18/01/2008

Pourquoi il ne faut pas dire "non" à tout.

Après plus de 6 mois de crise et l'échec de négociations capitales pour l'avenir de la Belgique, Didier Reynders explique, dans le "Soir" d'hier simplement que "dire non à tout" ne sera pas une tactique viable.  Tous les observateurs sérieux savent qu'il a raison.

Alors faut-il se mettre à plat ventre et tout accepter et surtout est-ce ce qu'il nous conseille de faire?  Certainement pas!!!  Ce qu'il nous dit dans cette interview du soir de ce matin, c'est toute réforme ne sera pas néfaste aux intérêts des francophones.  Par exemple, renforcer l'état fédéral en permettant la mise en place d'une circonscription fédérale, qui responsabilisera nos ténors politiques des deux côtés de la frontière linguistique...c'est un progrès au même titre qu'une réforme du sénat.

Scinder BHV est un tabou, car le risque est grand de voir après cette scission...une extinction progressive des droits (facilités) réservées aux francophones de la périphérie... Il ne reviens donc pas sur la position qui était la sienne jusqu'ici:  cette scission doit être compensée par un élargissement de Bruxelles.  Comment croire qu'il n'est pas déterminé à tenir cet engagement alors que le MR doit sa victoire électorale à Bruxelles au succès, rencontré par ses mandataires FDF.  Le leadership francophone du MR ne pourra se maintenir sans le FDF.  C'est une donnée de ces dernières élections.  Ce risque est donc nul.  Il insiste d'ailleurs sur le refinancement de Bruxelles et trouve comme moi que cette idée de communauté urbaine en permettant des coopérations par de là les frontières linguistiques permettraient certainement une meilleure coordination, par exemple en matière de transports publics, de mobilité ou encore de répartitions de zones d'activités économiques.

Quant aux transferts de compétences, il réaffirme que ceux-ci doivent avant tout viser une meilleure efficacité et que si c'est l'objectif qui préside à un tel examen alors il faudra accepter que des transferts s'opèrent également du niveau régional vers le fédéral pour former des paquets de compétences homogènes.  (par exemple: prévention des soins de santé, protection de la jeunesse, etc...).  Le plus important, c'est évidement d'obtenir en cas de transfert des leviers politiques au niveau régional, d'obtenir des garanties quant au financement et à la pérennité de celui-ci.  C'est possible et c'est nécessaire.  

Un autre danger, serait de voir apparaître des dysfonctionnement au profit d'une région, qui en raison de sa meilleure santé financière pourrait être tentée concurrencer de manière déloyale les francophones.  Je songe par exemple en cas de régionalisation de l' ISOC (impôts des sociétés), il est important que des sociétés qui ont des activités sur tout le territoire belge ne soit tentées de délocaliser leur siège social pour bénéficier de meilleures conditions fiscales (même minimes) ou que des familles bruxelloises choisissent de s'enregistrer comme flamands pour bénéficier de meilleures allocations familliales.  Je crois que Didier Reynders est bien informé de ces dangers et je lui fais confiance pour ne pas se laisser abuser par quelques discours lénifiants.  LOL

Dire non à tout transfert, est non seulement intenable mais contre-productif, puisque cela fait monter dans l'opinion flamande, les courants séparatistes.  Mais dire oui à certains transferts est non seulement recommandé mais également souhaitable.  Par exemple s'agissant des incitants fiscaux, qui ont justifié le "non" de Joëlle Milquet à Leterme et qui ont effectivement fait échouer la négociation de l' Orange Bleu.  Est-il tenable de maintenir ce refus alors que les régions sont déjà responsables de leurs politiques en matière de subsides.   Les entreprises préfèrent des incitants fiscaux moins "aléatoires" que des subsides pour lesquels il faut faire anti-chambre dans des cabinets ministériels afin de les obtenir...  Que les régions se dotent de cette possibilité ne comporte pas de danger.  IL FALLAIT DONC REPONDRE OUI A LETERME SUR CE POINT COMME SEUL LE MR A EU LE COURAGE DE LE FAIRE.  Nous aurions sans doute obtenu alors un gouvernement et nous aurions économisé la période de tension qui se prépare.

Commentaires

Notre point de vue Rappelons cune fois de plus que l'échec des négociations est dû au CD&V-NVA, des ébauches d'accords avaient été engrangés et même acceptées par le CDH. Dans toute cette affaire Yves Leterme n'a été qu'une pitoyable "voix de son maître" Bart de Wever.
Ce que nous demandons ainsi que la plus grande partie des francophones c'est la clarté. Nous ne refusons pas les demandes flamandes tombant dans une logique fédérale de compétences accrues pour certains secteurs, mais nous réclamons un plan avec des échéances et non de la discussion à la Leterme sur tout et rien à la fois. Cette tactique n'est destinée qu'à placer un écran de fumée sur les négociations et permettre rétractations et non-dits.
Une négociation honnête devrait se faire à partir d'une liste claire des revendications de chacune des parties, assortie des points acceptables et posant problème, avec rapport permanent d'avancement. Rien de tout cela n'existe, un jour les les flamands revendiquent BHV, un autre la sécurité sociale, ou la réforme de la fiscalité, ou encore tout en vrac. Dans le cadre actuel le citoyen ne voit qu'un échange de communiqués souvent contradictoires passer au-dessus de sa tête, en attendant qu'il reçoive le coup de massue du "tout est réglé, mais malheureusement à vos dépens"
Et quand on voit qui est dans le comité des Sages Octopussiens du côté flamand j'en ai les cheveux qui se dressent, car ce n'est pas avec des Dehaene et consorts que les choses vont s'arranger.
Si nous en sommes là c'est grâce à des années de mauvaises décisions, de dépenses inutiles et exagérées, de gestion inexistante, d'hommes politiques lamentables dépeceurs de l'Etat belge, véreux et pratiquant le népotisme, potentats locaux imbus d'eux-mêmes, arrivistes à tout prix, tant flamands que wallons et bruxellois.
Je le répète donc, surveillons bien ce qui se trame actuellement, avec la plus grande vigilance.

Écrit par : Charlier Jambe de Bois | 18/01/2008

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