12/06/2008

Ils en parlent: www.jevotepourlabelgique.be - www.ikstemvoorbelgie.be

RTLinfo:

http://www.rtlinfo.be


Rue de la loi (Fabrice Grosfilley):

http://ruedelaloi.blogspot.com

Elio Di Rupo:

http://www.leblogdelio.be

Ze Wok:

http://www.zewoc.com

Olivier Deville:

http://olivierdeville.skynetblogs.be/ 

Belgium4ever:

http://belgium4ever.over-blog.com

Bizz-Buzz:

http://www.bizz-buzz.com

Et bien sûr:

le responsable de la technique, Maxence Cupper (IDWEAVER):

Http://idweaver.blogspot.com 

Alain Mbange:

http://www.mbange.com

et aussi ;-)

Philip Hermann:

http://philiphermann.lalibreblogs.be

13/06/2008

Le site officiel du MR:

http://www.mr.be

Le blog de Corentin Gilquin:

http://blog.corentingilquin.eu/ 

Le blog de Nicolas Blanchart (Ecolo):

http://www.nicolasblanchart.be

Le journal d'un petit belge:

http://journalpetitbelge.blogspot.com

10/06/2008

www.jevotepourlabelgique.be - www.ikstemvoorbelgie.be

Depuis le 10 juin 2007, nous assistons à une crise communautaire dont il semble impossible de sortir.  Depuis 12 mois, les gifles ont succédé aux démissions, les sages du royaume ont défilé au Belvédère, un ex-premier ministre a formé d’urgence un gouvernement intérimaire pour stopper le compteur de la crise, un « octopus », réunissant l’ensemble des partis démocratiques, a été convoqué pour réfléchir…et pourtant cette négociation communautaire ne semble pas avoir progressé d’un pouce depuis le lendemain des élections.

 

Aujourd’hui, les nœuds à trancher sont désormais connus de tous, ils ont été disséqués dans les médias par tous les acteurs, experts et autres commentateurs.  Avant le 15 juillet, présentée dans l’accord de gouvernement de Leterme I comme la date ultime pour trouver un compromis communautaire acceptable par tous, il nous a semblé intéressant de consulter la population et de lui demander de se prononcer sur ces questions.  Notre site «www.jevotepourlabelgique.be » « www.ikstemvoorbelgie.be » sera mis en ligne à la date anniversaire des dernières élections fédérales ce 10 juin et nous prévoyons de rendre public les résultats de cette consultation le 7 juillet 2008, en temps utiles pour que ceux-ci puissent être exploités politiquement.

 

Cet exercice de démocratie directe n’a évidemment pas pour but de se substituer aux politiques, démocratiquement élus, dans l’exercice de leurs responsabilités : nous le voyons plutôt comme un outil d’aide à la décision mis à leur disposition.  Et ils en ont apparemment besoin !!!  Internet par sa rapidité et en raison du coût limité de mise en œuvre, permet aujourd’hui à de telles initiatives de voir le jour.  Nous sommes convaincus qu’il s’agit d’une tendance qui prendra de plus en plus d’importance au fil du temps et révolutionnera à terme la manière de faire de la politique. 

 

Elle fait suite à d’autres initiatives telles que l’appel à l’unité de la Belgique par Marie Claire Houwart ou la mobilisation lancée sur internet pour « Liège, capitale européenne de la culture 2015 ».  Nous nous distinguons cependant de ces démarches dans le sens où nous ne sollicitons pas une adhésion à un projet.  Nous organisons simplement la prise de parole des citoyens en visant la plus parfaite neutralité.  Nous permettrons dans notre questionnaire à tous les points de vue de s’exprimer : depuis celui des séparatistes jusqu’à celui des partisans d’un retour à la Belgique unitaire.

 

Ce projet est porté par deux citoyens acteurs de l’internet belge, professionnellement actifs sur ce média depuis de nombreuses années et blogueurs impénitents.  Nous sommes aussi marqués politiquement : à gauche pour Alain Mbange et au MR pour Philip Hermann.  Forts de cette expérience et de notre connaissance de ce média, nous nous sommes fixés l’objectif de récolter plusieurs dizaines de milliers de réponses à notre questionnaire.

 

Notre site «  www.jevotepourlabelgique.be » « www.ikstemvoorbelgie.be »  sera dès l’origine disponible dans les deux principales langues de notre pays et fera l’objet d’une campagne de presse (online et offline) des deux côtés de la frontière linguistique.  Nous comptons sur votre collaboration pour nous aider à nous faire connaître et sommes évidemment à votre disposition pour tout complément d’information.

21:17 Écrit par Philip Hermann dans Général | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : consultation, sondage, bhv, reforme de l etat, leterme |  Facebook |

17/05/2008

L'autisme de la Flandre

Depuis quelques mois, les délégations internationales se succèdent en Flandre pour y mener des enquêtes sur les politiques qui y sont appliquées.  Les avis négatifs succèdent aux avis négatifs par les organisations internationales.  Plus récemment la presse internationale s’est fait l’écho de ces problèmes.

 

  • Wooncode : J’ai déjà évoqué sur ce blog, les problèmes posés par ce Wooncode.  Marino Keulen, qui parle pourtant bien le français, refuse à présent de répondre aux interviews dans une autre langue que le néerlandais, notamment à la demande formulée par Jean Quatremer, journaliste à Libération.  Ce « Wooncode » a également été très défavorablement jugé par la Commission Européenne et par le comité des Nations Unies pour l’élimination de la discrimination raciale.
  • Assurance dépendance, réservée aux seuls flamands : La Cour de Justice Européenne a récemment  recalé la mise en œuvre de cette législation au motif que ce dispositif entraverait la libre circulation des travailleurs en Belgique.
  • Interdiction de fréquentation de la plaine de jeu aux enfants francophones à Liedekerke : cette mesure, heureusement abrogée depuis, interdisait aux enfants, dont la connaissance du néerlandais aurait été insuffisante, de fréquenter la plaine de jeu de Liedekerke.  Les motifs invoqués étaient de type sécuritaires.  Les animateurs de cette plaine de jeu n’auraient pu assurer la sécurité de ces enfants.  Les autorités de la commune de Liedekerke ne sont pas découragées par un avis défavorable, émis par Marino Keulen et compte bien persévérer dans la mise en œuvre de cette disposition.  Le bourgmestre empêché de Liedekerke n’est autre qu’Etienne Schouppe, le controversé ancien patron de la SNCB, éphémère président du CD&V et actuel non moins controversé Secrétaire d’état Fédéral de la Mobilité, en raison de son approche du dossier nuisances sonores de l’aéroport de Zaventem, très défavorable aux intérêts des Bruxellois et particulièrement favorable aux habitants de Liedekerke.
  • Obligation de justifier d’une connaissance du néerlandais pour acquérir un terrain à Zaventem.  La commune de Zaventem réserverait la vente de ses terrains aux seules personnes pouvant justifier d’une connaissance du néerlandais.
  • Obligation pour les parents d’élèves inscrits dans l’enseignement néerlandophone de justifier d’un niveau de connaissance suffisant de la langue néerlandaise : depuis quelques années, de nombreux parents francophones, soucieux de permettre à leurs enfants d’acquérir un véritable bilinguisme néerlandais/français, inscrivent leurs enfants dans le réseau néerlandophone.  Le gouvernement flamand veut limiter cette tendance en exigeant de ces parents, qu’on ne peut pourtant pas soupçonner d’a priori négatif vis-à-vis de leur langue, de justifier d’un certain niveau de connaissance du néerlandais.
  • Interdiction d’affichage dans une autre langue que le néerlandais.  Dans les communes de la périphérie, il serait désormais interdit d’afficher dans une autre langue que la langue néerlandaise, même l’anglais serait désormais proscrit notamment pour les annonces immobilières.
  • Nomination des bourgmestres de la périphérie : Depuis les élections d’octobre 2006, les bourgmestres de trois communes à facilités de la périphérie, pourtant largement élus à l’issue de ce scrutin, se voient refuser cette nomination par le même Marino Keulen.  Il justifie ce déni de démocratie par les infractions commises par ces bourgmestres aux « Taalwetgeving » (législations linguistiques) qui sont d’application sur l’ensemble du territoire flamand : notamment en matière d’emploi des langues lors des réunions des conseils communaux de ces communes (il est cependant explicitement prévu que dans les communes à facilités, les conseillers communaux peuvent s’exprimer dans la langue de leur choix pour leurs interventions) et aussi du fait que ces bourgmestres ont préféré convoquer leurs électeurs au vote dans leur langue, plutôt que d’attendre que ceux-ci fassent spécifiquement la demande de recevoir leurs convocations dans une autre langue que le néerlandais en infraction avec les très controversées circulaires Peters. 

 

Une délégation du Conseil de l’Europe menée par Michel Guégan, vient de rendre un avis très négatif sur cette décision du gouvernement régional flamand.  L’ensemble des instances internationales recommande d’ailleurs à la Flandre de ratifier d’urgence la convention-cadre sur la protection des minorités linguistiques, décidée par ce même Conseil de l’Europe, dont la Belgique est membre fondateur d’ailleurs.

 

 

Le très sérieux New York Times n’hésite plus à évoquer ces problèmes linguistiques belgo-belges en première page.  L’article a également été repris dans l’édition de ce jeudi de l’ International Herald Tribune, la voix de l’Amérique à l’international.  Celui-ci affirme même que la Flandre est désormais contaminée par une sorte de fascisme non violent.

 

La seule réponse, apportée jusqu’à présent par le gouvernement flamand, se limite à l’invocation d’un complot par les francophones, à une mauvaise information des organismes internationaux et de la presse étrangère de la législation linguistique.  Ceux-ci ont pourtant pris la peine de mener l’enquête et d’auditionner les principaux protagonistes de ces différents dossiers.  Marino Keulen estime nécessaire de recruter un porte-parole à plein temps de la communauté flamande, de renforcer la communication de son gouvernement à destination de l’étranger.

 

Ne serait-il pas temps plutôt qu’il s’interroge sur le bien fondé de toutes ces mesures, qui ne peuvent se comprendre que par l’existence d’un contexte historique et politique chargé et par un désir de revanche de la population flamande vis-à-vis d’une domination réelle ou supposée par l’intelligentsia francophone ?  La justification habituelle des pouvoirs politiques flamands, arguant du respect du processus démocratique lors de l’élaboration de ces différentes mesures, ne tient pas : chacun sait que la démocratie n’est pas un rempart infranchissable contre les dérives totalitaires…Adolf Hitler n’avait-il pas été démocratiquement porté au pouvoir par le peuple Allemand ?  Il est de plus en plus clair que le populisme du Vlaamse Belang a aujourd’hui contaminé l’ensemble de la classe politique flamande, au point de la rendre autiste face au désaveu de la communauté internationale et de ses médias ?

 

Yves Leterme ne semble quant à lui pas savoir répondre aux interrogations qui se font jour dans la communauté internationale…

09/05/2008

Yves Leterme est seul…

Hier au cours d’une séance plénière de la chambre, Yves Leterme n’a pas pu convaincre son propre groupe parlementaire de s’abstenir de voter l’inscription de la « scission » de BHV à l’agenda de la chambre.  Servais Verherstraeten, chef de groupe CD&V/N-VA, ne se sent pas tenu par les engagements contenus dans l’accord de gouvernement porté par le premier ministre CD&V.  Il a préféré proposer ce vote à ses collègues plutôt que de soutenir son chef de file au gouvernement.

 parlement

Cette attitude est pour le moins paradoxale.  N’est-il pas schizophrénique de prétendre dans un accord de gouvernement que BHV fera l’objet d’une négociation et sera solutionné par un compromis au sein de ce gouvernement et d’autre part de voir son chef de groupe à la chambre s’engager sur la voie d’un passage en force hostile, par ailleurs purement théorique,  par la voie d’un vote communauté contre communauté ? 

 

Durant la campagne électorale, le candidat Leterme a prétendu que solutionner BHV ne demanderait que « Vijf minuten politieke moed » (cinq minutes de courage politique), c’est de ce courage dont notre premier ministre a pourtant singulièrement manqué.  Nous attendions de lui qu’il ait le courage de faire taire ceux qui dans son parti, l’encourageaient à s’engager dans la voie sans issue d’un vote  guerrier et sans concession.  Nous attendions de lui qu’il défende la voie de la négociation, qu’il démontre l’inanité de toute tentative de passer en force.  Nous attendions de lui qu’il formule des propositions équilibrées, qui profitent aux citoyens des deux communautés, pour sortir enfin par le haut de cet épineux dossier.  Nous attendions de lui qu’il défende les intérêts des Belges, qui se soucient dans leur immense majorité comme d’une guigne de ces questions politico-politiciennes.

 

Il a capitulé devant les vociférations des gueulards de son propre parti, et celles de ses partenaires de cartel N-VA.  Il a capitulé devant la pression à laquelle ces derniers sont soumis par le mouvement nationaliste flamand, par la liste De Decker et par le Vlaamse Belang.  Il a capitulé en faisant passer les intérêts particuliers des plus extrémistes de son parti, la peur de se dédire de promesses électorales insensées et intenables, devant l’intérêt du pays et de ses habitants.  « Die man kan het niet !!! »  (Cet homme n’y arrive pas)  titrait récemment Luc VanderKelen, éditorialiste au “Laatste Nieuws”.

 

Impossible pourtant de taire le terrifiant silence voire même parfois la dangereuse complaisance des intellectuels et analystes flamands…  C’était et cela reste leur rôle d’expliquer que la démocratie est la forme de gouvernement, qui impose le débat public et le compromis sur la force, qui oblige à convaincre plutôt qu’à contraindre, qui protège les intérêts des minorités contre les dérives des majorités.  C’est l’essence même de cette démocratie, qui vient d’être bafouée par ce vote communauté contre communauté. 

 

Le Vlaamse Belang ne veut pas de cette démocratie, le fait était connu et établi depuis longtemps et déjà du temps du Vlaamse Blok.  Aujourd’hui, nous devons constater que son populisme et ses simplismes  ont essaimé jusque dans les partis flamands à vocation gouvernementale.  Cet idéalisme jusqu’à l’absurde est une défaite de l’intelligence qui doit en rappeler d’autres à tous les démocrates.

800 000 voix ne semble pas une garantie suffisante contre la solitude.  Cool
 

Pour suivre les débats à la chambre ou revoir ceux qui s'y sont déroulés hier:

http://www.lachambre.be/streaming/getPage.asp?language=fr

 

Les réactions politiques sur Ciel Radio accessible sur le site de « La Libre »:   

Didier Reynders, président du MR

Laurette Onkelinx, Vice-première ministre PS

Melchior Wathelet, secrétaire d'état cdH

Jean Michel Javaux, co-président Ecolo

Les réactions politiques sur RTL

Didier Reynders, président MR

Joëlle Milquet, présidente du cdH

Isabelle Durant, co-présidente Ecolo

 

03/05/2008

Retour aux urnes pas défavorable aux francophones

Depuis quelques jours, le scénario d’un retour aux urnes prématuré n’est plus une hypothèse impossible.  Dans le Standaard du 29 avril, nous pouvions même lire que ce scénario profiterait largement aux francophones.  En effet, il est indispensable pour assurer la légitimité de nouvelles élections fédérales que le problème de BHV soit tranché.  C’est le conseil d’état qui l’exige même si il n’exige pas de scission à proprement parler : nous nous trouvons dès lors dans trois cas de figure :

 

  1. Retour à l’ancienne circonscription électorale, ce qui anéantirait du même coup tous les efforts flamands pour rendre cette scission inévitable et urgente.  Ce retour en arrière ne devrait d’ailleurs pas faire l’objet de négociation.
  2. Organiser des élections dans les conditions actuelles, le parlement nouvellement élu devra alors se prononcer pour valider celle-ci à posteriori.   Le risque est toutefois important que ces élections soient alors invalidées par des procédures menées en ce sens notamment par des partis nationalistes.
  3. Trouver une solution négociée pour la scission de l’arrondissement entre la chute de ce gouvernement et la date effective de nouvelles élections.

 

Il est très clair que la première solution semble la plus plausible, c’est en tout cas l’avis des auteurs (Steven Samyn et Isabel Albers) de cet article. 

 

D’un point de vue plus politique, il semble aujourd’hui qu’une négociation institutionnelle aussi importante que la réforme de l’état aujourd’hui exigée par les flamands, pourra difficilement être menée aussi près de nouvelles échéances électorales régionales.  Ce n’est pas sain pour installer un climat de négociation serein.  Ces dernières heures, le cartel CD&V/N-VA d’Yves Leterme, rejette à nouveau toutes les possibilités de compromis proposées par les francophones : pas de circonscription fédérale, pas de nomination des bourgmestres, pas d’élargissement de Bruxelles…  Le moins que nous puissions dire,  c’est que cela rend la discussion difficile et que cela correspond à une radicalisation par rapport aux discussions qui avaient permis la formation du gouvernement Leterme I.

 

Si Leterme I devait tomber, ce gouvernement serait alors placé en affaires courantes.  Ce  n’est pas très différent de la situation actuelle puisqu’une tripartite interdit de fait tout projet socio-économique fort.  Il est probable que de nouvelles élections fédérales seraient alors couplées avec les élections régionales, prévues pour 2009.  Ce rendez-vous électoral exceptionnel permettrait alors aux électeurs de choisir pour de bon les acteurs des prochaines échéances communautaires et par la suite laisserait à ceux-ci le temps de négocier une réforme dans le calme et sans pression électorale.

 

D’un point de vue plus politicien, cela permettrait du côté francophone au CDH et à Ecolo d’acter leur progression dans les sondages et au MR de conforter sa position de premier parti francophone.  Du côté néerlandophone, cela permettrait au cartel CD&V/N-VA de se présenter uni au scrutin et sans laisser le temps à un hypothétique « Forza Flandria » (N-VA, LDD et Vlaamse Belang) de s’organiser.  Cela rendrait même possible un éclatement de ce cartel au lendemain du scrutin et le CD&V pourrait alors sans pression excessive négocier une réforme de l’état équilibrée.  Pour les autres partis traditionnels, tous perdant face au cartel dopé au nationalisme de la N-VA, cela leur permettrait sans doute de se refaire une santé en apportant la preuve que les slogans simplistes de la dernière campagne ne tenaient simplement pas la route.

 

Les prochaines heures seront sans doute déterminantes.

12:32 Écrit par Philip Hermann dans Crise formation | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : bhv, cd v, n-va, mr, ecolo, ps, cdh, reforme de l etat, elections |  Facebook |

30/04/2008

BHV : le chagrin des belges

La pièce de théâtre continue.  Après avoir connu un entracte de quelques semaines, le monde politique belge est de nouveau confronté à l’impasse BHV.  Le gouvernement Leterme I doit son existence à un accord de gouvernement actant que la scission de BHV ferait l’objet d’une négociation entre partenaires de gouvernement.  En effet la dernière tentative de formation d’un gouvernement « orange bleu » avait échoué après la claque infligée par l’ensemble des partis flamands à la communauté  francophone à l’occasion d’un vote en commission flamands contre francophones.

 Panneausignal

Dans notre pays la minorité francophones dispose d’un arsenal constitutionnel lui permettant de garantir que la majorité flamande ne pourra jamais utiliser sa majorité numérique (60% de la population) pour imposer des mesures contraires à l’intérêt des francophones : évocation de procédure en conflit d’intérêts par les régions, les communautés, sonnette d’alarme, majorité spéciale requise pour toute réforme constitutionnelle, etc.   In fine, les dossiers sensibles communautaires échouent sur la table du gouvernement et en cas de désaccords persistants, celui-ci doit remettre sa démission et le cas échéant, organiser de nouvelles élections.

 

Aujourd’hui, les partis francophones refusent unanimement d’activer de nouvelles procédures préventivement pour empêcher le dossier BHV de faire l’objet d’un vote à la chambre en séance plénière.  Ils rappellent qu’une solution négociée, prévue pour le 15 juillet, fait partie intégrante de l’accord qui a permis la formation de ce gouvernement.  La question est de savoir si notre nouveau premier ministre dispose de l’autorité suffisante auprès des députés de sa majorité et notamment de ses partenaires de cartel N-VA pour faire respecter l’accord pris par lui.

 

Cela ne semble pas être le cas : plusieurs députés N-VA mais aussi CD&V se sont clairement prononcés pour le vote de cette scission de BHV à la chambre au mépris des accords pris par leur chef de file.  Son gouvernement peut-il dans ces conditions poursuivre sa mission ?  Un gouvernement ne doit-il pas disposer de la confiance d’une majorité de députés à la chambre ?

 

Le problème est là et il est entier : plusieurs députés N-VA, ouvertement séparatistes, semblent avoir décidés de s’opposer à toute action de ce gouvernement.  Ils refusent notamment en commission d’accorder leur confiance aux notes de politique générale, présentés par les ministres francophones du gouvernement Leterme I.  Ces députés font-ils partie de la majorité ou de l’opposition ?  Leterme I dispose-t-il simplement d’une majorité ?

 

Une réponse à ces questions cruciales pour l’avenir du gouvernement Leterme I, doit être trouvée pour le 8 mai, probable date d’examen de BHV par les députés de la chambre.  Il semble déjà évident que scinder BHV nécessite plus que 5 minutes de courage politique, comme le candidat Yves Leterme le prétendait pendant la campagne électorale.  Nos compatriotes flamands doivent également se rendre compte que, malgré les slogans de campagne, il sera impossible parvenir à des solutions unilatérales sans l’accord des francophones.  Il faudra négocier…la démocratie, ce n’est pas la dictature de la majorité…Tout passage en force est voué à l’échec et ceux-là même qui alimentent les médias flamands en déclarations matamoresques, le savent pertinemment.  Du mauvais théâtre joué par des irresponsables alors que toute leur énergie devrait se consacrer à répondre aux préoccupations des gens.   Qu’ils sachent que ces derniers en ont marre.

17:19 Écrit par Philip Hermann dans Général | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : bhv, leterme, n-va, cd v |  Facebook |

08/11/2007

Sera-t-il encore possible de former un gouvernement orange bleue?

Même si les négociateurs de l'orange bleue semblent vouloir s'accorder le temps de la réflexion en évitant de tapageuses déclarations sur l'avenir d'Yves Leterme et de cette négociation, je ne crois pas qu'il sera possible de poursuivre cette négociation comme si de rien n'était.  L'indignation est grande, non seulement chez les politiques mais également dans la population francophone. 

Depuis quelques heures, il semble clair que le PS ne va pas manquer de tout faire pour reprendre une place dans la pièce de théatre, il exige un terme à cette négociation.  Comment ignorer ses appels, après l'explosion d'une telle bombe institutionnelle?  Il est quasi certain qu'il ne manquera pas de torpiller autant que faire se peut, une coalition qui laisse pour la première fois depuis longtemps, son parti à l'écart.  Au passage, il me semble qu'il devrait arrêter de se gargariser des vingt ans de paix linguistique, dont il semble s'enorgueillir.  Ce qui s'est passé hier, est sans aucun doute le résultat d'une radicalisation des politiques flamands suite au déficit de gestion de l'économie francophone...même si cela n'excuse rien.

Du côté flamand, on fait mine de croire que tout ceci ne portera pas à conséquences.  Pour Jo Vandeurzen, Yves Leterme peut continuer comme formateur et il n'est même pas prêt à revoir les revendications communautaires de son parti à la baisse.  En gros, il ne se serait presque rien passé. 

C'est pourtant à un coup de force historique que nous avons assisté ce 7 novembre 2007.  La négation même de la démocratie.  Car que les choses soient claires, la démocratie, ce n'est pas la prise de pouvoir d'une communauté démographiquement plus importante sur une autre communauté, qui devrait se soumettre.  En Belgique, les problèmes jusqu'à hier, se sont toujours réglés par la concertation.  En franchissant ce rubicon, la classe politique flamande a rompu le lien qui unissait tous les belges. 

Après celui-ci, nous pouvons légitimement nous interroger sur le fait de savoir si nous vivons encore en démocratie en tant que francophone?  S'il semble impossible de résister au poids démographique flamand, il s'agit alors d'entrer en résistance.  Rien de moins. 

 

14:45 Écrit par Philip Hermann dans Général | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : bhv, leterme, di rupo |  Facebook |

06/09/2007

Une spirale positive

Une spirale Positive

Depuis l'interruption des négociations par le formateur, Yves Leterme, nous assistons à une spirale de la négativité.  Au départ, seule Madame Milquet, semblait dire non à tout et maintenant nous entendons plus que des "nons" de toute part.  

  • Le CD'N V/NVA dit "non" à toute formation de gouvernement qui n'impliquerait pas de grandes réformes institutionnelles.

  • Ils ont aussi dit non à la désignation d'un duo de "démineurs", De Croo, Langhendries.

  • Le CDH dit non à toute réforme institutionnelle, exigeant une majorité des deux-tiers.

  • Ecolo dit non à la NVA, à tout ce qui a été négocié jusqu'ici...et conditionne son entrée à celle de Groen.

  • L' open VLD dit non aux contre-revendications des francophones devant le "cadre" de négociation proposé par les négociateur flamands.

  • Le PS semble quant à lui se réjouir de l'impossibilité de former une orange bleue.

Après presque 90 jours de négociation pour former un gouvernement, il me semble important pour sortir de cette crise, d'inverser la tendance.

Quels sont les points d'accord?

  • Les partis flamands veulent plus de "goed bestuur", ça tombe bien les électeurs du MR aussi.  Didier Reynders, qui a fait campagne sur ce thème, notamment à Charleroi, doit en partie sa victoire au ras-le-bol des électeurs face à la multiplication des scandales.  Cependant, j'ai beau consulter tous mes dictionnaires NLS-Français...  et dans aucun de ceux-ci, "goed bestuur" ne se traduit par REFORMES DE L' ETAT (Staatshervorming) comme semble le prétendre les négociateurs flamands.  Goed Bestuur, cela correspond plutôt à la mise en place de règles de "bonne gouvernance" permettant de lutter contre les abus et les dérives.  J'aimerais qu'on m'explique comment un simple transfert de compétence vers les entités fédérées permettrait de parvenir à ce résultat!!!  N'existe-t-il pas d'autres moyens, notamment législatifs, par exemple en renforçant les sanctions visant ceux qui commettent ces dérives, qui permettraient de répondre efficacement à ce légitime souhait de la population tant au Nord qu'au Sud du pays???  Jusqu'à preuve du contraire, la justice reste bien une compétence fédérale, c'est à ce niveau que nos négociateurs pourraient prendre les mesures les plus efficaces.

  • Pour faire face aux défis de la mondialisation et de la compétition entre régions dans un monde globalisé, il est utile d'envisager une nouvelle réforme de la fiscalité et notamment celles concernant les entreprises.  De l'avis de tous les spécialistes et notamment des premiers concernés la FEB, les intérêts notionnels et la baisse de l'impôt des sociétés ont permis de rendre notre pays plus attractifs pour des investisseurs étrangers.  Pour quelle raison étrange, faudrait-il aujourd'hui traiter ces questions au niveau régional???  La tendance n'est-elle pas d'ailleurs d'harmoniser ces législations au niveau européen???  Comment prétendre que la Belgique, ses entreprises et ses habitants se trouverait mieux si ces matières étaient régionalisées?  Sauf bien entendu si l'objectif est de permettre une compétition malsaine entre régions d'un pays déjà si petit?  Comment des francophones raisonnables pourraient-ils croire qu'un tel transfert de compétences, permettrait d'améliorer la situation économique de la Wallonie?  Si le mandat des électeurs du Nord et du Sud, c'est de réduire les impots des sociétés pourquoi ne pas le faire au niveau fédéral actuel, comme cela a toujours été le cas?

  • La solidarité...  Bien des négociateurs flamands insistent sur la nécessité de transférer des compétences du fédéral vers les entités fédérées afin de répondre aux préoccupations sociales de leurs électeurs: ils évoquent les allocations familliales, les soins de santé, des mesures spécifiques pour le chômage, qui toucheraient spécifiquement les travailleurs âgés au Nord et les jeunes au Sud.  Selon eux, les différences entre le Nord et le Sud du pays seraient telles que seul un transfert de compétences aux entités fédérées permettrait de satisfaire les besoins spécifiques à chaque communauté.  A première vue, le raisonnement semble être de bon sens...à première vue seulement.  Dans le cas des allocations familliales, j'aimerais qu'ils m'expliquent pourquoi les parents flamands mériteraient plus ou auraient plus besoin d'une revalorisation de ces allocations familliales que les parents d'enfants francophones?  Dans le cas des soins de santé, j'aimerais qu'on m'explique en quoi les patients flamands et francophones sont tellement biologiquement différents qu'il faudrait que la décision de remboursement de leurs médicaments, soit régionalisée.  Un médicament, qui conviendrait à un patient flamand, deviendrait-il nocif pour un patient francophone.  Dans le même ordre d'idée, pourquoi ne pas réfédéraliser la médecine préventive?  Un vaccin ou un dépistage de cancer, sont-ils spécifiquement adaptés à une communauté linguistique?  Concernant le chômage, j'aimerais également que l'on m'explique en quoi une mesure qui serait bonne pour un chômeur agé au Nord deviendrait mauvaise ou inutile pour un chômeur âgé francophone, en quoi mettre en place des programmes d'activation de chômeurs spécifiques pour des jeunes sans formation au sud, seraient moins utile à un jeune sans formation du Nord?  Tout cela me laisse perplexe, sauf à considérer des raisons de politique bassement politicienne.  Par exemple, des allocations familliales revalorisées de 75€ seraient un élément de séduction important pour forcer des parents bruxellois francophones à changer d'identité linguistique!!!

  • Les préoccupations environnementales font aujourd'hui l'unanimité, comment ne pas comprendre que ce défi ne pourra se régler que s'il est traité de manière globale et certainement pas s'il est régionalisé. Quel est l'intérêt de faire varier la politique de subsidiation ou la mise en place de normes d'une entité fédérée à l'autre? Comment mettre en place une fiscalité incitative ou dissuasive efficace, si ce n'est au niveau fédéral, voire européen!!! La pollution reconnait-elle la frontière linguistique?

  • Que dire des revendications concernant la régionalisation des plaques minéralogiques ou concernant la sécurité routière. Cela permettra-t-il d'éviter des accidents, si une mesure est bonne d'un côté de la frontière linguistique, pourquoi serait-elle mauvaise de l'autre?

  • Dans le cas de la scission de BHV, j'aimerais que quelqu'un m'explique pourquoi il faut faire d'une question aussi élémentaire que le fait de recevoir l'information communale dans la langue de son choix ou le fait de pouvoir s'exprimer dans sa langue devant un tribunal (par exemple à l'occasion d'un divorce), nuirait gravement aux intérêts de nos compatriotes flamands...au point qu'il serait tout à fait impossible de former dans ces conditions un gouvernement qui réponde aux besoins et aux aspirations des gens.

Inverser la tendance actuelle de négativité, en transformant en objectifs positifs pour tous, les revendications qui semblent aujourd'hui ne pouvoir être réglées, en dépit de tout sens commun, que par des avancées communautaires, est possible. C'est cela que devrait viser à présent l'ensemble des négociateurs. La Belgique est le pays du surréalisme, comment s'en étonner au vu de ces pitoyables négociations !!!