serait tout à fait impossible de former dans ces conditions un gouvernement qui réponde aux besoins et aux aspirations des gens.

Inverser la tendance actuelle de négativité, en transformant en objectifs positifs pour tous, les revendications qui semblent aujourd'hui ne pouvoir être réglées, en dépit de tout sens commun, que par des avancées communautaires, est possible. C'est cela que devrait viser à présent l'ensemble des négociateurs. La Belgique est le pays du surréalisme, comment s'en étonner au vu de ces pitoyables négociations !!!


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