17/12/2007

La fuite en avant du PS...

Comment comprendre autrement l'exigence du PS d'inviter tous les partis francophones à cette négociation gouvernementale.  Il est d'ailleurs assez amusant de constater que par d'habiles manoeuvres de communication, celui-ci réussit à faire passer cette exigence pour le moins forte d'un parti pourtant grand perdant du scrutin du 10 juin, comme légitime et à faire passer tout refus du MR, pourtant gagnant comme preuve de son intransigeance.  Que cache ce renversement des rôles?

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Avant tout, il s'agit de réduire à néant et de rendre impossible tout projet socio-économique d'inspiration libérale et de confisquer ainsi toute possibilité pour le MR mais aussi pour le CD&V de mettre en oeuvre le programme pour lequel leurs électeurs les ont élus.  En effet, chacun sait que plus il y aura de partis autour de la table pour cette négociation socio-économique, moins il sera possible de mettre en oeuvre un quelconque programme.  Chacun viendra avec ses exigences, aucune orientation claire ne pourra être décidée et toute action sera décidée dans l'urgence et dans la seule urgence.  C'est ce que certains avisés observateurs ont appelé un gouvernement pour ne rien faire, si ce n'est une vaste réforme de l'état, exigée pourtant au départ par les seuls partis flamands.  Curieux renversement de situation!!!

Il s'agit sans doute également de récompenser le loyal partenaire régional d'avoir si bien fait capoter l'orange bleue.  La N-VA a certes eu des exigences inacceptables au niveau communautaire alors qu'un accord semblait pourtant en vue, mais le refus du CDh de répondre oui aux trois questions posées par le formateur Yves Leterme reste incompréhensible, voir ci-dessous.  Enfin, il s'agit de mouiller également les Ecolos, qui, politiquement très proche, profite de chaque recul du PS.

Deux options s'ouvrent pourtant au nouveau formateur Guy Verhofstadt:

  • Soit réussir l'orange bleue avec le CDh ou avec le PS du côté francophone, puisque Mevrouw "nee" a si bien travaillé et a permis par son obstination résolue d'obtenir des acccords socio-économiques équilibrés, que ne devrait pas désavouer le PS, même si à la marge un espace de négociation pourrait être préservé.
  • Soit faire un véritable gouvernement d'urgence en prenant comme base le gouvernement actuellement en affaires courantes, en l'élargissant éventuellement au gagnant flamand de ces élections, le CD&V.
Il est en tout cas hallucinant de voir le grand perdant de ce scrutin, mobiliser l'ensemble de ses troupes pour tenter de faire croire qu'un gouvernement immobile serait la meilleure formule de gouvernement, côté francophone, au mépris d'ailleurs des voeux de l'électeur.

17:17 Écrit par Philip Hermann dans Crise formation | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : mr, ps, cdh, ecolo, didier reynders, elio di rupo, joelle milquet |  Facebook |

Commentaires

Effectivement... mais.. Oui, Phil, tout à fait ! Comme il est tout à fait hallucinant de voir le VLD, un des grands perdants du côté flamand revenir dans la course ...là aussi au mépris de l'électeur ! Tout comme il serait injuste de ne pas voir le Cdh faire partie du gouvernement ...
Malheureusement, le problème semble un peu plus compliqué que ça .... :-)

Écrit par : Le liégeois | 18/12/2007

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