30/04/2008

BHV : le chagrin des belges

La pièce de théâtre continue.  Après avoir connu un entracte de quelques semaines, le monde politique belge est de nouveau confronté à l’impasse BHV.  Le gouvernement Leterme I doit son existence à un accord de gouvernement actant que la scission de BHV ferait l’objet d’une négociation entre partenaires de gouvernement.  En effet la dernière tentative de formation d’un gouvernement « orange bleu » avait échoué après la claque infligée par l’ensemble des partis flamands à la communauté  francophone à l’occasion d’un vote en commission flamands contre francophones.

 Panneausignal

Dans notre pays la minorité francophones dispose d’un arsenal constitutionnel lui permettant de garantir que la majorité flamande ne pourra jamais utiliser sa majorité numérique (60% de la population) pour imposer des mesures contraires à l’intérêt des francophones : évocation de procédure en conflit d’intérêts par les régions, les communautés, sonnette d’alarme, majorité spéciale requise pour toute réforme constitutionnelle, etc.   In fine, les dossiers sensibles communautaires échouent sur la table du gouvernement et en cas de désaccords persistants, celui-ci doit remettre sa démission et le cas échéant, organiser de nouvelles élections.

 

Aujourd’hui, les partis francophones refusent unanimement d’activer de nouvelles procédures préventivement pour empêcher le dossier BHV de faire l’objet d’un vote à la chambre en séance plénière.  Ils rappellent qu’une solution négociée, prévue pour le 15 juillet, fait partie intégrante de l’accord qui a permis la formation de ce gouvernement.  La question est de savoir si notre nouveau premier ministre dispose de l’autorité suffisante auprès des députés de sa majorité et notamment de ses partenaires de cartel N-VA pour faire respecter l’accord pris par lui.

 

Cela ne semble pas être le cas : plusieurs députés N-VA mais aussi CD&V se sont clairement prononcés pour le vote de cette scission de BHV à la chambre au mépris des accords pris par leur chef de file.  Son gouvernement peut-il dans ces conditions poursuivre sa mission ?  Un gouvernement ne doit-il pas disposer de la confiance d’une majorité de députés à la chambre ?

 

Le problème est là et il est entier : plusieurs députés N-VA, ouvertement séparatistes, semblent avoir décidés de s’opposer à toute action de ce gouvernement.  Ils refusent notamment en commission d’accorder leur confiance aux notes de politique générale, présentés par les ministres francophones du gouvernement Leterme I.  Ces députés font-ils partie de la majorité ou de l’opposition ?  Leterme I dispose-t-il simplement d’une majorité ?

 

Une réponse à ces questions cruciales pour l’avenir du gouvernement Leterme I, doit être trouvée pour le 8 mai, probable date d’examen de BHV par les députés de la chambre.  Il semble déjà évident que scinder BHV nécessite plus que 5 minutes de courage politique, comme le candidat Yves Leterme le prétendait pendant la campagne électorale.  Nos compatriotes flamands doivent également se rendre compte que, malgré les slogans de campagne, il sera impossible parvenir à des solutions unilatérales sans l’accord des francophones.  Il faudra négocier…la démocratie, ce n’est pas la dictature de la majorité…Tout passage en force est voué à l’échec et ceux-là même qui alimentent les médias flamands en déclarations matamoresques, le savent pertinemment.  Du mauvais théâtre joué par des irresponsables alors que toute leur énergie devrait se consacrer à répondre aux préoccupations des gens.   Qu’ils sachent que ces derniers en ont marre.

17:19 Écrit par Philip Hermann dans Général | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : bhv, leterme, n-va, cd v |  Facebook |

22/04/2008

Standard Champiooooooooooon!!!

Depuis 25 ans, toute une région n’attendait que cela.  La fête a été immense et magnifique, ce n’est sans doute pas encore fini.  Des sociologues s’interrogent déjà sur la signification réelle de cet engouement général, en attendant ne boudons pas notre plaisir…même les Anderlechtois doivent le reconnaître : le Standard méritait ce titre et ses supporters méritaient cette fête.  

 

Une fois de plus, notre Daerden régional a sa séquence sur Youtube, enfin elles ont disparu depuis Moqueur mais elles vont revenir... Elles sont toujours disponibles sur le site Youmake.tv du groupe RTL.Moqueur  Ce qui me choque le plus, ce n'est pas que Daerden soit bourré... Ce soir là, il y en avait d'autres et une fois tous les 25 ans, ce n'est pas la mort ; mais que cette image de "déglingué" de la politique soit désormais sa marque de fabrique et que cette posture soit désormais revendiquée.


Depuis quelques années, on ne le voit plus dans les médias que dans cet état là. Du point de vue de son action politique, il n'y a en effet rien à signaler: nos routes sont dans un état lamentable, il faudrait 600 millions pour effectuer ne fut-ce que les réparations urgentes au risque de devoir payer jusqu'à 6 fois plus cher plus tard (au dire des entreprises de travaux publics)...mais le ministre du budget de la région wallonne, le même, se réjouit de poster un surplus de 200 millions pour le dernier exercice budgétaire, comme s'il ne savait pas comment dépenser l'argent... C'est simplement de la mauvaise gestion...

 

Son idée de vignette autoroutière, élaborée sans concertation avec personne, ne passe pas la rampe...mais il continue à s'entêter sans succès.  Inutile non plus de revenir sur les interminables luttes pour la conquête du leadership au sein du PS liégeois, qui paralysent de fait tous les projets de cette ville.  Papa est aussi un dur à cuire, qui ne laissera personne lui contester son autorité.   Et tout le reste est à l'avenant...notamment en matière d’éthique, à rendre  les pleins d’essence de Laloux presque comiques.Embarrassé

 
Triste bilan, triste...et en plus, je le trouve moi aussi plutôt sympathique, vraiment proche des gens même si cela ne suffit pas.  Assurément.

20:11 Écrit par Philip Hermann dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ps, standard, liege, champion, sclessin, michel daerden |  Facebook |

19/04/2008

Frédéric Laloux démissionne

Dans les annales, Frédéric Laloux (PS) restera sans doute comme le plus éphémère Secrétaire d’état de l’histoire politique belge (un mois).  Seule Anissa Temsamani (Spa), qui avait enjolivé substantiellement sur son Curriculum Vitae,  a connu une carrière presque aussi courte (3 mois).

 Moureau

Beaucoup seront sans doute tentés d’attribuer cette démission à la presse, je crois surtout que celle-ci n’a pas apprécié d’être instrumentalisée par ce jeune secrétaire d’état sans légitimité électorale.  Ne devait-il pas sa très relative notoriété à sa dénonciation d’utilisation abusive par Arnaud Gavroy (Ecolo) de sa carte essence alors que lui-même avait dépassé la limite d’utilisation de la sienne.  Ensuite il n’a pas hésité à inviter Christophe Deborsu à visiter son bureau mobile alors qu’il disposait déjà d’un vrai bureau (voir ici).

 

Sur le fond, il a présenté en commission de la chambre une note de politique générale très approximative, sans vraie inspiration et sans aucune ligne directrice : un simple état des lieux.  Sa connaissance de la langue néerlandaise semblait pour l’anecdote au moins aussi « léger ».

 

Les divisions au sein du PS, la mise au pilori par Moureau, Demotte, Mayeur puis Van Cau et aussi le manque de soutien présidentiel ont obligé cette démission. Accuser les journalistes, qui ont relaté simplement ces faits en tendant leurs micros à ceux qui s'y précipitaient, pour l'essentiel des mandataires PS, est injuste.

 

Elle résonnera sans doute plus tard comme le début de la fin de l'ère d'Elio Di Rupo à la présidence du PS.  Une telle contestation de l’autorité présidentielle par des personnalités PS aussi diverses que Moureau, Mayeur voire même Van Cau ???, ne restera sans doute pas sans lendemain et trahit un profond malaise dans ce parti.  Au lendemain du scrutin de 2007, j’avais laissé sur le blog du président du PS ce message :

 

Aux participants de ce forum, qui défendent l’inaction présidentielle, j’aimerais leur dire que depuis les premières révélations sur les affaires carolos, c’est à dire depuis presque deux ans, le PS est réactif…il dissimule, il minimise, il excuse, il manœuvre, il temporise, alors que ce que réclame la population et singulièrement les électeurs PS (pas les apparatchiks, qui bien entendu n’osent pas se mouiller et soufflent dans le sens du vent, ni ceux qui craignent pour leur avenir, c’est entendu), c’est une gestion proactive de la situation, qui implique des mesures radicales d’assainissement et une anticipation des problèmes, qui pourraient encore intervenir…

(…)

Le choix qui s’ouvre devant vous, c’est soit de prendre les mesures structurelles qui s’imposent (révision des procédures et des pratiques, mise en place d’un corpus de règles de bonne gouvernance et d’éthique (car certains, conseillés par de performants bureaux d’avocats, flirtent beaucoup plus subtilement avec la légalité, mais aussi l’esprit des lois, que les brontosaures carolos) et initier une rénovation en profondeur, soit poursuivre une attitude réactive, qui continuera à se payer d’élections en élections. Je vous invite à consulter les expériences d’assainissement politique dans d’autres pays (voir la démocratie chrétienne en Italie) pour vous en convaincre.

A Charleroi et avec la réforme du décret Courard de ce début de semaine, vous choisissez de suivre la même voie que par le passé. Ce n’est pas ce qui est attendu…

Très sincèrement et sans vouloir être offensant, je ne crois pas que vous avez le profil pour entreprendre à bras le corps l’autre voie (proactive) de gestion de ce chantier. Pour ce faire, il faut être beaucoup moins gentil et accommodant que ce que je semble avoir perçu de votre personnalité sur ce blog et dans les médias à l’occasion de cette campagne. Je peux me tromper, nous ne nous connaissons évidemment pas.

Dans ce cas, il est toujours préférable de céder la main en préparant un successeur, correspondant à ce profil, à exercer ces responsabilités. Ce qui est sûr, c’est qu’il n’y aurait pas de honte dans ces circonstances à renoncer. Ce ne serait pas un aveu d’échec personnel, mais un témoignage de lucidité, face au bouleversement du contexte de votre mission à la tête de ce parti.

Ces conclusions et recommandations, que je formulais au lendemain de cette défaite électorale historique, le président du PS n’en a pas tenu compte.  Depuis, l’érosion du PS se poursuit sondage après sondage.  Un autre cap vient d’être franchi avec l’annonce que le PS ne serait plus que le troisième parti bruxellois et surtout que le PSCDH ne disposerait plus d’une majorité ni à Bruxelles ni en Wallonie.  Dans sa récente prise de position dans le Soir du 15/04/2008, Philippe Moureau, vice-président du PS, rejoint mon point de vue.  C’est heureux car plus important que la santé électorale du PS, aujourd’hui ce qui est en jeu…c’est tout simplement sa capacité à redevenir un partenaire de coalition « fréquentable », même si le CDh ne semble toujours pas considérer, pour le moment,  ce problème comme préoccupantEmbarrassé.

14/04/2008

Le problème du Wooncode

Le problème du Wooncode, c'est de conditionner une aide sociale à des compétences linguistiques...même si je suis d'accord qu'il vaut mieux pour s'intégrer: connaître la langue de la région où on habite. Cette discrimination par la langue pose problème comme posent problèmes les discriminations basée sur la race, le sexe, la religion ou encore les préférences sexuelles...

Pourquoi cette exigence pose-t-elle un problème de principe en dépit du caractère "social" que veulent lui donner les politiques flamands?


1. Parce que c'est ouvrir la porte à des exigences bien plus intolérables en matière sociale: par exemple un examen de langue avant de se faire hospitaliser dans un hôpital flamand, avant de bénéficier d'allocations familiales, avant d'être scolarisé, etc... Certaines de ces exigences sont par ailleurs en cours de discussion au sein du gouvernement flamand. Songeons à l'obligation de parler néerlandais pour fréquenter une plaine de jeu ou les restrictions pour les parents francophones d'inscrire leurs enfants dans une école flamande. Ce qui permettrait d'ailleurs l'acquisition d'un vrai bilinguisme pour ces enfants d'origine francophone.


2. Cette exigence pose également problème pour pas mal de personnes, qui pourraient avoir des problèmes à résoudre plus urgent que satisfaire à cette obligation: comme la maladie, l'extrême précarité (illetrisme, drogue, violence familiale, réinsertion après un séjour carcéral, etc...) et qui suite à cette obligation seraient tentées de se domicilier dans une partie du pays où de telles obligations ne seraient pas d'application. Une sorte de nettoyage linguistique et social. Ce risque est évidement bien réel.

3. Dans les communes à facilités, où ce Wooncode serait également d'application, il s'agirait simplement de réserver cette opportunité de bénéficier d'un logement social à des flamands et d'exclure de fait les francophones de cette possibilité alors peut-être que ceux-ci résident depuis longtemps dans la commune et parlent admirablement le français. Il s'agit d'une nouvelle limitation aux facilités accordées aux francophones résidant dans ces communes.

Pour en savoir plus, le politique show de l'excellent Mateusz Kukulka dresse un tour d'horizon des réactions sur le web et présente un extrait de l'interview en question.

 

14:06 Écrit par Philip Hermann dans Général | Lien permanent | Commentaires (25) | Tags : wooncode, communes a facilites, yves leterme, euronews |  Facebook |

08/04/2008

La vengeance de Christophe Deborsu.

Chaque politique sait qu’il n’est pas indiqué de se mettre les journalistes à dos.  Frédéric Laloux risque fort de l’apprendre également…à ses dépens.  Yves Leterme, fort de ses 800 000 voix de préférence,  pouvait sans doute continuer d’exister politiquement sans devoir ménager Christophe De Borsu, journaliste politique de la RTBF.  Il a pourtant depuis, lui aussi, préféré fumer le calumet de la paix avec ce journaliste. (sic)  Par contre, un frais émoulu secrétaire d’état sans légitimité électorale, ne peut sans doute pas instrumentaliser la presse impunément pour s’assurer de la visibilité à bon marché. 

 Laloux

Frédéric Laloux et Paul Magnette: l'improbable relève du PS

Monter au mat pour dénoncer les abus de carte essence qu’aurait commis Arnaud Gavroy (ECOLO), le tombeur de Bernard Anselme à Namur pour l’affaire Sotegec, était peut-être un moyen d’incarner le renouveau du parti socialiste.  Encore eût-il fallu être soi-même inattaquable à ce sujet.  Poser comme Secrétaire d’état sans cabinet fixe, pouvait aussi passer pour un artifice de communication « intelligent » de la part d’un ministre en charge de la pauvreté au fédéral.  C’était une manipulation et aujourd’hui les fines tactiques du jeune Frédéric Laloux pour se faire connaître du grand public, vont sans doute devoir être payées au prix fort.   La plus virulente charge contre ce jeune secrétaire d’état, est l’œuvre Christophe Deborsu, dans le « Standaard » de ce lundi 7 avril.  Celui-là même qui avait réalisé le reportage sur ce ministre, obligé de travailler dans sa voiture.  Je vous en offre la traduction la plus littérale possible.

 

« Ceci n’est pas un sans abri »

 

Frédéric Laloux (PS), secrétaire d’état à la lutte contre la pauvreté, est mon nouvel ami.  Il y a dix jours, personne ne connaissait son nom. Mais après le reportage, que je lui ai consacré au journal de la RTBF, Frédéric Laloux est devenu immédiatement un concept à la Magritte : Ceci n’est pas un « dakloze » (sans abri).  Comme vous le savez, il a déclaré devant ma caméra qu’il attendait encore un bureau, une semaine après son entrée en fonction.  « Ma voiture de service fait fonction de cabinet à quatre roues. », poursuivait-il.  Anecdote savoureuse : le reportage à peine diffusé, il me téléphonait pour me remercier pour l’excellent reportage.  Lorsque j’ai émis le souhait qu’il trouve rapidement un bureau, il m’a répondu que les choses allaient rapidement rentrer dans l’ordre.  Maintenant je comprends pourquoi : son cabinet était déjà prêt.

 

Quoiqu’il en soit, Laloux porte pour le moment (officieusement, je l’avoue) le titre de secrétaire d’état le plus populaire du pays.  Toute une performance pour quelqu’un qui jusqu’à sa nomination surprise au gouvernement fédéral, en était resté à échevin des sports de Namur.  En tant qu’échevin (bon au demeurant), Frédéric Laloux s’est fait remarqué pour son soutien inconditionnel au bourgmestre d’alors, Bernard Anselme, son mentor en politique.  Malgré l’enthousiasme de Fred, Anselme a du quitter le paysage politique.  Monsieur Anselme aurait avantagé Sotegec, la firme de son amoureuse, dans des marchés publics.  A cause de ce scandale, le PS a été écarté à Namur au profit d’une coalition CDH, MR, Ecolo.  Lalous n’a jamais été impliqué officiellement dans l’affaire.  Mais son nom apparaît également dans le scandale autour du casino de Namur.  De l’argent noir aurait atterri au club de football UR Namur.  Laloux a été un temps dirigeant de ce club et même vice-président.  Pour toute clarté, il n’a jamais été mis en accusation.  Mais son maigre score aux dernières élections communales (huitième place en nombre de voix de préférence) démontre comme il est peu populaire dans sa ville.

 

Après son échevinat, le relativement jeune Laloux a du aller pointer.  Il avait sacrifié son job d’agent immobilier à la politique.  Un peu plus tard, il a été embauché comme collaborateur du cabinet de Michel Daerden pour être maintenant désigné comme secrétaire d’état surprise.  La question se pose dans de nombreux médias francophones : pourquoi Di Rupo a-t-il embarqué le controversé ex-échevin dans le gouvernement fédéral ?  La raison est évidente : la réserve de recrutement du PS est vide.  Le parti comptait jusqu’il y a peu 4 ministres présidents  (communauté française et germanophone, région bruxelloise et wallonne).  Aujourd’hui Rudy Demotte combine heureusement  la présidence wallonne et francophone.  A côté de cela s’ajoute treize ministres fédéraux, régionaux ou communautaires, trois gouverneurs provinciaux, douze députés provinciaux.  De loin, le meilleur palmarès de Belgique.  Seul, le gouvernement flamand échappe pour le moment à l’emprise du PS.  Mais cela produit des effets secondaires.  Il devient difficile de trouver des socialistes aptes à des fonctions politiques importantes.  A la tête de Charleroi, une mine traditionnelle de ministres,  il ne reste personne d’épargné par les scandales des années précédentes.  Même problème dans la province de  Namur, pour une improbable raison : Jean-Charles Luperto, le jeune (34 ans) bourgmestre de Sambreville (20 000 habitants) était mentionné comme le plus grand candidat ministre de tous les temps.  Après une réunion de nuit, il a menacé anonymement le bourgmestre d’une commune adjacente que son logement prendrait feu.  En blaguant soi-disant.  Mais une plainte a été introduite, un juge d’instruction mis en charge de l’affaire, Luperto identifié…Di Rupo a peu apprécié. 

 

Pour cette raison, le président du PS a du se montrer créatif dans sa recherche de secrétaires d’état.  A la dernière négociation pour la formation du gouvernement, il aurait bataillé, semblerait-il, pour en limiter le nombre.  Peut-être en première instance en raison d’un manque de candidats.  Cela a donc été Frédéric Laloux. 

 

Après l’affaire à propos de sa prétendue de absence de cabinet, le journal « Vers l’avenir » a révélé la semaine passée d’autres faits concernant l’homme politique namurois : il aurait été léger dans l’utilisation de sa carte carburant comme échevin.  Il a dépassé la limité autorisée de carburant et aurait encore fait le plein un quart d’heure avant sa sortie.  Laloux nie toute fraude.

 

Une chose est sûre : après la série d’articles ravageurs, après que Groen ait exigé sa démission, le secrétaire d’état socialiste est resté en fonction dans le gouvernement Leterme I.  Il possède certainement deux qualités : l’endurance et l’enthousiasme.  C’est certainement le moins que nous pouvons attendre d’un ancien échevin des sports.

 

Ce qui est sûr également, c’est qu’Yves Leterme s’interroge aujourd’hui ouvertement sur la capacité de ce secrétaire d’état à fonctionner et qu’ Elio Di Rupo n’exclut plus de faire preuve de fermeté (enfin !) mais le fera-t-il ?  En tout cas les lecteurs du « Standaard », eux, ont tranché : ils sont presque 90% à exiger la démission de Monsieur Laloux.

 

Ils en parlent également : Himself, Mateusk Kukulka, Fabrice Grosfilley.

06/04/2008

Le dogmatisme des positions du MOC

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Thierry Jacques, président du MOC 

Le Mouvement Ouvrier Chrétien (Csc, Mutualités Chrétiennes, Vie Féminine, Joc, etc) présentait ce vendredi devant un aréopage de personnalités politiques "de gauche" (Christian Dupont (PS), Joëlle Milquet et Jean-Jacques Viseur (CDH) et aussi Jean-Michel Javeaux et Isabelle Durant (Ecolo)), les résultats de ses cogitations au cours de sa semaine sociale.

Analysons ensemble les conclusions de cet influent groupe de pression:

1.  "La voie libérale est un leurre"  L'essentiel de ce congrès était de remettre sur pied la dichotomie, aujourd'hui agonisante, entre un projet de droite, qui serait celui du MR, et un "véritable" projet de gauche.  Notons au passage que le CDH, comme Ecolo sont automatiquement assimilés à cette nouvelle gauche, dont il serait question de renouveler le projet.  Je croyais naïvement que le CDH était au centre: apparemment il n'en est rien, les électeurs Ecolo, n'ont d'ailleurs pas plus le choix: ils sont de gauche...le MOC ne fait plus dans la nuance, il décide.  L'ennemi est désigné: c'est le libéralisme du MR.  Le débat politique doit se clarifier et il ne peut l'être que par l'abandon du centrisme électoral du CDH et par son inscription résolue à gauche.  Peu importe que l'efficacité de l'approche libérale des problèmes économiques soit aujourd'hui démontrée, que ses recettes aient permis à des régions, autrefois endémiquement concernées par la stagnation économique et sa résultante en terme de chômage, de prendre leur envol et de connaître le plein emploi.  Songeons à des régions aussi diverses que l'Irlande, l'Angleterre, l'Ecosse, le Pays Basque ou encore certains anciens pays de l'est.  Le libéralisme doit être un leurre.

2.  "Faire du social en fiscalité, c'est augmenter l'impôt des plus riches et percevoir un impôt sur les revenus qui y échappent"  Evidemment, le message a le mérite de la clarté: il s'agit pour le MOC d'appliquer une fiscalité sanction pour les plus riches et de multiplier les sources de taxation.  Voilà qui prélude d'un retour à la rage taxatoire d'une part mais aussi interdit toute possibilité d'envisager une fiscalité innovante: qui favoriserait les investissements dans les entreprises (je pense aux mécanismes des intérêts notionnels), qui favoriserait l'activité économique et son corollaire l'emploi, qui encouragerait les comportements vers des objectifs durables (fiscalité verte).  Dans cette logique, il s'agirait seulement de sanctionner plus durement encore les comportements jugés inciviques: taxation plus dure des 4X4, traque des déductions-cadeaux fiscales, qui priveraient l'état de ses revenus sans jamais permettre à un comportement citoyen (choix d'un véhicule hybride, installation de panneaux solaires, etc) de se voir récompenser par un allégement fiscal.

La fiscalité pour le MOC, c'est la sanction prévue pour les "riches".  Encore faut-il s'entendre sur la notion de riche: nous avons vu que pour le cartel CDH-PS, le seuil de richesse est plus bas que certains le croient.  Un ménage, qui cumule deux salaires supérieur au minimum légal, ce sont déjà des "riches", même s'ils ont plusieurs enfants à charge, même s'ils habitent Bruxelles, etc.

3.  "Gaffe aux titres-services, ils risquent d'introduire le cheval de Troie de la privatisation des services aux personnes"  Peu importe, que ceux-ci aient permis à des dizaines de milliers de personnes de retrouver la dignité d'un emploi.  Que ce mécanisme diminue considérablement l'intérêt de recourrir au travail en noir.  Ces initiatives doivent être découragées pour des raisons essentiellement dogmatiques: les services aux personnes doivent demeurer l'apanage des seuls fonctionnaires.  Il est vrai que ce danger est imminent et que ses conséquences font froid dans le dos.  Imaginons l'enfer de voir se multiplier des crêches privées abordables et sans files d'attente, de connaître des services d'aides à domicile pour les personnes agées, qui ne dépendraient pas des CPAS!!!  Tremblons ensemble, mes chers amis...

4.  "L'objectif de mixité sociale ne saurait pas être atteint par le décret inscription (Arena), et encore moins par les mesures correctives actuellement envisagées" Enfin voilà un constat avec lequel je suis parfaitement d'accord, mais ici le MOC n'a plus de solutions à proposer.  Il reporte ce débat à une "semaine sociale" ultérieure.  LOL 

Si nous parlions pourtant de ces vraies solutions qui auraient l'objectif de revaloriser la qualité d'enseignement dans TOUTES les écoles, d'en terminer avec le mépris pour les écoles techniques et professionnelles, qui permettraient des réponses adaptées pour ces jeunes délinquants violents, qui réduisent parfois à néant les efforts de toute une équipe éducative, d'un retour à la discipline et au respect du corps professoral.

Pourquoi ne jamais parler d'une discrimination salariale positive pour ceux qui choisiraient d'enseigner dans les écoles difficiles, de la sélection de ceux qui disposeraient des qualités pour y réussir?  Au lieu d'y envoyer systématiquement les plus jeunes, les moins expérimentés, ceux qui ne bénéficient pas de l'indispensable "piston" pour y échapper au début de leur carrière professionnelle?  Il est vrai que cela serait remettre en cause le sacro-saint égalitarisme, qui doit régner dans la fonction publique.  Ce serait reconnaître qu'une école n'est pas l'autre, que certaines sont devenues de véritables garderies fabriquant de futurs inadaptés au monde du travail, où parfois  la  situation est tellement dégradée que la police n'ose plus y pénétrer qu'en nombre pour interpeller les délinquants qu'elles abritent.

Ce serait également reconnaître que le seul moyen de revaloriser notre enseignement, ne réside pas dans la seule augmentation des budgets, dans l'inflation des effectifs professorals et dans la revalorisation de leur rémunération.  Pour rappel, l'enseignement francophone dispose des mêmes dotations que l'enseignement de la communauté flamande pour des résultats totalement différents en terme d'acquisition de compétences, testées par des organismes internationaux.  Mais dire cela, c'est sans doute aussi faire le jeu des flamands et permettre à Madame Milquet de se poser comme seule francophone à la table des négociations.

Enfin, Thierry Jacques a stigmatisé hier les internautes, qui prenaient l'initiative d'interpeller les politiques sur leur blog, de participer à des forums de discussion...Ce n'est pas cela la démocratie participative, nous dit-il, ces individualités ne représentent qu'eux-même.  La vraie démocratie participative ne peut s'affranchir de la tutelle des véritables maîtres à penser comme le MOC.  Il est vrai que cette nouvelle forme de communication en se libérant des slogans, en recherchant la vérité dans le débat,  incite à réfléchir par soi-même.  Cela ne lui plait pas.  LOL