27/01/2008

Réponse à la carte blanche publiée dans le soir de ce vendredi 25 janvier par Marco Van Hees

Dans sa carte blanche  de ce vendredi 25 janvier, Marco Van Hees, nous livre sa vision pour restaurer le pouvoir d’achat des belges.  Réhabilitant le slogan qui a longtemps été celui du PTB « Allons chercher l’argent là où il se trouve…à la société générale », il nous propose aujourd’hui de mettre en place un impôt sur la fortune, de taxer les plus-values sur actions et enfin de supprimer les intérêts notionnels.

 

Examinons ces propositions :

 

  1. Un impôt sur la fortune : Outre qu’il nous avoue que celui-ci existe déjà sous la forme du précompte immobilier, il regrette que l’état ne puisse imposer les plus riches.  En France, un impôt sur les grandes fortunes (ISF) existe en effet.  Le gouvernement Sarkozy a choisi de limiter à maximum 50% : l’impôt sur les revenus.  S’agit-il d’un cadeau fait aux plus riches par un gouvernement de droite ?  Je crois plutôt qu’il s’agit d’en limiter les effets pervers  : de plus en plus de « riches » avaient choisi de s’établir ailleurs pour ne pas le payer.  N’est-il pas préférable de garder chez soi ses forces vives, ses moteurs de l’activité économique et ses meilleurs artistes et sportifs, plutôt que de les voir s’enfuir sous des cieux plus cléments fiscalement, privant ainsi l’état de ses plus importants contributeurs.  Une fois expatriés, ceux-ci ne payent plus du tout d’impôts sur leurs revenus et dépensent aussi leur argent ailleurs, privant également l’état de TVA sur leur consommation.  Le bilan économique de cet ISF, est d’ailleurs très marginal par rapport au budget de l’état,  il est très difficile à percevoir (les vérifications qui y sont liées, mobilisent un nombre considérable de fonctionnaires), il induit une évasion fiscale massive des plus importants contribuables et enfin est-il juste que quiconque travaille plus d’un jour sur deux pour payer ses impôts ?
  2. Taxer les revenus mobiliers : Monsieur Van Hees s’indigne que rien ne soit prévu pour les plus-values réalisées sur les actions.  Ne s’agit-il pas pourtant de la rémunération d’un risque ? Chacun sait qu’investir en actions sur les marchés boursiers est une opération risquée : la bourse peut monter comme chuter.  Une entreprise peut réaliser des bénéfices mais elle peut aussi faire faillite.  Vouloir taxer ces plus values, n’est-ce pas s’assurer que ces capitaux s’investiront ailleurs, privant les entreprises cotées d’une source importante de financement pour leur croissance.  Serait-il équitable de taxer les seules plus-values sur actions, qui créent de l’emploi et du travail, et non les plus values  immobilières ou sur les  œuvres d’art ?
  3. Enfin Monsieur Van Hees souhaite supprimer le système des intérêts notionnels, qui permettent aux entreprises (petites ou importantes) d’immuniser partiellement de taxes les investissements effectués pour se développer.  Ce système a notamment permis à l’état belge d’attirer des investissements notamment étrangers de 72 milliards de $, faisant de notre pays le quatrième état le plus important en valeur absolue en terme d’investissements au monde en 2007, devant la Chine par exemple.  A l’heure, où il est tellement question de redéployer l’économie wallonne, pouvons-nous nous priver de tels investissements ?

 

Les recettes de Monsieur Van Hees pour revaloriser le pouvoir d’achat me semblent méconnaître les principes de l’économie de marché, qui est pourtant aujourd’hui généralisée partout dans le monde.  Pour attirer des capitaux qui financent les entreprises, créer de l’emploi et développer l’économie, il faut diminuer la fiscalité et particulièrement celle qui concerne les investissements.  Dans ce domaine, la région wallonne est en concurrence avec d’autres régions dans le monde et en Europe.  L’impôt des sociétés est en Belgique de 34% des bénéfices.  En Irlande, qui connaît désormais le plein emploi, cet impôt n’est que de 10%.  « La Belgique est un des Etats au monde dans lequel les entreprises sont le plus taxées », révèle un rapport intitulé « Paying taxes 2008 », réalisé par la Banque mondiale, PriceWaterhouseCoopers et l’International Finance Corporation. Au niveau de la pression fiscale, notre pays figure ainsi au 154ème rang sur un panel de 178 pays étudiés.

 

Lors d’un congrès récent, Monsieur Di Rupo reprenait les suggestions de Monsieur Van Hees concernant les intérêts notionnels mais regrettaient dans le même élan que la Belgique soit une économie de rentiers (sic).  Comment mieux susciter les investissements qu’en leur accordant un tarif fiscal préférentiel ?  Au niveau de dette publique, qui est le notre en Belgique, comment mieux stimuler la création d’emplois qu’en favorisant les investissements dans les entreprises ?  Et si nous connaissions un taux de chômage résiduel de moins de 5% de la population comme en Irlande, en Flandres et dans d’autres régions en Europe, ne serait-il pas possible alors de donner à ces malheureux le nécessaire ?

21/01/2008

Le PS à court d'idées...

 

sollicite celles de ses membres.  Il semble de fait en avoir besoin au vu de l'indigence des discours de ce week-end.  Ce parti, qui était déjà l’un des partis socialistes les plus archaïques et conservateurs d’ Europe, a longuement repris à son compte les conclusions d’un fonctionnaire des finances, membre du PTB et auteur d’un pamphlet contre son employeur.  LOL  Souvenons-nous : le PTB, c'est ce parti qui a longtemps eu comme slogan : « Allons chercher l’argent là où il se trouve...à la société générale » (sic).

 


Dans son discours essentiellement axé sur une critique virulente du MR, son ancien partenaire de gouvernement, il revendique dans la même phrase son ambition d’en finir avec l’économie de rentiers belges, ce que j’approuve, puis il s’en prend aux intérêts notionnels, mécanisme de déduction fiscale, qui ne s’appliquent que pour les investissements faits dans de nouveaux projets.  LOL   Comment mieux attirer des capitaux dans des projets à risque qu’en leur accordant un statut fiscal préférentiel ?  C’est pourtant une méthode qui fonctionne, on peut en juger par le succès du tax-shelter pour les projets culturels, par exemple.  Et aussi le succès rencontré par ce mécanisme des intérêts notionnels, qui a d’après Philippe Suinen (Directeur de l’ AWEX), replacé la Belgique sur la carte des investisseurs.  Envoyer aujourd’hui un tel signal à ceux-ci, est de la part d’un parti, qui se veut un parti de gouvernement, simplement incompréhensible !!! 

14/12/2007

200 000 emplois: l'objectif de Verhofstadt atteint

Pendant toute la campagne électorale, Yves Leterme a accusé le gouvernement Verhofstadt de mentir, notamment sur le nombre d'emplois créer par ce gouvernement.  Il répétait comme un mantra: "Wie geloof deze mensen nog?" (Qui croit encore ces gens?).  Aujourd'hui, la preuve est faite officiellement: ce gouvernement socialiste-libéral n'avait pas menti et qu' il était arrivé à ses objectifs.  Nous savons, par ailleurs, ce qu'il est advenu de sa promesse de scinder BHV grâce à ses cinq minutes de courage politique!!! Mort de rire

swisstxt20071007_8290642_3

Tom Naegels, journaliste au Standaard, titre aujourd'hui "Cet homme ne connait-il pas la honte?" devant ses tentatives de justification de son échec, cette semaine. 

Il est important de constater que la grande majorité de ces emplois ont été créés par le secteur privé.  Ce qui renforce indubitablement l'intérêt de toutes les mesures qui favorise la création d'activité privée, de telles mesures était présentes dans la partie socio-économique de l' orange bleue.  Les chèques-service ont également constitué une importante source de création d'emploi.

Le taux de chômage est en recul à 7,7% alors qu'il était de 8,3% en 2006.  Guy Quaden, mon ancien professeur à l' ULg et aujourd'hui gouverneur de la banque nationale recommande: "La meilleure façon de préserver le pouvoir d'achat, c'est d'améliorer les chiffres de l'emploi."  Lors de cet exercice semestriel de prévision, la BNB prévoit encore une hausse de l'inflation due à l'augmentation des produits de base de consommation journalière à 2,9% contre 1,8% l'année dernière.

L'urgence est donc, si nous suivons ces recommandations, de stimuler la création d'activités privées, de tenir compte de l'inflation qui guette en augmentant le revenu net des plus faibles revenus (bas et moyen salaires).  Pour réaliser cet objectif, la seule méthode est de poursuivre dans la voie de la réforme fiscale, initiée par le gouvernement Verhofstadt II, qui conjugue l'intérêt de stimuler la création d'entreprises privées et de susciter les investissements,  et pour les particuliers de renforcer le pouvoir d'achat, tout en préservant la compétitivité de nos entreprises.

C'est le programme libéral.  Un sondage réalisé par le standaard, assure aujourd'hui encore que Didier Reynders serait un premier ministre intérimaire satisfaisant pour 56,90% de Flamands.  Pour sauver sa candidature comme premier-ministre, Yves Leterme, ne peut plus aujourd'hui compter que sur le soutien du cartel CDh/PS.

10/12/2007

De l'intérêt de se préoccuper des questions climatiques...

Dans cette petite vidéo, vous trouverez une réactualisation du pari de Pascal, appliquée au défi climatique.  L'exposé est court mais intéressant et instructif.  Malheureusement, il n'existe encore qu'en anglais.

 

 

Ce que je crois, c'est qu'il serait insensé de laisser les écologistes se saisir seuls de ces questions.  Pour une majorité d'entre eux, la résolution des questions climatiques réside dans la décroissance, le rejet de la mondialisation et l'anti-économie.  La décroissance économique rime aussi, et il ne faudrait pas l'oublier, avec l'impossibilité de financer les prestations sociales, plus de chômage, de précarité et même de pauvreté.

Bien au contraire,  je pense que la réponse au défi climatique peut constituer un formidable gisement de croissance économique pour l'avenir. Comme l'adaptation de notre mode de vie à la mécanisation, à l'automobile, à l'informatique, ont également constitué en leur temps de formidables viviers de croissance économique.  La recherche, la technologie apporteront les solutions à ce défi: pas le retour à un mode de vie passé, idéalisé par certains. 

Pour y réussir, il faut industrialiser les solutions...Il n'y a pas de raisons objectives pour: qu'une chaudière à pellets de bois coute plus cher qu'une chaudière à mazout ou qu'une voiture fonctionnant aux bio-carburant ou à moteur hybride coute plus cher qu'un modèle diesel, par exemple.

La wallonie, en quète d'avenir pour son redéploiement industriel, devrait se saisir de ces questions.  Comme opérateur économique (gestionnaire de parcs immobiliers importants, de parcs de véhicules et de service de transports), les pouvoirs publics peuvent si ils le choisissent, devenir un moteur de cette reconversion économique et contribuer à la naissance d'acteurs industriels dans ces technologies.

26/11/2007

La réponse de Bernard Rentier, recteur de l'ULG

Je vous livre tel quel, la réponse de Bernard Rentier au message que je lui avais posté sur son blog ce vendredi.  Il a même décidé de faire de la réflexion que je lui soumettais un sujet à part entière de son blog. 

Que dire sinon que je suis ravi qu'il souscrive à l'analyse que je lui soumettais.  Sourire  L' ULG peut et doit être un moteur du redéploiement économique de notre ville.  Cela passe par une réforme profonde de l'université.  C'est le programme de son recteur!!!

Ce message m’est parvenu vendredi. Comme il ne constitue pas réellement un commentaire à un de mes billets, mais qu’il lance une réflexion extrêmement intéressante et qui me tient à cœur, j’en fais plutôt un nouveau billet et je tâche d’y répondre au mieux.

“Monsieur le Recteur,

Il y a quelques jours dans les médias flamands s’ouvrait un débat sur le manque d’initiative des étudiants flamands, notamment en terme de création d’entreprises. Ce même constat peut être fait dans le monde francophone.
Un professeur émérite de la KUL (Roger Blanpain) vient de réagir aujourd’hui par la publication d’un courrier de lecteur à la rédaction du “Standaard”, dont je vous livre ici la traduction:

“Le manque d’initiative chez les étudiants tient beaucoup à la nature de notre enseignement et de notre formation. Quelques 50 ans d’expérience universitaire comme enseignant m’a appris que notre enseignement est orienté vers le conformisme (le prof a raison), la prise de note, des cours bloqués par coeur et débités de la même manière à l’examen. L’enseignement et la formation est peu ou pas du tout dirigée vers la créativité, la contribution personnelle, l’esprit critique, la résolution de problème ou la réflexion transversale, comme dans les bonnes universités américaines ou anglaises. Cela demandera une révolution de changer cet enseignement répétitif. Comme doyen de la faculté de droit de la KUL, j’ai consacré à l’époque mon attention aux exercices par petits groupes, la mise en place de séminaires et l’organisation de sessions pratiques. C’était largement insuffisant, car il existait trop de cours ex-cathedra. Pour devenir prof, un nombre d’heure d’enseignement doivent être prestées. De ce fait, beaucoup d’heures de cours sont imposées. Le travail personnel et la créativité sont rarement au rendez-vous. De plus, les séminaires et les exercices sont souvent délégués à de jeunes assistants dévoués mais souvent inexpérimentés, qui ne connaitront la musique que bien plus tard.
En bref, le manque d’initiative de nos étudiants ne m’étonne pas. Nous pouvons y faire quelque chose. Diminuer drastiquement le nombre de cours académiques et beaucoup plus stimuler le travail personnel axé sur la créativité.”

Etant l’un des premiers boursiers Erasmus de la faculté de Philosophie et Lettres (section Philosophie), je ne peux que confirmer cette analyse. A l’université de Hull, où j’ai séjourné un an en 1992, je peux témoigner que plus de la moitié des cours consistaient en travaux de lecture dirigés par petits groupes, où le rôle du professeur consistait plus à animer le débat et la réflexion entre les étudiants, qui chacun à leur tour devait préparer la leçon et se soumettaient ainsi à la critique de leurs professeurs mais aussi de leurs condisciples. Chaque étudiant était placé sous la protection d’un “tuteur”, qui le conseillait de plus quant à ses lectures, quant aux choix de cours à option en fonction du désir profond de l’étudiant. Le mien était le Dr T.S. Champlin, dont le moindre mérite n’était pas de diriger le comité de lecture de la prestigieuse revue Mind. J’en garde encore aujourd’hui un souvenir ébloui.
L’organisation des examens était également très différente puisqu’ils consistaient en des dissertations sur des thèmes abordés dans ces cours et qui pour éviter tout favoritisme, étaient corrigés à l’aveugle par des professeurs externes.

A l’appui encore de ce constat, j’aimerais ajouter que mes deux parents se sont rencontrés et mariés au cours de leur spécialisation médicale à l’université Johns Hopkins de Baltimore dans les années 60. Ma maman y a même exercé des responsabilités importantes au sein de la faculté et participé à des recherches déterminantes en anesthésiologie (son professeur, le docteur Safra a inventé la réanimation cardio-pulmonaire et l’aide médicalisée urgente). Tous deux partagent cette analyse et particulièrement mon père, qui était diplomé en médecine de l’ULG et qui a donc expérimenté comme moi les deux méthodes de travail.

Bien plus que le ranking de l’ULG ou son système de classement des contributions scientifiques, l’ULG devrait prioritairement s’intéresser à sa méthode de travail et d’enseignement.

Très respectueusement,

Philip Hermann

PS: Je vous félicite, par ailleurs, pour l’excellente initiative que constitue ce blog, qui démontre votre volonté de sortir du cadre académique traditionnel. Ce qui m’a incité à y poster ce message.

Cher Monsieur Hermann,

Vous ne pouvez certainement imaginer à quel point votre message me fait plaisir. Tout autant que l’intervention du Professeur Blanpain qui exprime assez exactement ce que je pense.
Nous vivons dans un système universitaire qui, il faut le reconnaître, évolue dans le sens que vous préconisez, mais encore trop lentement et très inégalement d’une faculté à l’autre.

Le mécanisme de financement public de nos universités (publiques ou non) est exclusivement basé sur le nombre d’étudiants, mais en interne, l’allocation des ressources aux facultés et départements — en particulier les ressources humaines (assistants, staff administratif et technique) — qui est largement basée sur des traditions historiques lointaines et désuètes, tient compte à la fois du nombre d’étudiants et du nombre de cours et d’heures de cours. Une vielle culture encore tenace persuade les universitaires que leur importance, leur prestige et leur valeur sont liés au nombre de cours et d’heures de cours qui leur sont confiés et ils multiplient ce nombre d’heures, si ça leur convient, par le nombre d’étudiants. Cette tradition a pour conséquence une augmentation déraisonnable du nombre de cours et des heures associées.
La réforme dite “de Bologne” a légèrement modifié les choses en remplaçant les heures de cours par des crédits transférables entre universités européennes. Mais l’effet est minime. L’importance du professeur reste trop souvent mesurable, à ses yeux, par le produit “nombre d’ECTS x nombre d’étudiants.
Bref, la conclusion que Roger Blanpain et vous-mêmes tirez est la bonne: l’effet pervers du système universitaire actuel est la multiplication des cours et formations, moins dans l’intérêt des étudiants que dans celui de la carrière ou l’ego de leurs enseignants.

Cependant, les choses ne sont pas si simples. Cette dérive, constatée et dénoncée sans relache par mon prédécesseur qui parlait de “l’université aux 6.000 cours” (il faut toutefois noter que ce phénomène n’était pas propre à l’ULg, loin de là), a été fortement enrayée, mais par des mesures plus ou moins coercitives et basées sur une diminution uniforme des allocations de ressources: on s’est tous “serré la ceinture”. Aujourd’hui, les choses allant déjà mieux, une autre approche s’impose: celle d’un calcul plus juste, tenant mieux compte des réalités et des spécificités particulières et décourageant la multiplication des cours et l’allongement du temps de “bourrage de crâne”. On ne peut plus éviter d’affronter de face la question de la multiplication des enseignements qui permet de créer des charges sur mesure et d’assurer aux bons serviteurs de la maison un statut de professeur. Que les étudiants, dans la structure de leur cursus d’études, soient victimes de cette pléthore, n’est pas acceptable.

Si toutes les pratiques anglo-américaines ne doivent certainement pas être adoptées aveuglément, il est clair qu’un système de formation (plus encore que d’enseignement) qui fasse appel au sens de l’organisation , aux qualités d’initiative et d’autogestion des étudiants est un objectif majeur.

C’est pourquoi j’ai dit, lors de la Rentrée Académique dernière, que j’ambitionnais pour mon université d’être une institution dont on sortirait: 1) au moins bilingue, 2) doté d’un bagage de mobilité internationale mais aussi 3) formé à l’auto-apprentissage et à l’aptitude à la recherche autonome du savoir.
J’en ai déjà longuement parlé ici, il importe aujourd’hui de réexaminer la charge d’enseignement et aussi les méthodes. Si l’ex cathedra possède quelque vertu, c’est néanmoins une formule risquée, qui ne présente de qualités qu’avec les grands ténors du tableau noir. Dans ce cas-là, la transmission par le “maître” peut en effet être très marquante pour l’étudiant. Mais il n’en est pas moins vrai que la formation idéale est celle qui donne à l’étudiant les vrais outils qui l’aideront à développer ses capacités personnelles et qui lui permettront de s’épanouir par lui-même.

Ceci nous amène donc à une profonde réflexion sur les modes de formation et à une remise en question du mode d’allocation des ressources aux différents départements, voire même à une autre organisation de l’université. J’aurai l’occasion d’y revenir durant cette année académique, pendant laquelle je compte proposer les réformes correspondantes.

 

Du dynamisme, de l'audace, de la créativité.  Voilà les qualités qui seront nécessaires pour réformer et redresser la Wallonie!!!  C'est plus que jamais possible et nécessaire.

23/11/2007

Contribution pour une réforme de l'université

Bernard Rentier, le recteur de mon Alma Mater, a eu l'excellente idée d'ouvrir un blog, qui permet d'interagir avec lui.  Je viens de poster sur celui-ci cette contribution pour une réflexion sur la mission de l'université.  Je ne manquerai pas de vous informer, s'il y a lieu, des suites qu'il réservera à celle-ci.

BernardRentier

 

Monsieur le Recteur,

Il y a quelques jours dans les médias flamands s'ouvrait un débat sur le manque d'initiative des étudiants flamands, notamment en terme de création d'entreprises.  Ce même constat peut être fait dans le monde francophone.  

Un professeur émérite de la KUL (Roger Blanpain) vient de réagir aujourd'hui par la publication d'un courrier de lecteur à la rédaction du "Standaard", dont je vous livre ici la traduction:

"Le manque d'initiative chez les étudiants tient beaucoup à la nature de notre enseignement et de notre formation.  Quelques 50 ans d'expérience universitaire comme enseignant m'a appris que notre enseignement est orienté vers le conformisme (le prof a raison), la prise de note, des cours bloqués par coeur et débités de la même manière à l'examen.  L'enseignement et la formation est peu ou pas du tout dirigée vers la créativité, la contribution personnelle, l'esprit critique, la résolution de problème ou la réflexion transversale, comme dans les bonnes universités américaines ou anglaises.  Cela demandera une révolution de changer cet enseignement répétitif.  Comme doyen de la faculté de droit de la KUL, j'ai consacré à l'époque mon attention aux exercices par petits groupes, la mise en place de séminaires et l'organisation de sessions pratiques.  C'était largement insuffisant, car il existait trop de cours ex-cathedra.  Pour devenir prof, un nombre d'heure d'enseignement doivent être prestées.  De ce fait, beaucoup d'heures de cours sont imposées.  Le travail personnel et la créativité sont rarement au rendez-vous.  De plus, les séminaires et les exercices sont souvent délégués à de jeunes assistants dévoués mais souvent inexpérimentés, qui ne connaitront la musique que bien plus tard.

En bref, le manque d'initiative de nos étudiants ne m'étonne pas.  Nous pouvons y faire quelque chose.  Diminuer drastiquement le nombre de cours académiques et beaucoup plus stimuler le travail personnel axé sur la créativité."


Etant l'un des premiers boursiers Erasmus de la faculté de Philosophie et Lettres (section Philosophie), je ne peux que confirmer cette analyse.  A l'université de Hull, où j'ai séjourné un an en 1992, je peux témoigner que plus de la moitié des cours consistaient en travaux de lecture dirigés par petits groupes, où le rôle du professeur consistait plus à animer le débat et la réflexion entre les étudiants, qui chacun à leur tour devait préparer la leçon et se soumettaient ainsi à la critique de leurs professeurs mais aussi de leurs condisciples.  Chaque étudiant était placé sous la protection d'un "tuteur", qui le conseillait de plus quant à ses lectures, quant aux choix de cours à option en fonction du désir profond de l'étudiant.  Le mien était le Dr T.S. Champlin, dont le moindre mérite n'était pas de diriger le comité de lecture de la prestigieuse revue Mind.  J'en garde encore aujourd'hui un souvenir ébloui.  

L'organisation des examens était également très différente puisqu'ils consistaient en des dissertations sur des thèmes abordés dans ces cours et qui pour éviter tout favoritisme, étaient corrigés à l'aveugle par des professeurs externes.

A l'appui encore de ce constat, j'aimerais ajouter que mes deux parents se sont rencontrés et mariés au cours de leur spécialisation médicale à l'université Johns Hopkins de Baltimore dans les années 60.  Ma maman y a même exercé des responsabilités importantes au sein de la faculté et participé à des recherches déterminantes en anesthésiologie (son professeur, le docteur Safra a inventé la réanimation cardio-pulmonaire et l'aide médicalisée urgente).  Tous deux partagent cette analyse et particulièrement mon père, qui était diplomé en médecine de l'ULG et qui a donc expérimenté comme moi les deux méthodes de travail.

Bien plus que le ranking de l'ULG ou son système de classement des contributions scientifiques, l'ULG devrait prioritairement s'intéresser à sa méthode de travail et d'enseignement.

Très respectueusement,

Philip Hermann

PS: Je vous félicite, par ailleurs, pour l'excellente initiative que constitue ce blog, qui démontre votre volonté de sortir du cadre académique traditionnel.  Ce qui m'a incité à y poster ce message.

20/11/2007

La pression fiscale belge parmi les plus fortes!!!

A toute les personnes qui douteraient encore de la nécessité d'une nouvelle réforme fiscale, un petit article qui indique le degré d'urgence.  Plutôt que les mantras auto-satisfaits des actuels dirigeants Wallons et Bruxellois, plutôt que de se gargariser des quelques maigres succès obtenus, il est temps de prendre les mesures qui s'impôsent pour accroître la compétitivité de notre région francophone.

C'est à ce prix que nous pourrons attirer en masse des investisseurs étrangers et profiter enfin de notre excellente situation en Europe et de nos excellentes infrastructures de transports.  L'objectif, c'est évidement par priorité de réduire notre niveau de chômage et de créer un cercle vertueux de croissance.  Ma conviction est que cela est possible , sans réduire nos prestations sociales...mais encore faut-il prendre le risque d'y croire!!!

From Belga 

Au niveau de la pression fiscale totale à laquelle sont soumises les entreprises, la Belgique occupe une peu enviable 154ème position, derrière l'ensemble des pays européens à l'exception de la France et de l'Italie.

Copyright Bauweraerts

La Belgique est un des Etats au monde dans lequel les entreprises sont le plus taxées, révèle lundi un rapport intitulé "Paying taxes 2008" et réalisé par la Banque mondiale, PriceWaterhouseCoopers et l'International Finance Corporation. Au niveau de la pression fiscale, notre pays figure ainsi au 154ème rang sur un panel de 178 pays étudiés. La Belgique s'en sort toutefois mieux en matières de formalités fiscales et du nombre d'impôts différents, ce qui lui permet d'occuper au final une 65ème position au classement général de cette étude.

Au niveau de la pression fiscale totale à laquelle sont soumises les entreprises, la Belgique occupe une peu enviable 154ème position, derrière l'ensemble des pays européens à l'exception de la France et de l'Italie. "La pression fiscale élevée et la politique fiscale complexe constituent un handicap pour attirer de nouveaux investissements en Belgique", note le rapport, qui recommande dès lors de réduire les taux d'imposition et de simplifier tant les impôts que leur mode de perception.

Malgré certaines initiatives, comme la déduction des intérêts notionnels, la pression fiscale reste très élevée, a fait remarquer Frank Dierckx, managing partner chez PricewaterhouseCoopers, au cours d'une conférence de presse. "Les impôts et recettes de sécurité sociale représentent encore 44,2 pc du PNB belge en 2007", a-t-il ajouté, constatant que le niveau d'imposition belge est comparable à celui pratiqué en Allemagne.

D'autres voisins européens ont pourtant baissé leur fiscalité, comme les Pays-Bas qui ont fait passer l'impôt des sociétés de 31.5 pc à 29.6 pc. Une diminution peu probable en Belgique, estime M. Dierckx, étant donné que, pour être efficace, la mesure devrait consister en une baisse de l'impôt des sociétés de 34 pc actuellement, à un taux de 25 voire 20 pc. En Belgique, ce sont les cotisations sociales qui représentent la plus grande part de la pression fiscale sur les entreprises, mais cela permet en retour des prestations de sécurité sociale, a encore fait remarquer M. Dierckx.

La Belgique s'en sort toutefois mieux en matières de fréquence de paiement des impôts, avec un total de 11 paiements par an (24ème place au classement), et de formalités fiscales, avec 156 heures nécessaires par société (49ème position). Le recours possible à des formulaires en ligne permet de faciliter la tâche des entreprises.

Au classement général de l'étude "paying taxes 2008", la Belgique occupe la 65ème place sur 178. Le trio de tête mondial se compose des Maldives, de Singapour et de Hong Kong. Meilleur score européen, l'Irlande occupe la 6ème place du classement général de cette étude. A noter qu'à travers le monde, de nombreux pays (31 au total) ont mis à contribution l'année écoulée pour abaisser leur fiscalité et/ou la simplifier. La réforme fiscale la plus en vogue? Celle qui touche l'impôt des sociétés: 27 pays ont mis en oeuvre une telle réforme, révèle enfin l'étude.

 

05/02/2007

Les PMEs récoltent les miettes du plan Marshal

Dans le cadre du traitement du cancer du col de l' utérus, deux conceptions radicalement opposées s'affrontent:

  • Certaines compagnies pharmaceutiques multinationales (GSK et MSD) misent sur les vaccins, qui permettraient de prévenir l'apparition de ce cancer du col de l'utérus.
  • D'autres préfèrent miser sur un traitement curatif, c'est la stratégie dévelloppée par Mithra, jeune mais prometteuse PME liégeoise (spin-off de l'ULG). Le problème, c'est que ces deux stratégies concurrentes cohabitent désormais au sein du pôle des biotechnologies wallons. Et cela ne manque pas de poser problème, en effet les rapports de force entre les deux entités sont largement en faveur du premier, un groupe multinational (GlaxoSmithKline), employant déjà de nombreux travailleurs, qui finalise ses recherches sur le Cervarix et Mithra.

D'après le professeur Foidart, chef des services de gynécologie de l' ULG, sur 270 millions de femmes européennes concernées par le vaccin, 135 millions sont déjà contaminée par le virus et deux millions sont au stade pré-cancéreux en attente d'un traitement que Mithra pourrait offrir! Les deux stratégies pourraient donc au moins pendant un temps cohabiter au plus grand bénéfice de santé publique.

Louis Lambo, le Ceo de Mithra, se demande même dans quelle mesure des fonds publics sont bien utiles à des groupes gigantesques tels que GSK, qui peuvent trouver du financement par d'autres moyens qu'en sollicitant les pouvoirs publics. Comme je l'ai déjà dit ici, la subsidiation des entreprises de la taille de GSK, n'intéresse que peu ces groupes bénéficiaires. Bien sûr elles accomplissent les formalités pour les obtenir, elles ont des services spécialisés dans ces domaines et elles s'en servent, mais ces subsides ne sont jamais le critère déterminant pour une implantation (et donc la création d'emploi). Le critère déterminant, c'est le niveau de la fiscalité. Le calcul est simple, le niveau des prélèvement fiscaux influent sur toute la durée des investissement et ces groupes sont largement bénéficiaires...tandis que l'octroi de subsides, ce ne sont évidement pas des opérations récurrentes. Ces opérations sont aléatoires, dépendant de la décision du pouvoir politique, conditionelles par exemple à la création d'emplois, et le plus souvent inférieurs dans l'absolu aux économies liée à un abaissement même de quelques points de la fiscalité de ces entreprises, très largement bénéficiaires.

Marie-Dominique Simonet, notre ministre wallonne de la recherche (CDH), a transféré le dossier à son collègue Marcourt (PS). Ce qui est certain, c'est que suite à une décision du parlement wallon, les PME wallonnes du type de Mithra seront désormais éligibles à des subventions et non plus seulement à des avances récupérables. Une avancée dans la bonne direction mais tellement insuffisante!!!

Cet article a d'abord été publié sur le site de www.medicalservices.be

17/01/2007

Le manque d’ambition liégeois.

Ce n’est pas qu’un slogan de campagne politique. C’est malheureusement la triste réalité de la coalition qui a été à nouveau portée aux commandes de Liège par les électeurs.

Deux dossiers témoignent à suffisance de cet immobilisme :

  • L’implantation du groupe de casinos Harrah’s à Liège. Un promoteur immobilier, Pierre Berryer, déjà actif sur le chantier de l’hôtel cinq étoiles de Sélys-Longchamps, a annoncé, pendant la dernière campagne électorale, son intention d’attirer à Liège le groupe de casino Harrah’s. A cet effet, il rachète l’ancienne Grand-Poste pour quelques millions d’€. Immédiatement, cet événement est repris à l’actif du duo Demeyer-Firquet comme l’un des grands accomplissements de leur collaboration. Firquet organise même une grande soirée de campagne dans cette même Grand-Poste.

Aujourd’hui évidemment, Pierre Berryer, sollicite un coup de pouce politique et surtout une fédération de toutes les énergies pour mener à bien son projet. Et bien sûr, c’est immédiatement la levée de bouclier à la ville. Personne n’avait rien promis et bien pire plus personne n’y croit plus. Les chiffres de Harrah’s sont faux !!! A les entendre,il serait impossible de créer un casino qui engage 3000 personnes non-qualifiées à Liège et aussi de rentabiliser un investissement de 600 millions d’€ en générant des taxes pour la ville de 100 millions d’€/an. C’est l’évidence même…Monsieur Demeyer et Monsieur Firquet s’y connaissent mieux en Casino que les leaders mondiaux du secteur, qui ont sans doute improvisé un tel investissement sans étude préalable. On manque définitivement d’ambition à Liège mais certainement pas de culot !!!

On va donner des leçons de réalisme et de défaitisme aux cow-boys US, un peu comme si le maire de Marne la Vallée, avait décidé d’expliquer aux émissaires du groupe Disney que leurs estimations de chiffre d’affaire et d’emplois (en comparant avec le CA réalisé par les concurrents français de Disney) étaient trop élevés au moment où ils ont décidé de s’implanter chez eux ou comme si le maire de Bilbao avait argué des chiffres de fréquentation des musées du Pays Basque pour donner des leçon aux émissaires du musée Guggenheim !!! C’est sûr que ce n’est pas comme cela qu’on risque de les séduire. Heureusement le ridicule ne tue pas, surtout si nous nous rappelons que c’est le même Firquet, qui n’hésitait pas à parler d’attirer 2-3 millions de nuitées d’hôtel à Liège lors de la dernière campagne, comme Dublin précisait-il. Sans hôtel, cela sera difficile !!! Alors qu’aujourd’hui, nous pouvons plutôt compter sur 300 000 nuitées par an.

Ensuite, on envisage les choses de manière politique. Quel profit retirer de ce projet ? Est-ce si génial que cela ? D’autres professionnels du tourisme (le directeur du Bedford, par exemple), voient immédiatement le profit qu’il serait possible d’en retirer, mais pas nos édiles communaux qui préfèrent réfléchir…3000 emplois non-qualifiés, ce n’est pas assez, 100 millions de recettes fiscales supplémentaires, ce n’est pas séduisant, un phare culturel tant demandé par toutes les études sur le redéploiement économique…sans doute, mais est-ce bien celui-là que nous voulons ??? Et puis évidemment ce sera difficile…Ca, c’est sûr!!! Sans cela, on ne vous demanderait pas de former une union sacrée autour du projet !!! Plutôt que chercher des excuses pour ne pas agir...les principaux problèmes à régler par les politiques, ce sont :

      • Obtenir une licence d’exploitation : la matière est fédérale et comme l’ambiance n’est pas au beau fixe entre les entités fédérées : un compromis devra être négocié pour obtenir une nouvelle licence. Un échange serait possible avec Anvers, qui est également demanderesse d’obtenir une telle licence. Il pourrait également être possible de trouver un accord avec un autre détenteur de licence de la région (Chaudfontaine ou Spa)

      • Assouplir la législation encadrant les jeux de hasard et notamment celle concernant le nombre de machine à sous par tables de roulette. De cet assouplissement, tous les casinos belges sont demandeurs, y compris celui de Bruxelles et de Knokke…qui viennent également de procéder à des investissements importants. D’autant que cette loi est totalement obsolète depuis que plus de 180 « Luna Parks » fonctionnent aux quatre coins de la Belgique sans croupiers de casino. Sans être un éminent spécialiste, il est certain que les phénomènes d’addiction au jeu, c’est dans ce type d’endroits qu’ils sont les plus fréquents plutôt que dans des complexes luxueux, festifs et culturels comme ceux du groupe Harrah’s. Tous ceux qui ont visité Las Vegas savent de quoi je parle.

· Le Country Hall, à qui il manque 650 000 € pour boucler son budget 2007. Voilà un nouvel outil particulièrement sous-exploité de Liège. La première réaction des équipes de gestion, c’est évidemment d’aller taper un peu plus les différentes instances politiques et certainement celles qui sont en boni comme la Province, où étrange : le MR siège à l’exécutif.

Pas besoin pourtant de donner cours dans une prestigieuse école de gestion pour se rendre compte du manque d’ambition et aussi du manque de sérieux de l’équipe en place. Le Country Hall a attiré les prestations de 3 artistes l’année passée (un premier exercice comptable sans doute allongé de quelques mois), en collaboration avec le Forum. 4 locations étaient pourtant prévue mais plusieurs artistes se sont désistés !!! La raison d’être de cette nouvelle infrastructure, c’est pourtant bien d’accueillir les artistes et les groupes, qu’il était désormais impossible d’inviter à Liège en raison du nombre limité de places disponibles dans les infrastructures existantes. Impossible de rentabiliser un spectacle de Johnny Halliday au Forum sauf à rendre les places inabordables !!!

Mais le seuil de rentabilité, il ne se situe pas à 4 spectacles par an comme actuellement !!! Il suffit de consulter les programmes des salles équivalentes ailleurs…A Forest National, infrastructure strictement privée, plus de 130 spectacles sont programmés annuellement. Au Zénith de Lille, qui fait partie d’un réseau de salle de spectacle au même titre que pour le cinéma Kinépolis ou UGC, la programmation est également largement plus abondante. L’ Ethias Arena de Hasselt (petite ville de province de moins de 70 000 habitants) est même largement plus dynamique !!!

C’est évidemment là que le bât blesse. Mais apparemment, le Country Hall devait exclusivement être l’écrin de luxe d’un club de basket de milieu de classement, sans palmarès et sans grand public !!! Serait-ce la danseuse du Bourgmestre ?

Ce qui me semble le plus choquant, c’est que les mêmes prétendent donner des leçons de gestion à des investisseurs étrangers, leader mondiaux dans leur secteur d’activité !!! Serait-cela, le mal liégeois, le mal wallon !?!

05/01/2007

C'est la lutte finale...au sommet du PS liégeois!!!

Dans les divers quotidiens de la région liégeoise, nous apprenons que la lutte entre Willy Demeyer et Michel Daerden est tendue. Le premier incarnerait le renouveau du PS, adoubé par le boulevard de l'empereur et son empapillonné président. "Papa", Michel Daerden, serait quant à lui sérieusement remis en selle par son succès ansois et surtout sa nouvelle popularité médiatique suite à ses trop familiers dérapages alcooliques (cliquez ici pour visionner les vidéos de ses exploits).

Chaque clan s'affrontent désormais ouvertement dans la presse, après une tentative de coup de force de Daerden, d'imposer que la coupole provincial, où il règne en maître, soit seule habilitée à constituer les listes électorales pour les prochaines législatives. Le débat est tellement envenimé qu'il faudra un vote des militants pour départager les partisans de l'ancien mode de désignation, où chaque fédération propose ses candidats, et ceux du nouveau. En effet le rapport de force est de 22 000 militants inscrits à la fédération liégeoise, que préside Willy Demeyer, tandis que 10 000 sont inscrits dans le reste de la province (Huy-Waremme, Verviers et Cantons de l'est).

Certains jeunes militants, favorables au renouveau et donc soutenu par la présidence, s'opposerait à voir un alcoolique placé en tête de liste. Pour eux, le succès médiatique du principal intéressé est particulièrement peu fiable et pourrait se renverser rapidement. Bref du rififi en perspective et une campagne musclée en interne, la liste devra être finalisée pour la fin du mois de janvier.

Ce qui est tragique pour Liège, c'est que cette guerre des clans paralyse l'ensemble de l'agglomération liégeoise dans des dossiers aussi importants que la planification du redéploiement économique liégeois, le port autonome, qui reste toujours sans président, la communauté urbaine, qui n'avance pas...nous sommes, typiquement, encore et toujours, dans le scénario des chiens de faience de l' étude de Jouvenel

'Liège 2020', le pire des scénarii de cette étude.

Au MR, la question à l'ordre du jour est de savoir si Didier Reynders se présente à la chambre ou au sénat ou aux deux... Suspens,

06/11/2006

Dernières infos sur l' affaire Jet4U

En lisant "La Meuse" d'aujourd'hui, on apprend que notre bon ministre Antoine, n'a même pas réussi à convaincre son parti de l'utilité de sa démarche. Il vient d' être totalement désavoué par un "expert" de son parti en la matière...Jean-Pierre Grafé, qui défend les intérêts du cdH à la SAB, la société faîtière des aéroports wallons. Cet info, communiquée par l'excellent Louis Maraitre, rédacteur en chef dudit journal, insiste sur l'absurdité de cette requète et fait même le lien avec le score pour le moins médiocre du cdH à Liège.

Ben oui, c' est ce que je disais...à part se faire mousser devant les médias en surfant sur une vague écolo, totalement artificielle et de circonstance...toute cette affaire n'est que du vent et ne débouchera sur rien de constructif surtout au niveau du redéploiement économique wallon. Avant de se lancer dans de telles oukases médiatiques, il aurait mieux fait d'interroger les spécialistes, y compris à l'intérieur de son parti.

Bien sûr, pour les biens-pensants, contradicteurs de ce blog, l' avoir dit avant tout le monde me rabaissait au rang des pires partisans de Bush...allons, allons, un peu de modestie et de mesure...

11:03 Écrit par Philip Hermann dans Redéploiement économique | Lien permanent | Commentaires (25) |  Facebook |

07/09/2006

Mes propositions pour le redéploiement économique liégeois

Nous arrivons à présent au terme de ce blog.  En effet, si je ne compte pas m’interdire de réagir à l’actualité et, le cas échéant, à poursuivre ma critique de la gestion de notre ville par les autorités communales actuelles, il me semble qu’il serait bon de conclure l’ensemble des rubriques de ce blog par la formulation de propositions concrètes qui constitueront mon programme électoral.  Celui-ci est évidemment en débat, je compte sur vous pour formuler des objections, ajouter des propositions en critiquer d’autres…A vous de jouer.

 

 

  • Commerçants : (1)  Des autorités communales à l’écoute de leurs besoins et attentes.  Particulièrement en matière de mobilité, de parking, de sécurité et de propreté.  Les services communaux doivent être particulièrement attentifs à remplir leur mission de service public, elles doivent se mettre à leur service.  (2)  Les stewards doivent devenir de véritables courroies de transmission entre les comités de quartier, les associations de commerçants et les pouvoirs publics locaux et leurs services communaux.  (3)  Un accompagnement personnalisé pour tous les entrepreneurs en difficulté en vue de redresser leurs affaires, mais également en déclenchant les procédures de cessation et de remise de leurs commerces à temps.  (4)  Création d’une plate-forme d’échange pour la transmission et la reprise d’activités locales.

 

  • Créateurs d’entreprises : (1)  Mise à disposition de capital d’amorçage (micro-crédit?) et d’un outil permettant de mettre en contact des porteurs de projets liégeois avec des candidats investisseurs liégeois ou externes, comme dans toutes les autres villes universitaires belges.  (2)  Un véritable soutien des partenaires publics et des politiques locaux dans l’obtention des aides et des subsides décidés à d’autres niveaux de pouvoir, particulièrement, en intervenant pour accélérer les procédures d’examen et d’octroi.  (3)  Rationalisation des organes institutionnels en charge du redéploiement économique de la ville et création au sein de l’un d’entre eux d’un organe carrefour, centralisant l’ensemble des informations (création d’un site portail centralisant les informations utiles aux entrepreneurs liégeois)…Ce pourrait être le GRE.

 

  • Investisseurs : (1)  Mise en place d’une campagne de prospection systématique des investisseurs industriels et, tout particulièrement, dans les 5 pôles d’activités qui ont été identifiés par le plan Marshall et par les études prospectives sur le redéploiement économique liégeois.  (2)  Réalisation d’un sondage de ceux-ci, sur les politiques à mettre en place afin d’ améliorer notre compétitivité par rapport aux autres régions européennes.

 

  • Tourisme : (1)  Etablissement d’un plan de communication vers les opérateurs touristiques (TO, Organisateurs de voyage, missions diplomatiques) pour améliorer leur information sur le patrimoine culturel de notre ville (Méga Musée Curtius, Mamac, promenade des terrils, etc.)  (2)  Amélioration de l’accès à ces informations touristiques, par la création de bureau d’information situés aux points d’accès de notre ville (aéroport et gare).  (3)  Création d’un phare culturel, tant souhaité par toutes les études sur le redéploiement économique liégeois, notamment par la prospection active des opérateurs culturels internationaux  (Musées d’art contemporain des régions limitrophes, organisateurs culturels internationaux, etc.) en vue de la création de partenariats, voire plus.  (4)  Reprise des expositions thématiques d’envergure (Monet, Chagall, etc.)  (5)  Réalisation d’un site internet d’information dédiés aux touristes.
 

24/08/2006

Le Gre, une histoire vécue

La première fois que j'ai été reçu au Gre (j'ai un projet d'entreprise dont je ne vous parlerai pas ici), j'ai pris rendez-vous avec une personne qui m'avait été recommandée, très sympathique et très compétente.  Elle a tout de suite tout compris et même trouvé mon projet intéressant.  Il faut que je vous raconte.

 

L' immeuble, devant lequel je me suis présenté, était en travaux, pas de sonnette à l'entrée.  Je passe le sas d'entrée, mais impossible d'accéder aux ascenseurs, situés derrière un autre sas qui refusait de s'ouvrir.  Je note au passage des escaliers de secours et en route pour le quatrième étage.  

 

A mon arrivée, le plateau de bureau est désert...Personne dans aucun bureau, je frappe à quelques portes, sans résultat.  Finalement, une personne s'inquiète de ma présence. Je lui explique mon histoire, le parcours du combattant pour arriver jusqu'à elle, mon rendez-vous, etc...elle hausse les épaules: "C'est le service technique, ça."  Totalement indifférente, elle m'invite quand même à la suivre: "Ils sont tous là..."  Effectivement, dans un bureau, tout le monde était là à papoter en sirotant un café, à mon avis, ce n'était pas le premier.

 

Je m'annonce, et l'un d'entre eux, mon rendez-vous, m'entraine vers son bureau, tandis que les autres reprennent leur papote. 

 

Que fait le Gre?  A l'issue de mon entretien, je dois vous avouer que je n' avais toujours pas bien compris, et même pas après avoir lu attentivement la superbe brochure en quadrichromie, qui m'avait été remise...des choses importantes, sans doute.

 

Et si j'avais été un candidat-investisseur?  

23/08/2006

Que fait le GRE?

J'ai un peu réfléchi, suite à la publication de certains commentaires relativement exaspérés et impatients, concernant mes solutions à propos du redéploiement économiques liégeois.  Elles viendront, c'est une promesse.  J'étais également très impatient lors de la création du Gre (l'outil spécifique créé pour redéployer Liège).

 

Il a pourtant fallu attendre d'abord environs 10 mois la nomination de l'exécutif de cet organisme.  Aucune décision ne pouvait être prise, un important décideur liégeois était malade.  Ensuite, cette personne étant décédée, il a fallu attendre que sa succession se rêgle...à nouveau, une dizaine de mois.  Un autre décideur liégeois important du même parti, qui bloquait tout, répétait à l'envi qu'il fallait de la patience pour réaliser de grandes choses...Ensuite nous avons appris, qu'on avait décidé de ne rien décidé: un triumvirat de 3 personnalités du monde de l'entreprise et de trois étiquettes politiques différentes avait été nommé à l'exécutif de l'outil, ensuite il a fallu une menace de boycott du bourgmestre actuel pour que la ville de Liège y soit représentée...enfin le triumvirat a négocié longuement son salaire.   

 

Ne sommes-nous pas dans ce cas de figure précis, dans le scénario des "chiens de faïence", évoqué par Jouvenel dans son étude "Liège 2020" ?  L'ensemble des acteurs, en charge de l'avenir économique de Liège, se regardent, s'observent, se disputent, se réconcilient mais en fin de compte rien ne bouge?  Ce que prévoit Jouvenel dans ce cas de figure, n'est pourtant guère réjouissant...une accélération du déclin.

 

Croyez bien que je partage l'impatience de certains sur ce blog!!!

 

Aujourd'hui que fait le Gre?  Beaucoup se posent cette question, même la presse...Le soir du 4 mars 2006.

 

Demain, je vous parle de mon expérience vécue au Gre, où j'allais présenter un projet d'entreprise...saisissant!!!

21/08/2006

Le chômage à Liège

"La Meuse" d'aujourd'hui, nous présente une étude sur l'évolution du chômage des liégeois, depuis 10 ans.

 

Au 30 juinChômeurs complets indemnisésTravailleurs soutenus par l' OnemInterruption de carrière avec le soutien de l'ONEMTotal général
199663.1689.2162.29374.677
199763.65111.3822.61777.650
199860.6849.7652.98473.433
199958.4629.6163.42871.506
200057.2379.8653.85170.953
200157.46211.1374.33472.933
200260.07613.5754.90578.556
200363.73315.6896.02985.451
200464.55813.9206.77285.250
200564.35413.4737.40385.230
200663.82915.6007.97087.399

 

Depuis 1996, l'augmentation du nombre total des personnes aidées par l'Onem s'élève à 17%.  Pas glorieux bien évidemment.  Un autre élément inquiétant relevé par "La Meuse",  22 000 des chômeurs liégeois le sont sur base de leurs études, c'-à-d des personnes qui n'ont jamais trouvé de travail après leurs études.  A Gand, qui a une population à peu près équivalente à celle de Liège, ils ne sont que 5000 dans ce cas.

 

 

Dans les autres partis, on semble d'accord de développer le secteur des services aux personnes, crêches, aide aux personnes âgées, etc.  Cela me semble une bonne idée mais qui va payer ces services? Car quand près d'un quart de la population dépend de l'Onem et que les budgets des ménages semblent chaque jour plus difficiles à boucler en raison, notamment, de la hausse des prix de l'énergie, je ne peux pas croire que ces services pourront significativement faire baisser nos statistiques de chômage.  Il me semble difficile d'espérer résoudre un tel problème par une simple augmentation de l'offre, il faut également que la demande soit forte...Soit ce sont les pouvoirs publics et à enveloppe budgétaire fermée, il faudra augmenter la fiscalité et cela accélérera la fuite de tous ceux qui ont encore des revenus.  Difficile de croire qu'il s'agit là de la panacée révée.

 

Pour ma part, je crois qu'il faut plutôt songer à attirer des investisseurs externes ou à stimuler la création d'activités...Comment y parvenir?  Nous en reparlerons... 

 

   

25/07/2006

27 ème sur la liste MR de Liège

Bonjour à tous,

 

Un peu de temps a passé depuis ma dernière contribution...beaucoup de préparatifs en cours...trouver un slogan, ce sera "Commune envie de (Le slogan du MR pour ces élections communales)... Faire mieux!" (merci de me faire part de vos impressions), faire imprimer des cartes de visites, faire des photos de campagne, nouer des alliances, trouver des personnes désireuses de soutenir ma campagne et aussi aller sur le terrain et déjà rencontrer des électeurs afin de prendre la température...aujourd'hui, il fait particulièrement chaud.

 

Mais c'est décidé, à partir d'aujourd'hui, je laisserai chaque jour un message!!!

 

Tiens, pour me découvrir, je vous suggère d'aller faire un tour sur le blog d'un ami, Alain Mbangué (www.bel.be).  Il a réalisé une interview (podcast de 37 minutes) de moi, sur le redéploiement économique liégeois.  Un sujet, sur lequel nous travaillons à plusieurs depuis plusieurs mois.  Nous avions notamment organisé un débat réunissant Didier Reynders (remplacé en dernière minute par Daniel Bacquelaine), Michel Daerden, Marie-Dominique Simonet, Jean Michel Javaux, Vincent Reuter de l'UWE et un représentant de l' université de Liège au Val Saint Lambert à Seraing.  Les questions du public avaient malheureusement du être interrompues par la nouvelle de la démission de Van Cauwenbergh.  Je vous en reparlerai bientôt, mais allez déjà voir l'interview. 

 

Alain Mbangué est un jeune entrepreneur liégeois (l'agence de voyage Halloween, le café l'aventure rue du pot d' or, une pépinière d'entreprises internet (son seul échec, car au moment de l'explosion de la bulle), et maintenant Barnes & Richardson, le leader belge en e-marketing, qu'il vient de revendre à un groupe anglo-saxon.  Tout va donc bien pour lui et pourtant profondément attaché à sa ville, où il habite encore même s'il travaille à bruxelles, il est inquiet, très inquiet pour la suite...Il faut dire qu'il n'a jamais reçu d'aide de personne...et certainement pas des structures liégeoises du redéploiement.  Cela le rend particulièrement critique...en opposition avec quelqu'un qui s'engage en politique pour construire.