03/12/2007

La valeur ajoutée du PS

Depuis quelques jours, Elio Di Rupo semble faire le forcing pour permettre à son parti de rejouer un rôle dans cette crise.  Je viens de lui adresser ce message sur son blog:

Monsieur Di Rupo,

La situation est grave, c’est entendu…Yves Leterme vient pour la troisième fois de se faire désavouer par les instances de son parti alors qu’un accord avait pu être trouvé sur une de ses notes lundi. Entre l’orange bleue et son cartel avec la N-VA, il vient de choisir la N-VA…voilà en peu de mot la situation.

Vous en appelez aujourd’hui à un gouvernement d’union nationale pour traiter des vrais problèmes des gens, bien pourquoi pas? Même si les réformes institutionnelles proposées par le cartel constituent potentiellement aussi de vrais problèmes pour les “gens”. On parle quand même d’allocations familliales, de compétition entre entreprises flamandes et francophones avec une probable domiciliation en flandres de toutes celles qui sont actives dans les deux communautés si on laisse faire la N-VA…bref les négociateurs francophones de l’orange bleue ont certainement fait ce qu’ils ont pu face aux revendications séparatistes de la N-VA.

Maintenant, vous en appelez à un gouvernement d’union nationale? Comme je le dis, pourquoi pas? Mais quelle serait la valeur ajoutée d’une participation du PS à un tel gouvernement?

  • du point de vue des intérêts francophones, en quoi rajouter votre “non” aux “nons” existants résoudrait les problèmes.
  • du point de vue flamand maintenant, qu’avez-vous à proposer qui permettrait de les satisfaire ou plutôt auxquels de leurs dictats, seriez-vous prêt à céder?

Car les noeuds à trancher sont aujourd’hui connus, ce n’est pas le tout de dire que le PS doit participer, j’aimerais beaucoup savoir à quoi exactement.

Je vous ai beaucoup entendu parler de confiance sur les plateaux de télé, de petites phrases, bref de communication, comme de plus en plus souvent avec le PS…  Vous êtes abondamment revenu sur les prouesses passées du PS, sur ses efforts pour sortir la Wallonie du marasme, etc...  Soyons sérieux, à qui pensez vous faire croire que Geert ou Bart se contenteraient aujourd’hui de belles paroles et de quelques vagues promesses?

Nous savons bien que le seul intérêt d’une participation du PS, serait éventuellement d’écarter le cartel d'un prochain gouvernement, le mieux serait de réussir à en écarter la seule N-VA mais ceci semble impossible.  Une participation du PS sera peut-être nécessaire mais le risque, c’est de faire d'en faire, un martyr!  Car dans ce cas, l’explosion de la Belgique, ce sera en 2009.

Mon message a passé le cap de la modération, vous serez informé de tout suivi éventuel.

18:17 Écrit par Philip Hermann dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : gouvernement, orange bleue, crise, formation, di rupo, ps |  Facebook |

Commentaires

La valeur ajoutée du PS, ce sont les 2/3, une franche francophone du gouvernement solide avec les deux partis les plus représentatifs de Wallonie et de Bruxelles. Le PS n'est pas demandeur jusqu'à preuve du contraire et malgré l'allergie du MR et les ukazes, toute personne un tant soit peu censée aura compris que dans le contexte pourri qui s'est installé depuis le 10 juin en Belgique, l'heure n'est plus aux stratégies personnelles et à l'écartement de certains partis mais bien à une union francophone capable de négocier en force avec les Flamands l'inévitable réforme de l'Etat qui se trame. Il sera toujours temps en 2009 de sortir les long couteaux et de voir qui du MR ou du PS aura la main pour gouverner à tous les niveaux de pouvoir. D'ici là PS et MR doivent conclure un pacte de non agression et essayer de gouvernement correctement comme ils y sont parvenus d'ailleurs durant la violette.

Écrit par : Un PS | 05/12/2007

Le PS pour quoi faire... Le sens de ma question reste entier... Le PS a comme intérêt d'offrir une majorité des 2/3, certes mais il ne semble pas prêt à procéder à la grande réforme de l'état attendue au Nord.

Il me semble pourtant de plus en plus évident que nous ne pourrons pas faire l'économie de cet exercice. Dès lors, il faut dès à présent mettre sur la table ce sur quoi il est possible de discuter, ce sur quoi il ne sera pas possible de transiger et aussi fixer des objectifs à cette réforme: oserai-je suggérer qu'elle se fasse dans le plus grand pragmatisme et au bénéfice des habitants des deux côtés de la frontières linguistiques.

Ce qui est évident, c'est que l'appareil étatique fédéral tel qu'il fonctionne aujourd'hui est source de blocages et d'autre part que la régionalisation des compétences est également parfois source de blocage (par exemple les nuisances sonores).

En partant d'une feuille blanche et en admettant que des concessions et la levée de certains tabous doivent faire partie du compromis, alors il est possible que cette réforme profite aux deux communautés. Si nous ne sortons pas d'une logique de guerre de tranchée idéologique...alors je ne vois pas bien comment nous pourrons résoudre la situation et éviter une radicalisation des opinions publiques.

Malheureusement, le CDh apparait le plus souvent comme une version light téléguidée du PS, d'où le blocage vécu dans cette négociation.

Écrit par : Philip Hermann | 06/12/2007

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