19/04/2008

Frédéric Laloux démissionne

Dans les annales, Frédéric Laloux (PS) restera sans doute comme le plus éphémère Secrétaire d’état de l’histoire politique belge (un mois).  Seule Anissa Temsamani (Spa), qui avait enjolivé substantiellement sur son Curriculum Vitae,  a connu une carrière presque aussi courte (3 mois).

 Moureau

Beaucoup seront sans doute tentés d’attribuer cette démission à la presse, je crois surtout que celle-ci n’a pas apprécié d’être instrumentalisée par ce jeune secrétaire d’état sans légitimité électorale.  Ne devait-il pas sa très relative notoriété à sa dénonciation d’utilisation abusive par Arnaud Gavroy (Ecolo) de sa carte essence alors que lui-même avait dépassé la limite d’utilisation de la sienne.  Ensuite il n’a pas hésité à inviter Christophe Deborsu à visiter son bureau mobile alors qu’il disposait déjà d’un vrai bureau (voir ici).

 

Sur le fond, il a présenté en commission de la chambre une note de politique générale très approximative, sans vraie inspiration et sans aucune ligne directrice : un simple état des lieux.  Sa connaissance de la langue néerlandaise semblait pour l’anecdote au moins aussi « léger ».

 

Les divisions au sein du PS, la mise au pilori par Moureau, Demotte, Mayeur puis Van Cau et aussi le manque de soutien présidentiel ont obligé cette démission. Accuser les journalistes, qui ont relaté simplement ces faits en tendant leurs micros à ceux qui s'y précipitaient, pour l'essentiel des mandataires PS, est injuste.

 

Elle résonnera sans doute plus tard comme le début de la fin de l'ère d'Elio Di Rupo à la présidence du PS.  Une telle contestation de l’autorité présidentielle par des personnalités PS aussi diverses que Moureau, Mayeur voire même Van Cau ???, ne restera sans doute pas sans lendemain et trahit un profond malaise dans ce parti.  Au lendemain du scrutin de 2007, j’avais laissé sur le blog du président du PS ce message :

 

Aux participants de ce forum, qui défendent l’inaction présidentielle, j’aimerais leur dire que depuis les premières révélations sur les affaires carolos, c’est à dire depuis presque deux ans, le PS est réactif…il dissimule, il minimise, il excuse, il manœuvre, il temporise, alors que ce que réclame la population et singulièrement les électeurs PS (pas les apparatchiks, qui bien entendu n’osent pas se mouiller et soufflent dans le sens du vent, ni ceux qui craignent pour leur avenir, c’est entendu), c’est une gestion proactive de la situation, qui implique des mesures radicales d’assainissement et une anticipation des problèmes, qui pourraient encore intervenir…

(…)

Le choix qui s’ouvre devant vous, c’est soit de prendre les mesures structurelles qui s’imposent (révision des procédures et des pratiques, mise en place d’un corpus de règles de bonne gouvernance et d’éthique (car certains, conseillés par de performants bureaux d’avocats, flirtent beaucoup plus subtilement avec la légalité, mais aussi l’esprit des lois, que les brontosaures carolos) et initier une rénovation en profondeur, soit poursuivre une attitude réactive, qui continuera à se payer d’élections en élections. Je vous invite à consulter les expériences d’assainissement politique dans d’autres pays (voir la démocratie chrétienne en Italie) pour vous en convaincre.

A Charleroi et avec la réforme du décret Courard de ce début de semaine, vous choisissez de suivre la même voie que par le passé. Ce n’est pas ce qui est attendu…

Très sincèrement et sans vouloir être offensant, je ne crois pas que vous avez le profil pour entreprendre à bras le corps l’autre voie (proactive) de gestion de ce chantier. Pour ce faire, il faut être beaucoup moins gentil et accommodant que ce que je semble avoir perçu de votre personnalité sur ce blog et dans les médias à l’occasion de cette campagne. Je peux me tromper, nous ne nous connaissons évidemment pas.

Dans ce cas, il est toujours préférable de céder la main en préparant un successeur, correspondant à ce profil, à exercer ces responsabilités. Ce qui est sûr, c’est qu’il n’y aurait pas de honte dans ces circonstances à renoncer. Ce ne serait pas un aveu d’échec personnel, mais un témoignage de lucidité, face au bouleversement du contexte de votre mission à la tête de ce parti.

Ces conclusions et recommandations, que je formulais au lendemain de cette défaite électorale historique, le président du PS n’en a pas tenu compte.  Depuis, l’érosion du PS se poursuit sondage après sondage.  Un autre cap vient d’être franchi avec l’annonce que le PS ne serait plus que le troisième parti bruxellois et surtout que le PSCDH ne disposerait plus d’une majorité ni à Bruxelles ni en Wallonie.  Dans sa récente prise de position dans le Soir du 15/04/2008, Philippe Moureau, vice-président du PS, rejoint mon point de vue.  C’est heureux car plus important que la santé électorale du PS, aujourd’hui ce qui est en jeu…c’est tout simplement sa capacité à redevenir un partenaire de coalition « fréquentable », même si le CDh ne semble toujours pas considérer, pour le moment,  ce problème comme préoccupantEmbarrassé.

Commentaires

La guerre de succession au PS a commencé. Félicitations à tous les supporters du Standard, ne faite quand même pas trop la Fête, vous risquez une fameuse gueule de bois la semaine prochaine.
Concernant le PS, je crois que Di Rupo attendra la fin des discussions de l'institutionnel, en voulant terminé sur un éventuel succès ??? en étant plus souple vis à vis des revendications flamandes surtout sur les compétences régionales mais qui selon moi peuvent profiter également à la Wallonie et à Bruxelles, puis qu'il passera la main, sans doute à Paul Magnette qui est un homme neuf, et qui passe bien dans les Médias, surtout que Rudy Delmotte voudra garder sa double Présidence jusqu'aux élections régionales, en dehors de Magnette, peut être Marcour, à moins que Van Cau, ne se croie encore indispensable, soutenu par Happart, ce qui coulerait définitivement le PS, les électeurs paraissants en avoir réellement mare des affaires.
Excuser moi pour ces pronostiques mais j'ai toujours bien aimé joué les devins avec un certain succès par le passé que ce soit en affaire ou autre, c'est un de mes jeu favoris ou défaut.

Écrit par : Neuville Robert | 21/04/2008

Les erreurs de Sarko Même, si je ne suis pas tout à fait en phase, avec le sujet ci-dessus, je tiens à faire un commentaire sur Sarkosi avant son intervention TV de ce soir, certains journalistes de LCI prédisant même qu'il ferait son mea culpa, ce qui m'étonerait beaucoup.
1ère erreur : Après les paillettes du Fouquets, avoir passé 3 jours sur le Yacht de l'homme le plus riche de France, c'était du plus mauvais effet vis à vis des Français, moi et ma femme qui étions des adeptes de Sarkosi par rapport à Ségolène, cela nous a immédiatement choqué.
2ème erreur : Avoir commencé les premières réformes par le paquet fiscal, surtout avant de savoir comment allait tourné la conjoncture.
3ème erreur : Avoir détaxé les heures sup. avant de favoriser l'exportation.
4ème erreur : Médiatiser sa vie privée, d'une façon que le Journal Mariane a qualifié de Bling Bling.
5ème erreur : Avoir essayez de changer la politique familiale qui est considérer par toute l'Europe comme la principale réussite de la Vème République de De gaule.
A cela il faut ajouté une certaine cacaphonie qui règne entre lui et son premier ministre.
Conclusion : Monsieur Sarkosi était tellement pressé de tenir les promesses qu'il avaient faites à certains de ses amis qu'il a mis la charrue avant les boeufs, erreur que Bayerou n'auraient pas commisent tout en appliquant les principales réformes surtout que les Français et les principaux syndicats étaient prêts à l'accepter, en début de mandat.
Ce qu'il aurait du faire, c'est commencé par faire les réformes réalisant des économies, quand il était encore en état de grâce.
Seul point positif, est celle d'avoir relancé l'Europe avec l'aide de Angela Merkel qui ne l'apprécie cependant pas sans doute parce qu'elle est tout son contraire, c'est à dire discrète et efficace.
Pour ce qui concerne François Fillon, je vois bien celui-ci qui commence aussi à trouver qu'il a fait trop d'erreurs changer d'avis, et se présenter aux élections en 2012 ou faire alliance avec François Bayerou, dans l'espoir de devenir un vrai premier ministre, soutenu par le MODEM et une partie de la droite déçue par Sarkosi qui la joue vraiment trop perso.
Je suis quand même curieux de voir ce qu'il va raconter ce soir.

Écrit par : Neuville Robert | 24/04/2008

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