25/09/2008

Pourquoi il ne faut pas avoir peur d'un Forza Flandria?

Le risque que constituerait une réunion de l'ensemble des forces nationalistes flamandes (Vlaamse Belang, N-VA, Lijst De Decker voire même les Vlaamse Progressieve) me semble très limité, même si on en parlera beaucoup ce week-end en Flandre à l'occasion du congrès de participation de la N-VA.  Surtout il me semble peu crédible qu'un quelconque « Forza Flandria » puisse constituer un jour une menace pour les partis traditionnels flamands et entraîner la séparation de la Belgique.

VlaamseBelang

En brisant le "cordon sanitaire" autour du Vlaamse Belang, les partis nationalistes encore à peu près fréquentables y perdraient définitivement leur âme.   L'ensemble des partis traditionnels flamands s'empresseront alors de les marginaliser, de les stigmatiser, de les ostraciser et de dénoncer l'extrémisme de leurs positions avec alors une belle unanimité. ;-) Il me semble dès lors tout à fait exclu qu'ils obtiennent une majorité absolue dès cette première élection.

En fait, je crois même que cette option pourrait pacifier pour longtemps la situation communautaire. « Forza Flandria » fera peut-être le plein des voix séparatistes ou presque en Flandre...cela doit représenter environs 30-40% (max) de la population flamande, cela ne fait certainement pas une majorité.  Je ne crois même pas à ce 40%, la population flamande est beaucoup moins politisée et rabiques sur les questions communautaires que la colonisation par le mouvement nationaliste flamand de l'ensemble des partis politiques, ne peut le laisser croire.  Il est même possible que devant la réalité et l'imminence d'une telle séparation, certains qui votaient pour ces nationalistes en n'espérant qu'une réforme de l'état, s'en détournent.

A mon sens, il manque un ingrédient important pour que ce type de mouvement populiste puisse émerger.  Si nous examinons l'histoire...une prise de pouvoir populiste nécessite un climat de crise.  Celle-ci n'existe pas en Flandre, où règne le plein emploi et une prospérité économique certaine. Je ne crois pas qu'une majorité de gens normaux prendront le risque de mettre en cause tout cela pour un "éventuel" grand soir nationaliste...dont on sait par ailleurs qu'il coûtera cher des deux côtés de la frontière linguistique et qu'il privera la Flandre de Bruxelles!!!

Si l'indépendance de Flandre n'est effectivement pas à ce rendez-vous électoral (et elle n'y sera pas), nous aurons droit alors entre ces "égos" surdimensionnés (c'est toujours le cas dans ce type de mouvement populiste) à une guerre post-électorale, qui devrait être définitive. Nous avons connu l'explosion de la Volksunie, nous connaissons aujourd'hui la guerre des chefs au Belang, ajoutez Bart (Dewever) et Geert (Bourgeois) avec l'ineffable Jean-Marie (Dedecker) en arbitre...  Vous pouvez me croire, cela ne durera pas longtemps!!! Ceux-là ne s'entendront pas longtemps !!! :-)  Surtout si la victoire n’est pas au rendez-vous. ;-))

Après un échec de ce type, avec l'aide des partis francophones, qui s'empresseront alors de négocier enfin une réforme équilibrée avec les partis traditionnels flamands, il sera très difficile à ces forts en gueule de réintégrer à nouveau des partis traditionnels, ceux-là seront vaccinés pour longtemps du virus nationaliste. ;-)

Par contre si c'est effectivement le choix de la population flamande de choisir ses dirigeants parmi ceux-là, alors c'est sûr...il vaudra mieux qu'on se sépare!!! LOL

La Flandre sera alors une magnifique région surpeuplée et vieillissante, subissant la montée des eaux, intolérante jusqu'à la débilité, avec à sa tête des représentants de la peste de brune...je ne donne pas cher de sa survie économique ni de son intégration en Europe. LOL

Si c'est là le wonderland, que veut le peuple flamand...qu'il prenne son indépendance... Pour dire le fond de ma pensée, je m'en moque.  Et je suis loin d'être le seul à le penser!!!

Attali_imageJe ne suis d'ailleurs pas plus inquiet pour l'avenir de la Wallonie-Bruxelles.  Sur son blog, Jacques Attali qui est certainement l'un des hommes parmi les plus influents en France (puisque il s’agit entre bien d’autres choses de l’ancien secrétaire de l’Elysée sous François Mitterrand et de l’actuel inspirateur du programme économique de l’actuel président Sarkozy), nous tend les bras.  Si ce n'est cette option qui est retenue, nous pourrons, à n’en pas douter, compter sur un soutien de l’Europe pour sa capitale.  Enfin, je suis tout à fait convaincu que la Wallonie devra un jour ou l'autre prendre en main son destin et se redresser par elle-même, quelque soit l'environnement politique dans laquelle elle évoluera alors.

 


Commentaires

Avec la crise financière, nous sommes dans un climat de crise, donc le populisme et le nationalisme vont monter comme après le krach de 1929. A moins que l'Europe parle d'une seule voix mais on rêve ... On retombe sur les mêmes travers du passé qui ont fait perduré la crise de 1929, le repli sur soi via le nationalisme. Et comme nous sommes en plein dans l'irrationnalité au niveau des comportements actuels dans les bourses, au niveau politique cela peut arriver également.

Écrit par : Guillaume | 07/10/2008

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