25/09/2008

Fin de partie pour le cartel CD&V/N-VA


CDVNVA
Voilà c’est fait.  Dimanche, le congrès de la N-VA a retiré son soutien au gouvernement fédéral d’ Yves Leterme et aujourd’hui Geert Bourgeois vient d’être forcé à démissionner du gouvernement flamand.  Même s’il vaut mieux ne pas s’en réjouir déjà ouvertement…  la composante CD&V doit encore se réunir le prochain week-end et c’est ce congrès qui déterminera l’avenir de notre pays, c’est en effet à cette occasion que le « premier » parti de Flandre devra choisir de s’engager ou non sur la voie du séparatisme.

Comme l’on rappelé sur les plateaux dominicaux flamands avec beaucoup de courage, Caroline Gennez (présidente du Spa) et surtout Bart Somers (président de l’ Open VLD) notre pays ne pouvait plus se permettre d’être pris en otage par un parti nationaliste, qui place la séparation de notre pays comme un objectif plus important que celui de gouverner notre pays et faire face aux défis posés par la crise financière, le renchérissement du coût de l’énergie et ses conséquences sur le pouvoir d’achat de la population.

En rendant toute négociation institutionnelle impossible pendant 15 mois et en tenant à la gorge le CD&V en raison de ses intenables promesses électorales, la N-VA a de facto interdit pendant tout ce temps la conclusion d’une grande réforme de l’état.   Le CD&V a maintenant le choix de rejoindre la N-VA sur les bancs des séparatistes, où siègent déjà la Lijst De Decker et inévitablement le Vlaamse Belang ou de s’affirmer comme un parti de gouvernement et tenter d’engranger le plus rapidement possible, le plus d’accords possibles avec ses partenaires francophones afin de ne pas se présenter les mains vides devant les électeurs.

 bourgeois300

Si tel devait être le cas, il sera alors de la responsabilité des francophones d’aider le CD&V, dans la mesure du raisonnable évidemment, à conclure ces accords et à effectuer des arbitrages équilibrés.   Les nœuds à trancher sont aujourd’hui connus de tous, je vous invite, le cas échéant, pour vous les remettre en mémoire à consulter le site www.jevotepourlabelgique.be, que j’avais mis en ligne avec mon ami Alain Mbange à l’occasion de l’anniversaire des élections des élections du 10 juin 2007.  Yves Leterme aura ainsi la possibilité de justifier la confiance de 800 000 électeurs et de transformer ce qui apparaît aujourd’hui comme son échec personnel en succès. 

Ce dimanche, le CD&V et notre premier ministre auront le choix…entrer dans l’histoire de notre pays par la grande porte ou devenir à jamais les otages des séparatistes flamands (N-VA, LDD et Vlaamse Belang).  Par ses déclarations vendredi qui ne faisait que rappeler le point de vue de l’ensemble des négociateurs francophones, Didier Reynders a provoqué ce moment de vérité.  Il était temps !!!

05/09/2008

Le séparatisme...à l'usure!!!

Voici quelques semaines que je n'avais plus rédigé d'articles pour ce blog, comme beaucoup de Belges j'étais las...Las de répéter sans cesse la même chose, las de cette absence de négociation, las de ce premier ministre et surtout las de ce cartel CD&V/N-VA.

J'ai pris au mois d'août, quelques vacances à la montagne puis dans le sud de la France...dont je suis rentré reposé et en pleine forme.  Il est temps aujourd'hui de me remettre à ce blog, même si rien de véritablement neuf ne semble s'être produit durant cette longue absence.

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Avant ces quelques semaines de vacances, je n'avais pas pris la peine de commenter un énième ultimatum du cartel CD&V/N-VA...tellement la proposition me semblait grotesque après plus d'un an de crise, elle est aujourd'hui portée par le Ministre président Flamand et probable successeur de Leterme (étrangement absent de cette rentrée politique), Kris Peters.

Cette approche a au moins un mérite par rapport aux démarches initiées par Yves Leterme, c'est qu'elle délimite précisément le périmètre de négociation autorisé par la N-VA, qui dicte maintenant de manière claire l'agenda  de son partenaire CD&V.  Cet agenda est et a toujours été celui de la séparation de notre pays, car il ne saurait manifestement plus être question de négociation pour plus de « goed bestuur » ou de réformes institutionnelles voire de confédéralisme!  Tous les sujets, qui devraient précisément faire l'objet  de cette négociation (BHV, statut et limite de Bruxelles, etc.) sont désormais décidés par le seul cartel et simplement posés comme préalables à toute ouverture de discussion.

Tout ceci a désormais un côté dérisoire, surréaliste.  C'est évidemment l'unique objectif de la N-VA, qui est depuis l'origine et très ouvertement un parti séparatiste.  Il apparaît aujourd'hui que le premier parti de Flandre (CD&V) ne peut plus ne pas l'être, malgré les dénégations, sans doute de façade, de sa nouvelle présidente et de quelques ténors aujourd'hui discrédités...qui n'ont peut-être pas encore compris la nature du piège qui est en train de se refermer.  La seule négociation que la N-VA semble pouvoir tolérer, c'est celle qu'il mène avec son partenaire de cartel CD&V pour le forcer à devenir séparatiste.

Réussir ce tour de force alors qu'une étude de la KUL prétend que seul 10% de la population flamande est véritablement séparatiste et que ce nombre ne connaît pas d’évolution, est un exploit.  En refusant de négocier pendant de longs mois, certains francophones ont contribué au succès de la manœuvre -sans doute malgré eux et pour des raisons probablement peu avouables et totalement étrangères à ce débat- mais dans les faits, cela n'a plus que peu d'importance. :-)

Dans ce contexte et sauf improbable revirement de situation, il me semble évidemment impossible d'éviter aujourd'hui un retour aux urnes...  Dans une démocratie, le dernier mot revient toujours au peuple...  Il ne s'agit plus aujourd'hui que de trouver l'occasion, tenter de désigner un coupable et se représenter devant les électeurs pour exiger un mandat clair afin de réaliser cette séparation ou pas.

A tous ceux qui ne souhaitent pas en arriver là, de se mobiliser pour faire entendre leurs voix.  A tous les experts, témoins, médias de prendre leurs responsabilités afin d'expliquer les difficultés, les risques et le peu d'intérêt d'une telle séparation ou pas.  Ce blog continuera plus que jamais à prendre sa part.  ;-) Enfin à tous les politiques de mener campagne, non pas seulement pour être élu voire pour réaliser un programme socio-économique mais également par rapport à cette question !!!

 

15/07/2008

Reynders: premier ministre!!!

Ce n’est pas une victoire, il n’y a aucune raison de s’en réjouir, il est impossible de croire qu’il s’agira d’une sinécure mais c’est aujourd’hui une nécessité : Didier Reynders doit prendre la tête du gouvernement fédéral et tenter de sauver l’accord socio-économique conclu ce week-end.

 

La population ne peut pas être prise en otage plus longtemps par les excités nationalistes : un gouvernement fédéral doit prendre ses responsabilités et gérer notre pays et les délicates questions posées pour le pouvoir d’achat par le regain de l’inflation, la crise financière et le renchérissement du coût de l’énergie.  Il serait suicidaire de laisser s’installer une vacuité du pouvoir comme lors des précédentes tensions communautaires dans les années 80.  Nous devons nous souvenir de la crise économique qui en avait résulté et de l’incroyable endettement public, que nous payons encore actuellement.

 

La crise communautaire, qui paralyse notre pays depuis ces dernières élections, ne pourra certainement pas être réglée avant le prochain scrutin électoral alors que cette campagne électorale, importantissime, va débuter dès la rentrée politique de septembre.  En refusant de donner au gouvernement Leterme I la chance de prolonger ces discussions difficiles, son cartel CD&V/N-VA a forcé la démission de ce dernier.  Ils sont les seuls responsables de cette crise.  Yves Leterme en préférant sauver son cartel plutôt que le pays et sa population, a sans doute signé définitivement son suicide politique.

 

Aujourd’hui, il faut d’urgence qu’émergent des politiques responsables, qui prennent le temps de réformer l’état belge en profondeur et règlent une bonne fois pour toute la scission de BHV, qui mettent en œuvre les décisions prises par Leterme I dans les matières socio-économiques et enfin qui organisent un scrutin d’envergure nationale à l’occasion des prochaines élections régionales : un gouvernement de salut public en somme.  Didier Reynders a, je le répète ici depuis assez longtemps, toutes les qualités pour réussir à mener cette équipe là.

Yves Leterme a démissionné

Je viens d’apprendre la nouvelle de source sûre sur Facebook (par mon ami Jean-luc Crucke, député fédéral MR), la nouvelle a ensuite été confirmée sur le blog de Mateusz Kukulka (journaliste à la Dernière Heure) : le politique show.

 

leterme200

 

Il n’est pas encore confirmé pour l’instant que cette démission ait été acceptée par le roi.

 

Quoiqu’il en soit, il est évident que cette démission, redoutée par l’ensemble du monde politique et surtout après l’accord obtenu sur les questions socio-économiques ce week-end, ouvre une crise de régime grave, dont personne ne peut à ce stade prévoir l’issue.

 

Il est plus que dommage que cette décision intervienne alors que l’urgence pour les gens ne se situe pas sur le plan communautaire.  L’inflation, la crise financière, le renchérissement de l’énergie, la baisse du pouvoir d’achat, voilà les vraies urgences que quelques excités communautaires ont tenu pour rien.  La population est aujourd’hui prise en otage : l’absence probable de gouvernement et la crise politique qui résultera de cette démission : est un véritable affront à la population !!!

00:19 Écrit par Philip Hermann dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : gouvernement, leterme, demission, communautaire, cd v, n-va, crise |  Facebook |

17/05/2008

L'autisme de la Flandre

Depuis quelques mois, les délégations internationales se succèdent en Flandre pour y mener des enquêtes sur les politiques qui y sont appliquées.  Les avis négatifs succèdent aux avis négatifs par les organisations internationales.  Plus récemment la presse internationale s’est fait l’écho de ces problèmes.

 

  • Wooncode : J’ai déjà évoqué sur ce blog, les problèmes posés par ce Wooncode.  Marino Keulen, qui parle pourtant bien le français, refuse à présent de répondre aux interviews dans une autre langue que le néerlandais, notamment à la demande formulée par Jean Quatremer, journaliste à Libération.  Ce « Wooncode » a également été très défavorablement jugé par la Commission Européenne et par le comité des Nations Unies pour l’élimination de la discrimination raciale.
  • Assurance dépendance, réservée aux seuls flamands : La Cour de Justice Européenne a récemment  recalé la mise en œuvre de cette législation au motif que ce dispositif entraverait la libre circulation des travailleurs en Belgique.
  • Interdiction de fréquentation de la plaine de jeu aux enfants francophones à Liedekerke : cette mesure, heureusement abrogée depuis, interdisait aux enfants, dont la connaissance du néerlandais aurait été insuffisante, de fréquenter la plaine de jeu de Liedekerke.  Les motifs invoqués étaient de type sécuritaires.  Les animateurs de cette plaine de jeu n’auraient pu assurer la sécurité de ces enfants.  Les autorités de la commune de Liedekerke ne sont pas découragées par un avis défavorable, émis par Marino Keulen et compte bien persévérer dans la mise en œuvre de cette disposition.  Le bourgmestre empêché de Liedekerke n’est autre qu’Etienne Schouppe, le controversé ancien patron de la SNCB, éphémère président du CD&V et actuel non moins controversé Secrétaire d’état Fédéral de la Mobilité, en raison de son approche du dossier nuisances sonores de l’aéroport de Zaventem, très défavorable aux intérêts des Bruxellois et particulièrement favorable aux habitants de Liedekerke.
  • Obligation de justifier d’une connaissance du néerlandais pour acquérir un terrain à Zaventem.  La commune de Zaventem réserverait la vente de ses terrains aux seules personnes pouvant justifier d’une connaissance du néerlandais.
  • Obligation pour les parents d’élèves inscrits dans l’enseignement néerlandophone de justifier d’un niveau de connaissance suffisant de la langue néerlandaise : depuis quelques années, de nombreux parents francophones, soucieux de permettre à leurs enfants d’acquérir un véritable bilinguisme néerlandais/français, inscrivent leurs enfants dans le réseau néerlandophone.  Le gouvernement flamand veut limiter cette tendance en exigeant de ces parents, qu’on ne peut pourtant pas soupçonner d’a priori négatif vis-à-vis de leur langue, de justifier d’un certain niveau de connaissance du néerlandais.
  • Interdiction d’affichage dans une autre langue que le néerlandais.  Dans les communes de la périphérie, il serait désormais interdit d’afficher dans une autre langue que la langue néerlandaise, même l’anglais serait désormais proscrit notamment pour les annonces immobilières.
  • Nomination des bourgmestres de la périphérie : Depuis les élections d’octobre 2006, les bourgmestres de trois communes à facilités de la périphérie, pourtant largement élus à l’issue de ce scrutin, se voient refuser cette nomination par le même Marino Keulen.  Il justifie ce déni de démocratie par les infractions commises par ces bourgmestres aux « Taalwetgeving » (législations linguistiques) qui sont d’application sur l’ensemble du territoire flamand : notamment en matière d’emploi des langues lors des réunions des conseils communaux de ces communes (il est cependant explicitement prévu que dans les communes à facilités, les conseillers communaux peuvent s’exprimer dans la langue de leur choix pour leurs interventions) et aussi du fait que ces bourgmestres ont préféré convoquer leurs électeurs au vote dans leur langue, plutôt que d’attendre que ceux-ci fassent spécifiquement la demande de recevoir leurs convocations dans une autre langue que le néerlandais en infraction avec les très controversées circulaires Peters. 

 

Une délégation du Conseil de l’Europe menée par Michel Guégan, vient de rendre un avis très négatif sur cette décision du gouvernement régional flamand.  L’ensemble des instances internationales recommande d’ailleurs à la Flandre de ratifier d’urgence la convention-cadre sur la protection des minorités linguistiques, décidée par ce même Conseil de l’Europe, dont la Belgique est membre fondateur d’ailleurs.

 

 

Le très sérieux New York Times n’hésite plus à évoquer ces problèmes linguistiques belgo-belges en première page.  L’article a également été repris dans l’édition de ce jeudi de l’ International Herald Tribune, la voix de l’Amérique à l’international.  Celui-ci affirme même que la Flandre est désormais contaminée par une sorte de fascisme non violent.

 

La seule réponse, apportée jusqu’à présent par le gouvernement flamand, se limite à l’invocation d’un complot par les francophones, à une mauvaise information des organismes internationaux et de la presse étrangère de la législation linguistique.  Ceux-ci ont pourtant pris la peine de mener l’enquête et d’auditionner les principaux protagonistes de ces différents dossiers.  Marino Keulen estime nécessaire de recruter un porte-parole à plein temps de la communauté flamande, de renforcer la communication de son gouvernement à destination de l’étranger.

 

Ne serait-il pas temps plutôt qu’il s’interroge sur le bien fondé de toutes ces mesures, qui ne peuvent se comprendre que par l’existence d’un contexte historique et politique chargé et par un désir de revanche de la population flamande vis-à-vis d’une domination réelle ou supposée par l’intelligentsia francophone ?  La justification habituelle des pouvoirs politiques flamands, arguant du respect du processus démocratique lors de l’élaboration de ces différentes mesures, ne tient pas : chacun sait que la démocratie n’est pas un rempart infranchissable contre les dérives totalitaires…Adolf Hitler n’avait-il pas été démocratiquement porté au pouvoir par le peuple Allemand ?  Il est de plus en plus clair que le populisme du Vlaamse Belang a aujourd’hui contaminé l’ensemble de la classe politique flamande, au point de la rendre autiste face au désaveu de la communauté internationale et de ses médias ?

 

Yves Leterme ne semble quant à lui pas savoir répondre aux interrogations qui se font jour dans la communauté internationale…

09/05/2008

Yves Leterme est seul…

Hier au cours d’une séance plénière de la chambre, Yves Leterme n’a pas pu convaincre son propre groupe parlementaire de s’abstenir de voter l’inscription de la « scission » de BHV à l’agenda de la chambre.  Servais Verherstraeten, chef de groupe CD&V/N-VA, ne se sent pas tenu par les engagements contenus dans l’accord de gouvernement porté par le premier ministre CD&V.  Il a préféré proposer ce vote à ses collègues plutôt que de soutenir son chef de file au gouvernement.

 parlement

Cette attitude est pour le moins paradoxale.  N’est-il pas schizophrénique de prétendre dans un accord de gouvernement que BHV fera l’objet d’une négociation et sera solutionné par un compromis au sein de ce gouvernement et d’autre part de voir son chef de groupe à la chambre s’engager sur la voie d’un passage en force hostile, par ailleurs purement théorique,  par la voie d’un vote communauté contre communauté ? 

 

Durant la campagne électorale, le candidat Leterme a prétendu que solutionner BHV ne demanderait que « Vijf minuten politieke moed » (cinq minutes de courage politique), c’est de ce courage dont notre premier ministre a pourtant singulièrement manqué.  Nous attendions de lui qu’il ait le courage de faire taire ceux qui dans son parti, l’encourageaient à s’engager dans la voie sans issue d’un vote  guerrier et sans concession.  Nous attendions de lui qu’il défende la voie de la négociation, qu’il démontre l’inanité de toute tentative de passer en force.  Nous attendions de lui qu’il formule des propositions équilibrées, qui profitent aux citoyens des deux communautés, pour sortir enfin par le haut de cet épineux dossier.  Nous attendions de lui qu’il défende les intérêts des Belges, qui se soucient dans leur immense majorité comme d’une guigne de ces questions politico-politiciennes.

 

Il a capitulé devant les vociférations des gueulards de son propre parti, et celles de ses partenaires de cartel N-VA.  Il a capitulé devant la pression à laquelle ces derniers sont soumis par le mouvement nationaliste flamand, par la liste De Decker et par le Vlaamse Belang.  Il a capitulé en faisant passer les intérêts particuliers des plus extrémistes de son parti, la peur de se dédire de promesses électorales insensées et intenables, devant l’intérêt du pays et de ses habitants.  « Die man kan het niet !!! »  (Cet homme n’y arrive pas)  titrait récemment Luc VanderKelen, éditorialiste au “Laatste Nieuws”.

 

Impossible pourtant de taire le terrifiant silence voire même parfois la dangereuse complaisance des intellectuels et analystes flamands…  C’était et cela reste leur rôle d’expliquer que la démocratie est la forme de gouvernement, qui impose le débat public et le compromis sur la force, qui oblige à convaincre plutôt qu’à contraindre, qui protège les intérêts des minorités contre les dérives des majorités.  C’est l’essence même de cette démocratie, qui vient d’être bafouée par ce vote communauté contre communauté. 

 

Le Vlaamse Belang ne veut pas de cette démocratie, le fait était connu et établi depuis longtemps et déjà du temps du Vlaamse Blok.  Aujourd’hui, nous devons constater que son populisme et ses simplismes  ont essaimé jusque dans les partis flamands à vocation gouvernementale.  Cet idéalisme jusqu’à l’absurde est une défaite de l’intelligence qui doit en rappeler d’autres à tous les démocrates.

800 000 voix ne semble pas une garantie suffisante contre la solitude.  Cool
 

Pour suivre les débats à la chambre ou revoir ceux qui s'y sont déroulés hier:

http://www.lachambre.be/streaming/getPage.asp?language=fr

 

Les réactions politiques sur Ciel Radio accessible sur le site de « La Libre »:   

Didier Reynders, président du MR

Laurette Onkelinx, Vice-première ministre PS

Melchior Wathelet, secrétaire d'état cdH

Jean Michel Javaux, co-président Ecolo

Les réactions politiques sur RTL

Didier Reynders, président MR

Joëlle Milquet, présidente du cdH

Isabelle Durant, co-présidente Ecolo

 

03/05/2008

Retour aux urnes pas défavorable aux francophones

Depuis quelques jours, le scénario d’un retour aux urnes prématuré n’est plus une hypothèse impossible.  Dans le Standaard du 29 avril, nous pouvions même lire que ce scénario profiterait largement aux francophones.  En effet, il est indispensable pour assurer la légitimité de nouvelles élections fédérales que le problème de BHV soit tranché.  C’est le conseil d’état qui l’exige même si il n’exige pas de scission à proprement parler : nous nous trouvons dès lors dans trois cas de figure :

 

  1. Retour à l’ancienne circonscription électorale, ce qui anéantirait du même coup tous les efforts flamands pour rendre cette scission inévitable et urgente.  Ce retour en arrière ne devrait d’ailleurs pas faire l’objet de négociation.
  2. Organiser des élections dans les conditions actuelles, le parlement nouvellement élu devra alors se prononcer pour valider celle-ci à posteriori.   Le risque est toutefois important que ces élections soient alors invalidées par des procédures menées en ce sens notamment par des partis nationalistes.
  3. Trouver une solution négociée pour la scission de l’arrondissement entre la chute de ce gouvernement et la date effective de nouvelles élections.

 

Il est très clair que la première solution semble la plus plausible, c’est en tout cas l’avis des auteurs (Steven Samyn et Isabel Albers) de cet article. 

 

D’un point de vue plus politique, il semble aujourd’hui qu’une négociation institutionnelle aussi importante que la réforme de l’état aujourd’hui exigée par les flamands, pourra difficilement être menée aussi près de nouvelles échéances électorales régionales.  Ce n’est pas sain pour installer un climat de négociation serein.  Ces dernières heures, le cartel CD&V/N-VA d’Yves Leterme, rejette à nouveau toutes les possibilités de compromis proposées par les francophones : pas de circonscription fédérale, pas de nomination des bourgmestres, pas d’élargissement de Bruxelles…  Le moins que nous puissions dire,  c’est que cela rend la discussion difficile et que cela correspond à une radicalisation par rapport aux discussions qui avaient permis la formation du gouvernement Leterme I.

 

Si Leterme I devait tomber, ce gouvernement serait alors placé en affaires courantes.  Ce  n’est pas très différent de la situation actuelle puisqu’une tripartite interdit de fait tout projet socio-économique fort.  Il est probable que de nouvelles élections fédérales seraient alors couplées avec les élections régionales, prévues pour 2009.  Ce rendez-vous électoral exceptionnel permettrait alors aux électeurs de choisir pour de bon les acteurs des prochaines échéances communautaires et par la suite laisserait à ceux-ci le temps de négocier une réforme dans le calme et sans pression électorale.

 

D’un point de vue plus politicien, cela permettrait du côté francophone au CDH et à Ecolo d’acter leur progression dans les sondages et au MR de conforter sa position de premier parti francophone.  Du côté néerlandophone, cela permettrait au cartel CD&V/N-VA de se présenter uni au scrutin et sans laisser le temps à un hypothétique « Forza Flandria » (N-VA, LDD et Vlaamse Belang) de s’organiser.  Cela rendrait même possible un éclatement de ce cartel au lendemain du scrutin et le CD&V pourrait alors sans pression excessive négocier une réforme de l’état équilibrée.  Pour les autres partis traditionnels, tous perdant face au cartel dopé au nationalisme de la N-VA, cela leur permettrait sans doute de se refaire une santé en apportant la preuve que les slogans simplistes de la dernière campagne ne tenaient simplement pas la route.

 

Les prochaines heures seront sans doute déterminantes.

12:32 Écrit par Philip Hermann dans Crise formation | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : bhv, cd v, n-va, mr, ecolo, ps, cdh, reforme de l etat, elections |  Facebook |

30/04/2008

BHV : le chagrin des belges

La pièce de théâtre continue.  Après avoir connu un entracte de quelques semaines, le monde politique belge est de nouveau confronté à l’impasse BHV.  Le gouvernement Leterme I doit son existence à un accord de gouvernement actant que la scission de BHV ferait l’objet d’une négociation entre partenaires de gouvernement.  En effet la dernière tentative de formation d’un gouvernement « orange bleu » avait échoué après la claque infligée par l’ensemble des partis flamands à la communauté  francophone à l’occasion d’un vote en commission flamands contre francophones.

 Panneausignal

Dans notre pays la minorité francophones dispose d’un arsenal constitutionnel lui permettant de garantir que la majorité flamande ne pourra jamais utiliser sa majorité numérique (60% de la population) pour imposer des mesures contraires à l’intérêt des francophones : évocation de procédure en conflit d’intérêts par les régions, les communautés, sonnette d’alarme, majorité spéciale requise pour toute réforme constitutionnelle, etc.   In fine, les dossiers sensibles communautaires échouent sur la table du gouvernement et en cas de désaccords persistants, celui-ci doit remettre sa démission et le cas échéant, organiser de nouvelles élections.

 

Aujourd’hui, les partis francophones refusent unanimement d’activer de nouvelles procédures préventivement pour empêcher le dossier BHV de faire l’objet d’un vote à la chambre en séance plénière.  Ils rappellent qu’une solution négociée, prévue pour le 15 juillet, fait partie intégrante de l’accord qui a permis la formation de ce gouvernement.  La question est de savoir si notre nouveau premier ministre dispose de l’autorité suffisante auprès des députés de sa majorité et notamment de ses partenaires de cartel N-VA pour faire respecter l’accord pris par lui.

 

Cela ne semble pas être le cas : plusieurs députés N-VA mais aussi CD&V se sont clairement prononcés pour le vote de cette scission de BHV à la chambre au mépris des accords pris par leur chef de file.  Son gouvernement peut-il dans ces conditions poursuivre sa mission ?  Un gouvernement ne doit-il pas disposer de la confiance d’une majorité de députés à la chambre ?

 

Le problème est là et il est entier : plusieurs députés N-VA, ouvertement séparatistes, semblent avoir décidés de s’opposer à toute action de ce gouvernement.  Ils refusent notamment en commission d’accorder leur confiance aux notes de politique générale, présentés par les ministres francophones du gouvernement Leterme I.  Ces députés font-ils partie de la majorité ou de l’opposition ?  Leterme I dispose-t-il simplement d’une majorité ?

 

Une réponse à ces questions cruciales pour l’avenir du gouvernement Leterme I, doit être trouvée pour le 8 mai, probable date d’examen de BHV par les députés de la chambre.  Il semble déjà évident que scinder BHV nécessite plus que 5 minutes de courage politique, comme le candidat Yves Leterme le prétendait pendant la campagne électorale.  Nos compatriotes flamands doivent également se rendre compte que, malgré les slogans de campagne, il sera impossible parvenir à des solutions unilatérales sans l’accord des francophones.  Il faudra négocier…la démocratie, ce n’est pas la dictature de la majorité…Tout passage en force est voué à l’échec et ceux-là même qui alimentent les médias flamands en déclarations matamoresques, le savent pertinemment.  Du mauvais théâtre joué par des irresponsables alors que toute leur énergie devrait se consacrer à répondre aux préoccupations des gens.   Qu’ils sachent que ces derniers en ont marre.

17:19 Écrit par Philip Hermann dans Général | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : bhv, leterme, n-va, cd v |  Facebook |

26/12/2007

Un moment dans l'intimité de la vieille garde CVP (exclusif)

Incroyable ce que l'on peut trouver sur le net Mort de rire, un dialogue entre Fons Verplaetse, ancien chef de cabinet de Wilfried Maertens et ex-gouverneur de la banque nationale et Mark Eyskens, ancien premier-ministre.  Ces messages ont été échangés et sont encore disponibles sur la page "facebook" de l'ancien premier ministre, Jean-luc Dehaene.  Précipitez-vous, je ne suis pas sûr que ces infos restent accessibles très longtemps!!!
 
Je vous les livre telles quelles, même si aucun secret d'état n'est révélé, cela reste très intéressant de voir comment l'ancienne garde CVP a tenté de donner un coup de main à Yves et de solutionner cette crise de formation gouvernementale.  Un pur moment de "real politique" dans l'intimité de ceux qui nous dirigent !!!
 
Fons Verplaetse wrote
at 6:07pm on December 14th, 2007
Beste Mark, Jean-Luc en Wilfried,

Jullie hebben het nogal druk gehad met de pers gisteren. Mark op Villa Politica, Jean-Luc en Wilfried op Terzake. Ik moest gisteren ook even terugmijmeren naar mijn tijd als gouverneur van de Bank toen ik Guy Quaden op tv zag pleiten voor loonmatiging. Ik zei dat al in mijne tijd.
Allez, jullie hebben dat goed gedaan zonder de kroon van Poupehan te ontbloten.
Mark, nog geen nieuws van Guy? Hij heeft het blijkbaar nogal druk met de Europese Top en dat over-en-weer-gevlieg.

Hartelijk,

Fons
Mark Eyskens (no network) wrote
at 10:18am on December 14th, 2007
Beste JL,

Zag je gisterenavond in Ter Zake ivm de Lissabon doelstellingen. Je leek me inderdaad niet 100%.

Maar wou je toch even feliciteren met je tussenkomst ivm de huidige niet-regeringscrisis. Denk dat je wijze woorden gesproken hebt en duidelijk het onderscheid gemaakt dat het buitenland vragen heeft maar dit nog niet wil zeggen dat er wantrouwen is. Maar dat het goed voor het land is klopt inderdaad ook niet zoals je weergegeven hebt.

Hopelijk zie ik je maandag op ons verplaatst overleg. We zullen dan weer een stap verder staan.

Veel beterschap,

Mark
Mark Eyskens (no network) wrote
at 3:34pm on December 10th, 2007
Beste Jean-Luc,

Alea iacta est ... onze nota is af, nu nog een afspraak met informateur/premier in lopende zaken Verhofstadt.

Voor deze afspraak met Guy rekenen Fons en ik op u.

Tot binnenkort op de 16,

Mark

PS : Het zou toch nog eens tof zijn om te vergaderen in de Lilla-zaal of in de kleine ministerraad.
Fons Verplaetse wrote
at 4:42pm on December 6th, 2007
Beste Jean-Luc,

Ik ben het volkomen met u eens, maar ik heb liever dat ge deze uitspraken niet publiek doet. Als we het beraad van Poupehan willen doen slagen en de CVP na het weekend terug het heft van de formatie in handen willen geven, dan moeten we uiterst discreet zijn.
Dank voor uw begrip en ik vraag dit ook aan Mark, Wilfried en onze PSC-vrienden.

Fons

Dehaene gelooft niet in Conventie
do 06/12/07 - Oud-premier Jean-Luc Dehaene (CD&V) betwijfelt of de Conventie voor de staatshervorming resultaat kan opleveren.
Dehaene vreest dat de Conventie tot falen gedoemd is, met zijn vele vertegenwoordigers uit de parlementen en regeringen van het land.
Een Conventie is mogelijk ook niet nodig als er een regering komt die een tweederdemeerderheid heeft.
Premier Guy Verhofstadt (Open VLD) wil zich voorlopig nog niet vastpinnen op een brede regering die een tweederdemeerderheid heeft.
Hij zegt dat hij alle scenario's voor een nieuwe regering onderzoekt.
Mark Eyskens (no network) wrote
at 11:13am on December 6th, 2007
Beste JL,

Heb je boodschap goed begrepen. Wilfried en Miet Smet zijn niet uitgenodigd.

Mark
Mark Eyskens (no network) wrote
at 11:08pm on December 5th, 2007
Goede vrienden,

Ik zie dat jullie nog steeds dezelfde problemen hebben die gelukkig voor mij volledig vreemd zijn in mijn instituut van het huwelijk.

Als jullie willen zal ik m'n Anneke iets laten arrangeren bij ons thuis dan zitten wij gerust. Zo iets met dooskes en wat lepels en ander gerief dat iemand komt laten zien. De vrouwen kunnen als ze willen dat bestellen en vooral ze zijn er lang zoet mee.

Je moet wel zorgen dat ze niet "emax domina" is.

Maar blijkbaar lopen de vrouwen daar de laatste jaren wild van. De logica waarom gaat mijn beperkte culiniair petje te boven.

Maar het werkt wel in de microgolfoven weet ik uit eigen ondervinding daar ik mijn avondeten er soms in terug vindt en zelf warm maak.

Wat denken jullie?

Mark
Fons Verplaetse wrote
at 10:50pm on December 5th, 2007
Beste Jean-Luc,

Zeg, ik denk dat we een probleem hebben. Uw vrouw Celie heeft net naar Odette gebeld. Ze zijn van plan om ons dit weekend te vervoegen in Poupehan. Mijn bedoeling was echter dat ons Odette enkel vrijdagavond daar zou zijn om ons diner te prepareren. Zaterdag en zondag zou ik liever het huis voor ons alleen hebben. Geen pottenkijkers zoals destijds met de devaluatie, is de enige manier om succes te boeken.
Kunt gij Celie niet naar Club Brugge sturen in uw plaats of naar een lokale pensenkermis of een tupperware avond in Vilvoorde?

Fons
Mark Eyskens (no network) wrote
at 6:46pm on December 3rd, 2007
Hallo JL,

We zijn nu al met drie van de oudere generatie. Wilfried zou ik inderdaad ook thuis laten. Hij spreekt alles eerst door met Yves. De politieke zoon die hij nooit had?

Den Leo Tindemans had ook interesse maar het lijkt me dat Leo het niet zo goed meer kan volgen buiten de gedachte dat hij nog een rekening heeft te vereffenen met Wilfried. Ik vrees dat hij deze rekening aan de Yves wilt presenteren. En dan zijn we geen stap verder natuurlijk. Stel dus voor om Leo thuis te laten.

Een goed idee van Fons om enkele van de vroegere PSC-vrienden erbij te halen. Ikzelf zal zorgen dat Philippe Maystadt er ook bij is.

Met ons zessen denk ik dat we genoeg draagkracht kunnen vinden binnen de katholieke familie om een vergelijk te vinden.

Tot de zaterdag (of trekt Fons de vrijdagavond al een flesje open?),

Mark
Fons Verplaetse wrote
at 5:13pm on December 3rd, 2007
Vriend Jean-Luc,

Mark heeft een punt. Wilfried heeft blijkbaar afgehaakt, want ik heb hem een tijd terug voorgesteld om een nieuwe bijeenkomst in Hotel Léopold te houden om uit de impasse te geraken, maar Wilfried bougeert niet. Hij is teveel de spreekbuis van Yves, vind ik. Hij is te mediageil.

Ik stel het volgende voor. Laten we dit weekend in alle discretie samen met Mark en Wilfried bij mij in Poupehan afspreken. Ik kan Charles-Ferdinand er ook bij vragen. Hij woont niet ver vandaan. Misschien kunnen we zo bepaalde geesten in de CVP en de PSC in de positieve zin doen evolueren. Ik denk dat alleen wij met onze goede contacten onze Franstalige geestesgenoten kunnen overtuigen. Jean-Luc, gij kunt dan ook Mechior Wathelet sr., die gij beter kent dan ik, erbij halen.

Genegen groet,

Fons
Mark Eyskens (no network) wrote
at 12:26pm on December 3rd, 2007
Hallo JL,

Heb juist een nieuw stukje geschreven over de huidige situtatie.

Misschien moeten wij als oude garde toch maar eens proberen om het pad te effenen voor de jongere generatie.

Wel op voorwaarde dat Yves niet opnieuw een parallel circuit van onderhandelingen opstart langs het onze.

Wat denk je?

Mark
 
 

19/12/2007

Verhofstadt III met fin à la crise

Tout d'abord, un grand bravo à Guy Verhofstadt!!!   En réussissant à dénouer cette crise en moins de 15 jours, il vient de démontrer qu'il était l'homme de la situation.  Merci aussi au sens de l'état de Didier Reynders, il a compris à temps l'urgence de sacrifier certaines légitimes revendications sur l'autel de la raison d'état.  En acceptant de transiger sur une participation conjointe du cartel CDh/PS à ce gouvernement d'urgence, en renonçant à revendiquer le rôle de premier ministre, il vient de faire preuve d'une abnégation qui démontre un sens de l'état certain.

Comme je le signalais sur ce blog, l'exercice des responsabilités au sein de ce gouvernement ne sera pas simple: 

  • Nous sommes à la veille d'une campagne électorale déterminante en 2009, d'autant plus si de nombreuses compétences sont transférées aux exécutifs régionaux.   Ce gouvernement fédéral réunit en son sein les deux principaux protagonistes de ces futures élections: le MR et le cartel sortant.  Il ne sera pas simple de transcender les différences de fonds entre les deux pour gouverner ensemble.
  • De nombreux chantiers sont aujourd'hui sur la table de ce gouvernement d'ici la mise en place d'un gouvernement définitif pour le 23 mars 2008:
  • Des problèmes socio-économiques urgents: Budget 2008, pouvoir d'achat, prix de l'énergie, confiance et crédibilité au niveau international.  Didier Reynders sera en charge de mettre sur pied un programme de gouvernement au niveau socio-économique.  Il est à espérer que les accords obtenus sur ces sujets par l'orange bleue pourront servir de base à ce programme.
  • Yves Leterme sera quant à lui en charge de préparer la réforme institutionnelle, où rien ne semble être réglé.  Si ce n'est peut-être qu'au sein de cette configuration plus large, disposant de la majorité des deux-tiers et où le rôle de la N-VA sera dès lors dilué.
  • enfin la constitution effective de l'équipe gouvernementale définitive.
Au vu des enjeux, qu'impliquent ces sujets complexes, et des divergences de vue qui subsistent encore aujourd'hui entre les parties prenantes de ce gouvernement, cela nous promet encore de passionnantes passes d'armes dans les semaines et mois à venir.  Que cela ne nous empêche pas de nous réjouir de la réussite présente et d'espérer que cela nous permette de donner un programme socio-économique au bénéfice de la population et une réforme des institutions équilibrée pour l'ensemble des communautés de ce pays.

01/12/2007

Didier Reynders, premier ministre.

Voilà, c'est fait Yves Leterme, après 173 jours de négociations, a fini par jeter le gant.  Depuis sa victoire du 10 juin, il n'a jamais paru pouvoir transcender sa campagne populiste et surtout sa stratégie d' alliance avec un parti nationaliste flamand, au programme inacceptable.

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Cet échec est une démonstration claire de l'incapacité de la N-VA de devenir un parti de gouvernement.  Personne n'est dupe du jeu de "zwarte Piet" (valet noir) de cette fin de négociation, où la N-VA d'une chambre secrète jouxtant la table de négociation, a voulu dicter le programme d'un futur gouvernement pour tous les belges.  Le responsable de cet échec, ce n'est pas le CDh et encore moins le MR, mais le jusqu'au boutisme de la N-VA et de certains CD&V.  Yves Leterme, qui était l'artisan de cette stratégie d'alliance avec ce reliquat de la Volksunie, n'a jamais paru capable de dominer ce mouvement, qui ne comptait pourtant que 5 députés élus.

Selon toutes vraissemblance, c'est le tour à présent de Didier Reynders de s'atteler à cette difficile tâche de formation et de réconciliation du pays.  Faut-il jeter les accords obtenus durant cette longue période de négociation, ce n'est pas mon avis:  le programme de gouvernement de l'orange bleue est un programme ambitieux et la conférence de réconciliation nationale, imaginée pour résoudre les conflits communautaires me semble nécessaire.

Aujourd'hui, la crise est profonde mais de nombreuses options s'ouvrent aux prochain formateur:

  • Convaincre le CD&V de renoncer au cartel.  Pour faire l'appoint de l'infréquentable N-VA, les écolos seraint alors disponibles.  Cette configuration aurait le mérite de regrouper l'ensembles des gagnants du 10 juin et d'accorder une place importante aux problèmes sociaux et environnementaux posés par le renchérissement du prix de l'énergie.  Tous les lecteurs de ce blog, auront compris que là est ma préférence même si il ne faudrait pas que ces écolos ne viennent avec des revendications démesurées par rapport à leur poids politique.
  • Si le CD&V n'est pas capable de tirer un trait sur le cartel, alors un arc-en-ciel est une configuration probable dont le principal désavantage serait de remettre en selle les perdants socialistes tant au nord qu'au sud.
  • Dernière option, la constitution d'un gouvernement d'urgence sous la forme d'une tripartite traditionnelle, dont l'unique objectif serait alors de traiter les questions institutionnelles.

L'intérêt de cet échec, c'est que désormais plusieurs configurations sont ouvertes...  L'échec de Leterme doit-il être celui du CD&V?  Cette question va maintenant se poser avec une nouvelle acuïté...

 

21/11/2007

Pour le dire simplement...

A la place d'attendre un geste de conciliation qui ne venait pas, le MR a préféré prendre ses responsabilités et admettre dans les débats télévisés de ce week-end, ce que tout le monde sait déjà: si nous ne voulons pas voir la Belgique disparaître, il faudra négocier une réforme de l'état.

Quel sera son contenu?

-Un élargissement de Bruxelles contre une plus grande autonomie de la région flamande?

-Une circonscrition fédérale?
 
-Un premier ministre issus de cette circonscription fédérale?

-La refédéralisation de certaines compétences et le transfert aux régions d'autres!!!

Les mandataires MR, qui ont pris la parole ce week-end, n'ont fait que répéter ce qui se négocie depuis des mois maintenant. Dire qu'on accepte de négocier, dire qu'on veut le faire dans une structure externe au gouvernement, où seront associés l'ensemble des partis démocratiques belges, n'a rien de scandaleux!!! C'était déjà l'accord obtenu par l'éclaireur Van Rompuy.  Il faut accepter de discuter de tout sans tabou, mais une négociation implique la conclusion d'accords équilibrés.  Dans ce cadre, un renforcement de la structure fédérale ne peut être exclu.  C'est ce qui sera le plus dur à faire passer au sein de la N-VA, qui est ouvertement séparatiste.  L'orange bleue peut-elle, doit-elle se passer de la N-VA?  C'est en tout cas arithmétiquement possible!!!

Maintenant, personne au MR n'en démord:

-La scission unilatérale de BHV n'est pas acceptable et sera négociée par l'orange bleue.  Des garanties seront obtenues afin d'éviter à l'avenir de tels votes: majorité flamande contre opposition francophone.  Il en va de la survie de notre démocratie.

-La nomination des 3 bourgmestres MR de la périphérie reste un prélable à tout accord institutionnel, même si ce point est difficile vu le radicalisme de Marino Keulen, en charge de cette matière au gouvernement flamand.

-Toute réforme de l'état devra faire l'objet d'un consensus entre les régions.
 
-Une majorité des deux-tiers devra être recherchée en dehors du gouvernement pour réaliser cette réforme institutionnelle.
 
-Des concessions et la levée de certains tabous devront être obtenues de part et d'autre de la frontière linguistique.

En le disant clairement pour la première fois dans les médias francophones, le MR fait le premier pas...Ce faisant, il réalise le désir des manifestants de ce week-end préserver une Belgique fédérale unie.
 
Yves Leterme ne peut clairement pas prendre le risque d'échouer cette fois encore: il doit convaincre à l'intérieur du CD&V et aussi la N-VA, très opposée à tout renforcement de l'état fédéral.   En cas d'échec, il faudrait alors songer à un gouvernement d'urgence et à organiser une structure qui entame un dialogue sur l'avenir de la Belgique.  Les prochains jours seront cruciaux!!!

11:01 Écrit par Philip Hermann dans Crise formation | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : orange bleue, mr, leterme, cd v, n-va, formation, gouvernement |  Facebook |

07/11/2007

Yves Leterme n'a pas pu empêcher l'explosion des négociations de l'orange bleue.

Sur ce blog, j'avais prévenu mes lecteurs que la réussite de l'orange bleue dépendrait de la capacité d' Yves Leterme d'imposer un compromis communautaire à ses encombrants partenaires séparatistes: la NV-A et certains membres du CD&V.

Il n'en a pas été capable, nous avons assisté à un vote communauté contre communauté en commission de l'intérieur à la chambre: une première historique.  L'avenir est désormais une bouteille à l'encre, même si je ne donne plus cher des chances d'Yves Leterme de devenir un jour premier ministre. 

Gouvernement d'urgence, orange bleue sans volet communautaire, gouvernement à seul vocation communautaire...ces quelques pistes sont désormais sur la table.  Le moins étrange n'est pas que toutes ces péripéties, ont singulièrement renforcé les chances de Didier Reynders d'accéder aux plus hautes fonctions de ce pays.  Lui, seul, a préservé intacte sa capacité à s'extraire de la mèlée pour forcer un compromis. 

17:21 Écrit par Philip Hermann dans Crise formation | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cd v, mr, didier reynders, yves leterme, nva |  Facebook |

22/10/2007

Des propositions constructives:

Les récentes propositions de Didier Reynders me remplissent de joie, je les appelaient de mes voeux sur ce blog depuis longtemps et encore à la fin du mois d'août lors de l'entrée en scène de l'éclaireur Van Rompuy.

1.  Une circonscription fédérale:  Constituée par 20 à 50 députés, qui seraient élus par l'ensemble des électeurs belges.  Elle serait un outil fédérateur puissant, qui interdirait les campagnes haineuses vis à vis de l'autre communauté linguistique.  Leterme n'a-t-il pas affirmé que les francophones étaient mentalement incapables d'apprendre le néerlandais?  Laurette ne vient-elle pas d'affirmer que les flamands étaient de la "mérule"?  Ce type de déclaration ne peut avoir lieu que lorsqu'elles sont électoralement indifférentes, lorsqu'on a pas à en répondre devant les électeurs de l'autre communauté.  Ce système est malsain, il laisse le roi, seul garant de la pérennité de la nation et n'existe d'ailleurs dans aucun autre système fédéral...Même la confédération helvétique exige de ceux qui veulent exercer les plus hautes responsabilités de l'état, qu'ils répondent de leurs actes devant la nation toute entière!!!

2.  La possibilité pour la communauté française d'intervenir en territoire flamand, dans la périphérie bruxelloise, pour y subsidier des infrastructures culturelles, des écoles, des bibliothèques.  Cela améliorerait la qualité de vie des francophones qui y habitent, cela aurait un impact concret sur le quotidien des gens.  L'effet annexe, qui n'est pas négligeable en cette période de tensions communautaires, serait de garantir, en cas de scission du pays, que les territoires où ces interventions seraient autorisées, ne pourraient suivant la jurisprudence internationale, faire l'objet d'une annexion automatique par l'une ou l'autre communauté.

3.  Le refinancement de Bruxelles et le financement de travaux d'infrastructure importants et stratégiques pour Bruxelles (grand stade, palais des congrès, etc) qui permettraient de la doter d'outils indispensables à une capitale européenne.  Investir dans Bruxelles, c'est reconnaître son importance pour l'ensemble de la Belgique et c'est également mettre fin à l'injustice représentée par les travailleurs navetteurs, qui domiciliés à l'extérieur, payent donc des impôts ailleurs et ne permettent pas à cette région de disposer des ressources nécessaires à son rayonnement.

Ces propositions institutionnelles ont l'immense avantage de prendre les négociateurs flamands au mot: le séparatisme ne serait, malgré leurs propos de campagne, pas au programme.  En acceptant ces propositions, ils garantiraient la pérennité de la Belgique, il obtiendrait la scission de BHV, si importante symboliquement, et ils auraient une réforme de l'état, qui permettrait une meilleure responsabilisation des politiques, même si ce n'est pas dans le sens que certains auraient souhaité. Cool

En revanche, si tous ces discours lénifiants en période de négociation n'étaient que des mots, destinés à masquer un séparatisme rampant (présent très officiellement avec la présence de la NVA dans ces négociations), alors Leterme rejetera cette proposition mais alors la rupture ne pourra sans doute pas être évitée.

30/08/2007

L'éclaireur Van Rompuy

Si la négociation d'un gouvernement est si difficile, ce sont d'abord à cause des INTENABLES promesses du candidat Leterme...dont on a trop (volontairement?)  ignoré dans les rédactions francophones, qu'il avait rendu "goed bestuur" synonyme avec "staatshervorming".  Il n'existe heureusement pas de majorité pour réaliser ce programme et certainement pas du côté francophone.  Il est mal pris face à ses électeurs et à ses concurrents politiques, qui risquent bien de le confronter en cours de campagne pour les prochaines régionales de 2009, à ses INTENABLES promesses.

Herman Van Rompuy

Le cartel CD&V/NVA risque également de ne pas tenir face à l'exercice des responsabilités politiques et à l'épreuve de la formation d'un gouvernement.  Est-ce étonnant pour ce parti séparatiste, qui n'a pour tout programme que l'établissement d'une république de Flandres indépendante?  Plus facile à dire qu'à faire d'une part et d'autre part, force est de constater que ce dessein ne correspond encore aujourd'hui qu'à une minorité de la population, aussi bien en Flandres qu'au niveau national.

Le problème de Bruxelles a été mal évalué par les séparatistes flamands.  Installer les institutions de la communauté/région flamande à Bruxelles ne suffira pas à transformer cette ville majoritairement francophone (plus de 85% de la population) en ville flamande, ni d'ailleurs acheter sa flamandisation à coups de subsides...  Sans Bruxelles, la plantureuse richesse de la Flandres risque bien de n'être que très éphémère.  C'est à très juste titre que les négociateurs francophones ont choisi de porter là, le fer des exigences francophones.Mort de rire

Devant l'opposition musclée des francophones, qui en mettant ces vrais enjeux sur la table, ont permis de déjouer la manoeuvre séparatiste des Flamands, obsédés par la montée du Vlaamse Belang et du populisme au Nord, il faut maintenant sauver la face.

De quoi va-t-on sans doute parler dans la suite de la négociation?

  • De BHV, où des solutions équilibrées existent depuis 2005, même si elles ne plairont sans doute pas plus à l'ami Bart (De Wever) de la NVA qu'à son ex-coréligionaire de la Volksunie, Geert Lambert.
  • De réformes, qui mènent à une réelle meilleure gouvernance...où les intérêts de chacun se négocieront de manière équilibrée.  L'exemple de la SNCB est éloquent: si la Flandre veut sortir de la clé de répartition fédérale 60/40 pour financer sur ses fonds propres l'amélioration de ses infrastructures, pourquoi pas???  A condition, que les besoins en financement du rail francophone (RER bruxellois, TGV fret sur la dorsale wallonne, modernisation de la liaison Bruxelles/Luxembourg), soient couverts également.  De ces savants calculs, il pourrait bien sortir que cette clé de répartition n'est pas si défavorable que cela!!! Clin d'oeil
  • Il me semble également que devront être étudiés par ce gouvernement des outils permettant un fédéralisme d'union et de coopération: une circonscription nationale, notamment, qui permettent aux ténors de se présenter aux suffrages de chaque communauté et dès lors, qui aurait un effet centripète bien utile si on voit la façon dont ont été menées les campagnes au Nord du pays.  D'autres réformes nécessitant la majorité des deux tiers pourraient être envisagées à cette occasion, surtout si elles sont utiles à un meilleur fonctionnement de l'état fédéral et si elles ne visent pas son démantèlement comme c'est l'objectif de la NVA.
  • Enfin il me semble qu'il serait temps de s'atteler aux véritables enjeux, qui doivent être relevés par ce gouvernement, à savoir des politiques pour enrayer le chômage (particulièrement du côté francophone), pour redynamiser l'économie et aussi pour faire face aux défis du vieillissement au Nord et de la pauvreté au Sud.

Le choix d'Herman Van Rompuy, qui mise sur la discrétion, pour parvenir à concilier les points de vue...me semble judicieux.  Les scènes de théatre aux grilles de Val Duchesse, ne m'ont jamais semblées propices à instaurer un climat de négociation serein!!!

15:07 Écrit par Philip Hermann dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : orange, bleue, nva, cdh, cd v, van rompuy, mr |  Facebook |

27/04/2007

Inaudible!!!

Le débat entre Elio Di Rupo et le Ministre-Président flamand Yves Leterme était totalement inaudible.  Je fais néanmoins partie des 200 000 téléspectateurs, qui ont fait l'effort de suivre l'émission jusqu'à son terme.  La politique me passionne.

 

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Pourquoi ne pas avoir simplement sous-titré les interventions de Yves Leterme, je trouve personnellement cette passion pour les traductions, tout à fait détestable, et particulièrement au cinéma et même si je ne comprends pas la langue d'origine...De Niro avec l'accent canadien, c'est le zapping immédiat.  Sur les chaînes flamandes, on sous-titre tout...en ce compris les micro-trottoirs de Courtrai ou de Malines!!!   Est-ce là la raison de leur don pour les langues, je ne suis pas loin de le penser...les néerlandais aussi pratiquent de la sorte, tandis que les allemands ou les français traduisent tout comme nous!!! 

 

J'ai été très étonné d'entendre le camarade président réviser son analyse du déclin wallon.  Après avoir accusé le libéralisme et les entreprises sans scrupules, il adopte l'analyse que je vous livrais il y a quelques jours sur ce blog (voir ici)...  Le lirait-il???  En tout cas, cela me ravit.  

 

Comment a-t-il défendu la wallonie?  Et bien pour lui évidemment tout va pour le mieux!!!  Tous les indicateurs seraient au vert, cette fois c'est sûr avec le plan Marshal, nous serions enfin en train de sortir du tunnel.  Ca n'a pas eu l'air de convaincre Monsieur Leterme, qui entend ce discours depuis au moins 30 ans. 

 

Les créations d'entreprises n'ont jamais été aussi nombreuses, on créerait plus d'entreprises en Wallonie et à Bruxelles qu'en Flandres sur le dernier trimestre!!!  Voilà un argument choc pour les profanes!!!  Ce qu'il faut savoir, c'est que c'est un phénomène classique, lorsque le taux de chômage est aussi élevé que dans les villes wallonnes et à Bruxelles, le taux de création d'entreprises décolle.  Certains ne peuvent se résigner à rester sans rien faire et devant le manque d'offre d'emploi, prennent la décision de créer leur activité.  C'est bien, ils ont tous mes encouragements, mais cela ne présume pas de leur réussite.  De plus en cette veille d'élections, je ne serai pas étonné que certains services d'aide à la création aient reçu la consigne d'être moins regardant sur la qualité des dossiers.  Je ne serai pas étonné que dans un an le nombre de faillite connaisse lui aussi un pic.

 

Ce qu'il m'a semblé en tout cas, c'est que Yves Leterme était déterminé à régionaliser plus encore, emploi-santé-fiscalité!!!  Que restera-t-il de commun à la Belgique???  La ligne de défense de Monsieur Di Rupo, n'est déjà plus le niet catégorique...aujourd'hui c'est "il faut me prouver que ces régionalisations profitent aux habitants de chaque région"  Autant dire que l'affaire est dans le sac pour quelqu'un comme Leterme!!!  Il semblait même très satisfait par cette réponse.  En tout cas, malgré le ton mesuré de ce débat, où l'affrontement direct a soigneusement été évité, il est clair que les lendemains du 10 juin seront communautaires et que la formation d'un gouvernement ne sera pas aisée.

 

Ce qu'il me semble, c'est que la seule façon de convaincre nos compatriotes flamands qu'un changement est en cours en Wallonie, ce ne sera pas quelques statistiques!!!  C'est de voter pour un changement du centre de gravité wallon et bruxellois.  Si le MR gagne ces élections, il leur sera impossible de contester qu'une prise de conscience a eu lieu!!!  De quoi arriver à la table de négociation, mieux armé!!!

 

10:16 Écrit par Philip Hermann dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : yves leterme, ps, cd v, debat, rtl, elections, 10 juin, 2007, elio di rupo |  Facebook |