30/10/2007

Bart De Wever ne s'excuse pas pour la shoah.

Hier dans le Standaard, Bart De Wever, conseiller communal à Anvers, a publiquement pris ses distances avec les excuses formulées par le bourgmestre d' Anvers, Patrick Janssens, pour le rôle des autorités communales de cette ville dans la mise en oeuvre de la Shoah.

deweverenlepen

Il est en effet avéré depuis une étude commandée au SOMA (Studie en documentatiecentrum Oorlog en hedendaagse maatschappij) par Guy Verhofstadt que sans la collaboration active des autorités communales d' Anvers le nombre de juifs déportés par les allemands aurait été bien moins élevé.  Quelques preuves:

  • Elles ont d'abord procédé à des razzias dans les rues.  Dans un second temps, elles ont collaboré aux enquètes et à la traque en fournissant des informations.  Enfin elles ont procédé elles-mêmes aux arrestations.
  • Lorsque les allemands ont exigé des autorités anversoises qu'elles leur livrent 1000 juifs durant l'été 1942, celles-ci ont diligenté leur tâche avec zèle en leur livrant 1243 futurs déportés (25% de plus).
  • Le taux de déportation des juifs à Anvers suite à cette collaboration, s'est élevé à 67% à comparer avec les 35% dans des villes comme Bruxelles, Gand ou Liège, qui ont refusé leur assistance à l'occupant ou du moins qui y ont mis moins d'ardeur.  A titre de comparaison encore, il faut rappeler l'héroïsme de la population danoise, qui suivant l'exemple de leur roi, n'a pas hésité à arborer des étoiles juives lorsque les allemands ont exigé des juifs qu'ils se distinguent du reste de la population.
En s'excusant pour la première fois au nom des institutions de la ville auprès de l'importante communauté juive anversoise, Patrick Janssens a accompli un acte responsable, dont il faut saluer l'importance. 
 
Bart De Wever refuse quant à lui de s'associer à ce geste, dans lequel il ne voit qu'une manoeuvre politique à l'encontre du Vlaamse Belang.  Pour lui, ce geste est gratuit.  Il n'hésite d'ailleurs pas à rappeler à cette occasion l'occupation en Palestine par les israéliens. 
 
Comment expliquer cette scandaleuse prise de position?  Sinon, par les heures les plus sombre du nationalisme flamand, dont beaucoup de ténors au cours de la seconde guerre mondiale ont rallié les thèses des Nazis.  Il voyait dans cette occupation par des frêres germains, le moyen de s'affranchir de la domination francophone sur la Belgique. 
 
Comme tous les nationalismes, le mouvement nationaliste flamand est forcément idéaliste: il rêve d'un combat flamand sans tache, idéalisé au travers de l'histoire.  Il ne peut permettre que certains de ses chantres soient confrontés avec leur passé, leurs actes, leurs erreurs.  C'est une vision romantique, romancée et forcément fausse.
 
Bart De Wever peut-il être ministre fédéral?  Est-il encore possible de former un gouvernement avec la NVA?   

17:46 Écrit par Philip Hermann dans Ethique | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : bart de wever, anvers, patrick janssens, soma, nva, nationalisme, flamand |  Facebook |

Commentaires

C'est la Luuuuuuuttte finaaaaaaaaaaaaaaaaaaleuuuuuuh Didju, v'là til pas que je rentre chez moi plus tôt que prévu. J'allume la télé et bardaf : sur la RETEBéEF, édition spéciale :
"LA SCISSION DE BHV A ETE VOTEE!!!"
Godferdekke, si mon défunt Bompa van Brabant(grand-père du brabant en français) eut été là, il en aurait pleuré...tellement l'émotion est grande en ce 7 november,... lui qui votait
pour le CVP à l'époque....in de jaren tachtig, ou les eighties si vous préféréz....
Bé voilà, la scission de BHV est un fait. Les "Vlaamse Choco Prinsen" qui nous gouvernent ont voté, comme ca, clash, sans demander l'avis d'Elio en plus lol et se levés, fiers comme des coqs wallons...
on se serait cru à RollandGarros, manquait plus que la Holaaaaaaa :))
Trouver des solution pour lutter contre la pauvreté? Nenni, on a pas que ca a faire en Flandre en 2007. Conclusie: On préfère baigner dans l'immobilisme total, sans gouvernement, lutter pour quelques dollars de plus , comme Clint Eastwood au pays des cowboys... Au lieu de travailler pour le citoyen!...c'est d'ailleurs pour ca qu'on les paye, non?:)
L'orange-bleue a un goût amer brrrrrrr...
Bah fort heureusement, les Groen se sont abstenus...ce sont les seuls à tenir un discours positif... à dire qu'on a pas que ca a faire vu le contexte économique et social...
Comme quoi, sont pas tous méchants les Flamands...

Écrit par : Moony van Luik | 07/11/2007

La Belgique otage de quelques narcissiques irresponsables L'orange-bleue est un échec total ! Il faudrait être stupide ou aveugle pour le nier.
Ces marionnettes de la politique, avides de pouvoir et narcissiques au possible ont été incapables de s'entendre non pas encore pour gouverner mais juste pour se décider à gouverner ensemble ! Cela en dit long sur leur incapacité à gérer ensemble un pays dans l'avenir.
Et si les flamands privilégient le droit du sol aux droits des gens et que nous avons du mal à comprendre cette logique, il ne faudrait pas que les hommes politiques francophones leur jette trop la pierre pour se rassurer ou se dédouaner de cet échec ! Non, les « grands démocrates » francophones ont aussi montrer leurs limites dans ces négociations et leur incapacités à gérer une crise, à trouver des compromis et souvent même à s’entendre entre membres d’une même famille politique tant libérale que sociale chrétienne !
Alors que faire ? Et si on ouvrait cette orange-bleue à d’autres partis sans doute plus capables eux de gouverner de façon responsable ? Je sais que l’idée elle-même fait avoir des coliques au narcissique et assoiffé de pouvoir, le MRien Reynders mais il y a un moment où il faut pouvoir faire preuve de modestie et reconnaître qu’on n’est pas à la hauteur de la tache que les citoyen vous ont confié !
Le plus écoeurant dans ce vaudeville complètement idiot et enfantin, c’est que les blocages actuels sont le fait de problèmes communautaires créés de toute pièce par une poignée d’hommes politiques tant flamands que francophones irresponsables mais qui dans la vie de la majorité des citoyens n’existent absolument pas !!! En résumé, nous, simples citoyens sommes les otages (avec les conséquences que l’ont connaît) de quelques illuminés.

Écrit par : Le liégeois | 07/11/2007

LOL Je suis également branché sur l'actualité à la chambre...on va encore rire de nous en Europe. La Belgique surréaliste vient de nous livrer son chef d'oeuvre: le parti sorti vanqueur des élections vient de saborder monsieur 800 000 voix. Si une orange bleue n'est pas définitivement exclue, le cas de Yveske semble définitivement réglé (au vu des déclarations appaisantes de certains sages de ce parti (Maertens, Eyskens et d'autres)).

En ne parvenant pas à mettre au pas l'encombrante NVA et le jusqu'au boutiste Pieter De Crem, nous voilà en plein dans la crise de régime redoutée. Place à Didier Reynders, formateur d'une orange bleue si c'est encore possible ou d'un gouvernement d'urgence, si c'est indispensable.

L'abcès est crevé, reste à le vider en appelant à l' "impossible" compromis l'ensemble des gens raisonnables de ce pays.

Écrit par : Philip Hermann | 07/11/2007

Place aux gens responsables ? Mdr Places aux gens raisonnables de ce pays ?
Pourquoi il y en avait dans les négociations depuis 150 jours ??? Permettez-moi d'en douter !

Écrit par : Le liégeois | 07/11/2007

Les enjeux de cette négociations du point de vie communautaire: c'était de préserver la solidarité entre régions, de ne pas sacrifier les droits des francophones de la périphérie et plus largement de ceux des communes à facilités, voire d'améliorer leur situation en mettant un terme à la guerre d'usure les concernant (en permettant aux communautés d'intervenir nonobstant la frontière linguistique) et enfin mais ce n'est pas le moins important, en préservant intacte les possibilités de relier Bruxelles avec le reste des francophones, pour le cas où le séparatisme se confirmerait au nord... Cela contrariait trop les plans des séparatistes, qui en formant un cartel victorieux avec le CD&V, espérait pouvoir compter sur la simple loi du nombre (en contradiction avec toutes les garanties constitutionnelles prévues pour garantir leurs droits aux francophones) pour imposer leur vue aux francophones et aux 63% de flamands, qui selon un récent sondage ne sont pas séparatistes.

Il était nécessaire de résister et les négociateurs n'ont pas démérité face à cette menace.

Écrit par : Philip Hermann | 07/11/2007

Les commentaires sont fermés.