15/07/2008

Reynders: premier ministre!!!

Ce n’est pas une victoire, il n’y a aucune raison de s’en réjouir, il est impossible de croire qu’il s’agira d’une sinécure mais c’est aujourd’hui une nécessité : Didier Reynders doit prendre la tête du gouvernement fédéral et tenter de sauver l’accord socio-économique conclu ce week-end.

 

La population ne peut pas être prise en otage plus longtemps par les excités nationalistes : un gouvernement fédéral doit prendre ses responsabilités et gérer notre pays et les délicates questions posées pour le pouvoir d’achat par le regain de l’inflation, la crise financière et le renchérissement du coût de l’énergie.  Il serait suicidaire de laisser s’installer une vacuité du pouvoir comme lors des précédentes tensions communautaires dans les années 80.  Nous devons nous souvenir de la crise économique qui en avait résulté et de l’incroyable endettement public, que nous payons encore actuellement.

 

La crise communautaire, qui paralyse notre pays depuis ces dernières élections, ne pourra certainement pas être réglée avant le prochain scrutin électoral alors que cette campagne électorale, importantissime, va débuter dès la rentrée politique de septembre.  En refusant de donner au gouvernement Leterme I la chance de prolonger ces discussions difficiles, son cartel CD&V/N-VA a forcé la démission de ce dernier.  Ils sont les seuls responsables de cette crise.  Yves Leterme en préférant sauver son cartel plutôt que le pays et sa population, a sans doute signé définitivement son suicide politique.

 

Aujourd’hui, il faut d’urgence qu’émergent des politiques responsables, qui prennent le temps de réformer l’état belge en profondeur et règlent une bonne fois pour toute la scission de BHV, qui mettent en œuvre les décisions prises par Leterme I dans les matières socio-économiques et enfin qui organisent un scrutin d’envergure nationale à l’occasion des prochaines élections régionales : un gouvernement de salut public en somme.  Didier Reynders a, je le répète ici depuis assez longtemps, toutes les qualités pour réussir à mener cette équipe là.

Yves Leterme a démissionné

Je viens d’apprendre la nouvelle de source sûre sur Facebook (par mon ami Jean-luc Crucke, député fédéral MR), la nouvelle a ensuite été confirmée sur le blog de Mateusz Kukulka (journaliste à la Dernière Heure) : le politique show.

 

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Il n’est pas encore confirmé pour l’instant que cette démission ait été acceptée par le roi.

 

Quoiqu’il en soit, il est évident que cette démission, redoutée par l’ensemble du monde politique et surtout après l’accord obtenu sur les questions socio-économiques ce week-end, ouvre une crise de régime grave, dont personne ne peut à ce stade prévoir l’issue.

 

Il est plus que dommage que cette décision intervienne alors que l’urgence pour les gens ne se situe pas sur le plan communautaire.  L’inflation, la crise financière, le renchérissement de l’énergie, la baisse du pouvoir d’achat, voilà les vraies urgences que quelques excités communautaires ont tenu pour rien.  La population est aujourd’hui prise en otage : l’absence probable de gouvernement et la crise politique qui résultera de cette démission : est un véritable affront à la population !!!

00:19 Écrit par Philip Hermann dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : gouvernement, leterme, demission, communautaire, cd v, n-va, crise |  Facebook |

04/07/2008

Elio Di Rupo : fallait pas l’inviter !?!

Elio Di Rupo semble de moins en moins inspiré dans son action politique : aujourd’hui, il menace d’abandonner le gouvernement Leterme I si celui-ci ne se soumet pas à ses exigences sociales.  Il souligne sa détermination en engageant une coûteuse pré-campagne électorale en publiant une pleine page de populisme dans l’ensemble des quotidiens francophones aujourd’hui.

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Il semble avoir trouvé un nouveau gimmick publicitaire pour lancer cette campagne : le pouvoir d’achat en parler, c’est bien…l’augmenter, c’est mieux.  C’est choc, c’est efficace, du strict point de vue de la communication…c’est parfait !!!  Il s’agit d’ailleurs du recyclage d’un slogan publicitaire bien connu.   Mais c’est évidemment faux et mensonger jusqu’à la racine.

 

Qui dans le gouvernement Leterme ne veut pas augmenter le pouvoir d’achat des gens ?  Le renchérissement du coût de l’énergie, l’inflation qui en découle, préoccupe la population et bien évidemment aussi les politiques.  Le monde politique est unanime à ce propos…

 

Vouloir s’approprier seul cette thématique, est à la limite de l’obscène.

 

La revalorisation des plus petites pensions, qui ont souvent comme origine un statut d’indépendant, ou une carrière partielle, ce qui est souvent le cas pour les femmes, est au programme de tous les partis politiques.  La revalorisation des pensions d’indépendants, est un thème porté par le seul MR depuis des lustres.  La suppression de cotisation générale de solidarité pour les pensionnés a également été portée depuis de nombreuses années par le seul MR.  Marie Arena, bombardée ministre des pensions après avoir échoué à la communauté française, ne pourra si facilement laver l’échec de son décret inscription à l’enseignement…et on ne parlera pas de sa douche.

 

Depuis quelques jours, certains partis politiques, dont le PS, et mouvements syndicaux découvrent que la meilleure façon de revaloriser les rémunérations est la voie fiscale.  Opposer réforme fiscale (un leitmotiv du MR depuis de nombreuses années) et sociale n’est rien d’autre qu’un simple artifice de communication.  Cette forme de revalorisation du pouvoir d’achat présente l’avantage de ne pas pénaliser la compétitivité de nos entreprises et donc de préserver l’emploi.  A la différence des méthodes souvent proposées par les socialistes, ces mesures ne sont pas conditionnelles et ne nécessitent l’intervention d’aucun politique clientéliste pour être obtenues.

 

A l’environnement, Magnette ne convainc  guère et certainement pas les experts : baisser la TVA sur les produits pétroliers est une hérésie écologique (voir ci-dessous) et l’idée de différencier les taux de TVA pratiqués pour les possesseurs ou non de piscine, est simplement impossible à mettre en œuvre, sauf à recruter des milliers d’agents vérificateurs de la température des piscines et autres jacuzzis par grands froids.  Simplement ridicule jusqu’à la plus totale absurdité.   Comment différencier le taux de TVA pour du mazout destiné à chauffer une habitation ou une piscine?

 

Le PS d’ Elio Di Rupo n’échappera pas à cette dure réalité : il n’a plus rien de sérieux à proposer, il n’a plus d’autre voie que de voler les idées de ses partenaires politiques pour conserver un semblant de légitimité politique, il ne peut se passer d’être présent au gouvernement (voir l’affaire onckendaele, qui rapportait plus de 800 000 €/an au couple) et il n’y a été invité que parce que le cdH l’a imposé et pour permettre la vaste réforme institutionnelle, souhaitée par les partis flamands. 

 

Son raidissement actuel et sa volonté de dynamiter ce gouvernement de la dernière chance avant une crise dont personne ne peut prévoir l’issue, ne peut être expliqué que par des motivations électoralistes et par un calendrier judiciaire défavorable (les affaires de Charleroi seront jugées en avril-mai 2009) à une campagne électorale, qui se déroulerait aux dates prévues.

08/04/2008

La vengeance de Christophe Deborsu.

Chaque politique sait qu’il n’est pas indiqué de se mettre les journalistes à dos.  Frédéric Laloux risque fort de l’apprendre également…à ses dépens.  Yves Leterme, fort de ses 800 000 voix de préférence,  pouvait sans doute continuer d’exister politiquement sans devoir ménager Christophe De Borsu, journaliste politique de la RTBF.  Il a pourtant depuis, lui aussi, préféré fumer le calumet de la paix avec ce journaliste. (sic)  Par contre, un frais émoulu secrétaire d’état sans légitimité électorale, ne peut sans doute pas instrumentaliser la presse impunément pour s’assurer de la visibilité à bon marché. 

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Frédéric Laloux et Paul Magnette: l'improbable relève du PS

Monter au mat pour dénoncer les abus de carte essence qu’aurait commis Arnaud Gavroy (ECOLO), le tombeur de Bernard Anselme à Namur pour l’affaire Sotegec, était peut-être un moyen d’incarner le renouveau du parti socialiste.  Encore eût-il fallu être soi-même inattaquable à ce sujet.  Poser comme Secrétaire d’état sans cabinet fixe, pouvait aussi passer pour un artifice de communication « intelligent » de la part d’un ministre en charge de la pauvreté au fédéral.  C’était une manipulation et aujourd’hui les fines tactiques du jeune Frédéric Laloux pour se faire connaître du grand public, vont sans doute devoir être payées au prix fort.   La plus virulente charge contre ce jeune secrétaire d’état, est l’œuvre Christophe Deborsu, dans le « Standaard » de ce lundi 7 avril.  Celui-là même qui avait réalisé le reportage sur ce ministre, obligé de travailler dans sa voiture.  Je vous en offre la traduction la plus littérale possible.

 

« Ceci n’est pas un sans abri »

 

Frédéric Laloux (PS), secrétaire d’état à la lutte contre la pauvreté, est mon nouvel ami.  Il y a dix jours, personne ne connaissait son nom. Mais après le reportage, que je lui ai consacré au journal de la RTBF, Frédéric Laloux est devenu immédiatement un concept à la Magritte : Ceci n’est pas un « dakloze » (sans abri).  Comme vous le savez, il a déclaré devant ma caméra qu’il attendait encore un bureau, une semaine après son entrée en fonction.  « Ma voiture de service fait fonction de cabinet à quatre roues. », poursuivait-il.  Anecdote savoureuse : le reportage à peine diffusé, il me téléphonait pour me remercier pour l’excellent reportage.  Lorsque j’ai émis le souhait qu’il trouve rapidement un bureau, il m’a répondu que les choses allaient rapidement rentrer dans l’ordre.  Maintenant je comprends pourquoi : son cabinet était déjà prêt.

 

Quoiqu’il en soit, Laloux porte pour le moment (officieusement, je l’avoue) le titre de secrétaire d’état le plus populaire du pays.  Toute une performance pour quelqu’un qui jusqu’à sa nomination surprise au gouvernement fédéral, en était resté à échevin des sports de Namur.  En tant qu’échevin (bon au demeurant), Frédéric Laloux s’est fait remarqué pour son soutien inconditionnel au bourgmestre d’alors, Bernard Anselme, son mentor en politique.  Malgré l’enthousiasme de Fred, Anselme a du quitter le paysage politique.  Monsieur Anselme aurait avantagé Sotegec, la firme de son amoureuse, dans des marchés publics.  A cause de ce scandale, le PS a été écarté à Namur au profit d’une coalition CDH, MR, Ecolo.  Lalous n’a jamais été impliqué officiellement dans l’affaire.  Mais son nom apparaît également dans le scandale autour du casino de Namur.  De l’argent noir aurait atterri au club de football UR Namur.  Laloux a été un temps dirigeant de ce club et même vice-président.  Pour toute clarté, il n’a jamais été mis en accusation.  Mais son maigre score aux dernières élections communales (huitième place en nombre de voix de préférence) démontre comme il est peu populaire dans sa ville.

 

Après son échevinat, le relativement jeune Laloux a du aller pointer.  Il avait sacrifié son job d’agent immobilier à la politique.  Un peu plus tard, il a été embauché comme collaborateur du cabinet de Michel Daerden pour être maintenant désigné comme secrétaire d’état surprise.  La question se pose dans de nombreux médias francophones : pourquoi Di Rupo a-t-il embarqué le controversé ex-échevin dans le gouvernement fédéral ?  La raison est évidente : la réserve de recrutement du PS est vide.  Le parti comptait jusqu’il y a peu 4 ministres présidents  (communauté française et germanophone, région bruxelloise et wallonne).  Aujourd’hui Rudy Demotte combine heureusement  la présidence wallonne et francophone.  A côté de cela s’ajoute treize ministres fédéraux, régionaux ou communautaires, trois gouverneurs provinciaux, douze députés provinciaux.  De loin, le meilleur palmarès de Belgique.  Seul, le gouvernement flamand échappe pour le moment à l’emprise du PS.  Mais cela produit des effets secondaires.  Il devient difficile de trouver des socialistes aptes à des fonctions politiques importantes.  A la tête de Charleroi, une mine traditionnelle de ministres,  il ne reste personne d’épargné par les scandales des années précédentes.  Même problème dans la province de  Namur, pour une improbable raison : Jean-Charles Luperto, le jeune (34 ans) bourgmestre de Sambreville (20 000 habitants) était mentionné comme le plus grand candidat ministre de tous les temps.  Après une réunion de nuit, il a menacé anonymement le bourgmestre d’une commune adjacente que son logement prendrait feu.  En blaguant soi-disant.  Mais une plainte a été introduite, un juge d’instruction mis en charge de l’affaire, Luperto identifié…Di Rupo a peu apprécié. 

 

Pour cette raison, le président du PS a du se montrer créatif dans sa recherche de secrétaires d’état.  A la dernière négociation pour la formation du gouvernement, il aurait bataillé, semblerait-il, pour en limiter le nombre.  Peut-être en première instance en raison d’un manque de candidats.  Cela a donc été Frédéric Laloux. 

 

Après l’affaire à propos de sa prétendue de absence de cabinet, le journal « Vers l’avenir » a révélé la semaine passée d’autres faits concernant l’homme politique namurois : il aurait été léger dans l’utilisation de sa carte carburant comme échevin.  Il a dépassé la limité autorisée de carburant et aurait encore fait le plein un quart d’heure avant sa sortie.  Laloux nie toute fraude.

 

Une chose est sûre : après la série d’articles ravageurs, après que Groen ait exigé sa démission, le secrétaire d’état socialiste est resté en fonction dans le gouvernement Leterme I.  Il possède certainement deux qualités : l’endurance et l’enthousiasme.  C’est certainement le moins que nous pouvons attendre d’un ancien échevin des sports.

 

Ce qui est sûr également, c’est qu’Yves Leterme s’interroge aujourd’hui ouvertement sur la capacité de ce secrétaire d’état à fonctionner et qu’ Elio Di Rupo n’exclut plus de faire preuve de fermeté (enfin !) mais le fera-t-il ?  En tout cas les lecteurs du « Standaard », eux, ont tranché : ils sont presque 90% à exiger la démission de Monsieur Laloux.

 

Ils en parlent également : Himself, Mateusk Kukulka, Fabrice Grosfilley.

20/03/2008

Longue vie à Leterme-Reynders I

Voilà, c’est fait : nous avons un nouveau gouvernement fédéral.  Ca a été long, agité, pénible, mouvementé mais c’est fait.  Chacun a gagné les négociations LOL et revendique selon sa sensibilité, l’appartenance de ce gouvernement au centre gauche ou droit.  Je viens de consulter le programme gouvernemental : il s’agit d’un compromis équilibré entre les mesures sociales et celles permettant de dynamiser l’activité économique. 

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Sur ce dernier point, il est rassurant de constater que le mécanisme des intérêts notionnels a été intégralement préservé.  Il était primordial de ne pas se priver de cet outil, qui a permis d’accroître la solidité financière de nos entreprises et aussi de replacer la Belgique sur la carte des investisseurs.  Cela n’a pas été simple…les mouvements protestataires, syndicaux et leur relais politiques (le cartel PS-CDH) ont bataillé ferme pour supprimer ce « cadeau fait aux riches » et anéantir ainsi tout espoir de restaurer la compétitivité de la Belgique sur la scène internationale.  Les libéraux du Sud et du Nord n’ont pas laissé cette aberration économique se produire et c’est heureux.

 

Ils ont également poursuivi leur travail d’évangélisation libérale sur quelques vérités économiques essentielles : le meilleur moyen de restaurer le pouvoir d’achat dans notre pays, c’est de poursuivre dans la voie des réformes de la fiscalité du travail.  Plutôt que de distribuer des subsides, allocations, primes et autres, il vaut mieux alléger la fiscalité retenue sur les revenus issus du travail.  C’est plus simple, cela génère moins d’abus et de clientélisme, mais surtout cela permet de ne pas augmenter la charge salariale de nos entreprises et de renforcer ainsi notre compétitivité par rapport à nos concurrents étrangers.  Un gouvernement exclusivement de gauche aurait certainement encore procédé en distribuant les « assistances » et en finançant ces mesures par une augmentation de la fiscalité et des prélèvements divers. 

 

Si nous sortons du programme strictement économique, nous devons constater que pas mal des compromis négociés par l’orange bleue, ont pu être préservés.  Les principes qui les articulaient, n’ont en tout cas pas fondamentalement été mis en cause.  Même si les orientations sont sans doute moins décisives, un gouvernement à cinq nécessite de la précision en terme de communication.  On ne parle plus de réforme fiscale, par exemple, LOL cela ne plaisait pas.  Du moment que le mécanisme est sauvegardé…est-ce important ? 

 

Je reviendrai plus tard sur le casting de ce gouvernement, mais impossible de passer sous silence la dégradation de Madame Arena, privée de sa présidence communautaire, et rétrogradée au rang de Ministre des pensionnés.   Enfin !!!

15:23 Écrit par Philip Hermann dans Crise formation | Lien permanent | Commentaires (16) | Tags : leterme, reynders, gouvernement |  Facebook |

10/01/2008

La note Verhofstadt...

Son premier mérite est d’exister et de poser l’ensemble des problèmes effectivement sur la table.  Au moins dans les trois mois qui viennent, la question du menu sera enfin dépassée, n’en déplaise à Madame Milquet ou à la N-VA.  Guy Verhofstadt, dont la carrière politique s’achève, a pu se permettre ce que d’autres,l’œil rivé sur 2009,s’étaient jusqu’ici interdit et c’est heureux.

 

Sur le fond, cette note est aujourd’hui critiquée mais aussi saluée des deux côtés de la frontière linguistique…signe indubitable qu’il y règne un certain équilibre.  Bien sûr, même s’il a été premier ministre pendant 8 ans, Guy Verhofstadt, qui était en début de carrière un régionaliste convaincu, n’est pas devenu un asexué linguistique.  Si toutes les revendications flamandes s’y retrouvent, on ne peut pas en dire autant de celles des francophones mais examinons cela de manière approfondie.

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Le point qui me semble le plus positif, concerne la circonscription fédérale qu’il met définitivement à l’agenda ainsi que la réforme du sénat qu’il transforme en organe à vocation purement communautaire en exigeant la parité linguistique.  Le plus intéressant réside certainement dans la façon dont il justifie cette réforme : il s’agit de renforcer l’état fédéral, dont une partie des élus doivent rendre des comptes devant l’ensemble de la nation.  Il indique qu’il s’agit d’une condition de possibilité de sa viabilité, notamment face à l’émergence de discours de plus en plus radicaux sur les thématiques communautaires.  Le moindre mérite de cette proposition n’est pas de rassurer sur la volonté de consolider durablement l’état fédéral et de permettre de calmer quelque peu les peurs et les tensions. 

 

Une autre idée forte de cette note consiste dans la mise en place de critères de convergences qui permettraient de garantir que si des disparités interrégionales devaient apparaître à propos de compétences transférées aux régions , celles-ci ne pourraient pas dépasser certaines limites et ne s’effectueraient qu’à la marge en garantissant une solidarité interpersonnelle minimale entre tous les belges.   Néanmoins le transfert de compétences envisagé est large, souvent même plus large encore que ce qui avait fait l’objet de négociations dans le cadre de l’ Orange Bleue alors que par ailleurs certaines menaces existent en cas de transfert même limité sur des sujets comme les allocations familiales ou l’impôt des sociétés. 

 

Rendre les régions et communautés compétentes en dans ces matières même de manière limitées peut induire des phénomènes de « shopping communautaire » pour les entreprises dont certaines actives sur l’ensemble du territoire transfèreront leur siège vers la région fiscalement la plus intéressante, même si les différences semblent limitées  (le problème ne se posait toutefois pas tant qu’il ne s’agissait que d’incitants fiscaux comme dans les questions posées par Leterme aux négociateurs de l’Orange bleue) ou une flamandisation fictive des familles bruxelloises en raison d’un régime d’allocations familiales plus favorable.   Ces problèmes ne semblent pas trouver de solution dans cette note.

 

Du point de vue des revendications francophones, l’élargissement de Bruxelles est remplacé par l’idée d’une communauté urbaine, qui ne me semble pas régler le problème posé par la tutelle sur ces communes exercées par le gouvernement flamand : non-nomination des bourgmestres et n’offrir que peu de garanties que de nouveaux problèmes ne surgiront pas ultérieurement même si les plus urgents sont par ailleurs traités comme l’abrogation des circulaires Peters par la mise en place d’un système plus souple signalement une fois par an que l’on désire recevoir ses documents en français plutôt que le cirque actuel, possibilité de financement d’activités culturelles par la communauté francophone et l’abandon de cette idée farfelue de faire inspecter des écoles francophones par des inspecteurs flamands.  Seul l’élargissement de Bruxelles à ces six communes à facilités majoritairement francophones, permettrait de solutionner définitivement ce problème.

 

Il appartient à présent aux négociateurs francophones de se mettre d’accord sur un catalogue hiérarchisé de priorités dans la négociation qui s’annonce : il me semble qu’il convient de ne pas transiger sur certains transfert de compétences, d’exiger que le niveau fédéral est le plus adéquat pour traiter de certaines, d’obtenir plus pour la région bruxelloise et pour les minorités francophones de Flandres (dans ce texte, seuls les germanophones obtiendrait ce statut ?) et de garantir les mécanismes de financement et de solidarité interpersonnelle.  Cette note, par les mécanismes qu’elle prévoit, peut constituer une base de négociation mais n’est certainement pas acceptable comme telle.  Au travail, le compteur s’est remis à tourner…en sens inverse mais il tourne en tout cas sur les écrans de la RTBF.  LOL 

24/12/2007

Une réforme de l'état équilibrée.

C'est qu'il permettra le cas échéant de se passer de la N-VA, par exemple en cas de support de la réforme institutionnelle qui se prépare, par le Spa ou Ecolo.  Cela pourrait être le cas en cas d'accords équilibrés.
 
 
Il est à noter que Gerolf Annemans n'a pas manqué de signaler ce risque, aujourd'hui bien réel Mort de rire, que ce gouvernement conclue des accords équilibrés, ce qui ne les arrangent pas comme cela ne devrait pas arranger non plus les séparatistes de la N-VA.  Les propositions en provenance des libéraux (Open VLD-MR) lui semblaient particulièrement imbuvables:

  • Circonscription fédérale permettant d'interdire durablement les programmes électoraux extrémistes du point de vue communautaire.  Il est à noter que cette idée est à présent défendue aussi en Flandres, par l' Open VLD, une partie du CD&V, Groen.  Il est impossible pour un état fédéral démocratique de continuer d'exister si aucun responsable politique ne doit rendre des comptes devant l'ensemble de la population.  Le roi, qui n'a pas de légitimité démocratique, ne peut à lui seul assumer ce rôle de trait d'union entre les communautés.

  • Elargissement des limites de Bruxelles, refinancement de la région bruxelloise.  L'amélioration du statut des francophones de flandres, il me semble parfaitement inutile de poursuivre la véritable guerre linguistique comme c'est parfois actuellement le cas.  Quel est le profit pour la population flamande d'interdire la retransmission de chaînes francophones sur leur territoire, d'empêcher des commerçants de parler français ou d'afficher dans la langue de leurs clients (doit-on bannir l'usage de l'anglais dans les commerces bruxellois?) ou encore de recevoir certaines informations dans leur langue.  Ces problèmes ne sont pas compréhensibles et certainement pas vu de l'extérieur.  Pourquoi refuser d'appliquer la législation européenne de protection des minorités linguistiques en Flandres?

  • Refédéralisation de certaines compétences (prévention en matière de santé, bruit, etc...).  La santé me semble être un domaine typiquement fédéral si une politique de santé est bonne pour les flamands pour quelles raisons biologiques deviendrait-elle mauvaise pour des francophones?  Nous avons vu à quel point il est impossible de régler le problème des nuisances sonores causées par Zaventem, si ces questions sont abordées de manière régionale.

Toutes ces demandes sont évidemment jugées inacceptables par tous les séparatistes du nord, elles pourront pourtant constituer une monnaie d'échange pour conclure des accords équilibrés face à des demandes flamandes, qui devront dans tous les cas préserver la solidarité interpersonnelle, un niveau fédéral doté d'un budget solide et de compétences homogènes.  

Il me semble qu'il est nécessaire de  rechercher les domaines, dans lesquels plusieurs niveaux de pouvoirs sont compétents et décider de manière pragmatique du niveau auquel ces questions pourront être le mieux traitées.  Si l'exercice est mené sans tabous et sans partir systématiquement du principe que plus on régionalise mieux c'est, comme le souhaitent les séparatistes, alors il me semble alors possible de parvenir à des accords équilibrés et bénéfiques pour tous les belges.

Ce sera la tâche de Verhofstadt III... 
 
PS: Je profite de l'occasion qui m'est donnée pour souhaiter à tous les visiteurs de ce blog d'excellentes fêtes de fin d'année et une très heureuse et prospère année 2008.

19/12/2007

Verhofstadt III met fin à la crise

Tout d'abord, un grand bravo à Guy Verhofstadt!!!   En réussissant à dénouer cette crise en moins de 15 jours, il vient de démontrer qu'il était l'homme de la situation.  Merci aussi au sens de l'état de Didier Reynders, il a compris à temps l'urgence de sacrifier certaines légitimes revendications sur l'autel de la raison d'état.  En acceptant de transiger sur une participation conjointe du cartel CDh/PS à ce gouvernement d'urgence, en renonçant à revendiquer le rôle de premier ministre, il vient de faire preuve d'une abnégation qui démontre un sens de l'état certain.

Comme je le signalais sur ce blog, l'exercice des responsabilités au sein de ce gouvernement ne sera pas simple: 

  • Nous sommes à la veille d'une campagne électorale déterminante en 2009, d'autant plus si de nombreuses compétences sont transférées aux exécutifs régionaux.   Ce gouvernement fédéral réunit en son sein les deux principaux protagonistes de ces futures élections: le MR et le cartel sortant.  Il ne sera pas simple de transcender les différences de fonds entre les deux pour gouverner ensemble.
  • De nombreux chantiers sont aujourd'hui sur la table de ce gouvernement d'ici la mise en place d'un gouvernement définitif pour le 23 mars 2008:
  • Des problèmes socio-économiques urgents: Budget 2008, pouvoir d'achat, prix de l'énergie, confiance et crédibilité au niveau international.  Didier Reynders sera en charge de mettre sur pied un programme de gouvernement au niveau socio-économique.  Il est à espérer que les accords obtenus sur ces sujets par l'orange bleue pourront servir de base à ce programme.
  • Yves Leterme sera quant à lui en charge de préparer la réforme institutionnelle, où rien ne semble être réglé.  Si ce n'est peut-être qu'au sein de cette configuration plus large, disposant de la majorité des deux-tiers et où le rôle de la N-VA sera dès lors dilué.
  • enfin la constitution effective de l'équipe gouvernementale définitive.
Au vu des enjeux, qu'impliquent ces sujets complexes, et des divergences de vue qui subsistent encore aujourd'hui entre les parties prenantes de ce gouvernement, cela nous promet encore de passionnantes passes d'armes dans les semaines et mois à venir.  Que cela ne nous empêche pas de nous réjouir de la réussite présente et d'espérer que cela nous permette de donner un programme socio-économique au bénéfice de la population et une réforme des institutions équilibrée pour l'ensemble des communautés de ce pays.

13/12/2007

Un gouvernement pour ne rien faire!!!

On n'attendrait plus que le MR

BELGA

Mis en ligne le 12/12/2007

Les choses ne semblent pas avoir beaucoup évolué au cours de la journée de mercredi si ce n'est qu'il semble se confirmer que la coalition en vue serait très large du côté francophone. On parle de plus en plus d'un gouvernement orange bleue du côté flamand et d'union nationale (ou plutôt régionale) du côté francophone. Plusieurs proches de la négociation disaient mercredi après-midi que 5 des 6 pressentis pour une telle formule étaient d'accord. On n'attendrait plus que le MR.

Peu d'informations officielles filtraient mercredi. Le seul élément objectif a été le communiqué du cdH dans lequel les Humanistes défendent la constitution d'un gouvernement intérimaire impliquant tous les partis francophones afin de gérer ensemble les problèmes d'urgence qui touchent les Belges. Par ce texte, le cdH officialise en quelque sorte que cette formule est actuellement explorée et tiendrait la corde. Elle va aussi dans le sens de ce que demande le PS depuis deux semaines et qu'évoquait clairement le vice-président du parti, Philippe Moureaux, mardi matin . Du côté flamand, on s'en tiendrait à l'orange bleue, ce qui arrange à la fois l'Open Vld et le CD&V.

Du côté francophone, on élargirait la coalition en y impliquant tous les partis démocratiques soit MR, PS, cdH et Ecolo. Seul le FN serait encore dans l'opposition. Le "deal" qui serait intervenu entre le premier ministre sortant Guy Verhofstadt (Open Vld) chargé d'une mission par le Roi et l'ex-formateur Yves Leterme (CD&V) aurait été l'élément déclencheur pour faire redémarrer les discussions. M. Verhofstadt pourrait rester au "16" pendant quelques mois tandis qu'Yves Leterme serait vice-premier ministre en attendant de reprendre la fonction de premier ministre.

La large coalition à 6 a l'avantage d'offrir une large majorité pour une réforme de l'Etat soit 109 voix sur 150 (la majorité spéciale est de 101) à la Chambre et 52 voix sur 71 (la majorité spéciale est de 48) au Sénat. Dans les deux assemblées, les voix francophones seront nettement plus importantes que les voix flamandes soutenant le gouvernement: à la Chambre une telle coalition disposera de 48 voix dans le groupe linguistique flamand et 61 dans le groupe linguistique francophone et au Sénat de 23 voix dans le groupe linguistique flamand et 29 voix dans le groupe linguistique francophone.

La formule sans les Ecolo n'aurait pas de majorité des 2/3 au Sénat. De plus, la majorité à 6 neutralise entièrement ce que certains appellent "le pouvoir de nuisance de la N-VA". Le petit parti nationaliste a 5 députés et 2 sénateurs. Il s'agit incontestablement d'un élément important notamment pour Ecolo qui a toujours dit que la présence de ce parti dans la majorité constituait pour lui un problème. Un tel gouvernement serait asymétrique à plus d'un titre puisque non seulement le PS y siégerait sans le sp.a mais à ce stade il semble aussi plus que probable qu'on y retrouve Ecolo sans Groen!.

Pour certains observateurs, cela ne constituerait pas un trop gros inconvénient étant donné qu'une telle formule "gèlera toute politique sérieuse jusqu'en 2009 puisque ce gouvernement ne fera rien que de l'institutionnel". De diverses sources on confirmait que Guy Verhofstadt se concentre actuellement sur les partis francophones et plus spécialement sur le MR pour le convaincre du bien-fondé de la formule. "Di Rupo et Milquet ne veulent rien concéder à Reynders", commentait un proche des négociateurs flamands qui ajoutait que la discussion actuelle laisse entrevoir que "ce ne sera sans doute pas plus facile à 6 que cela ne l'a été à 4".

A ce stade, il semble toujours ne pas être question d'en venir à une tripartite traditionnelle. On ressent pourtant un changement d'attitude du sp.a mais les socialistes flamands ne sortiront pas du bois tant que l'Open Vld et le CD&V ne le leur demandent pas. Or, les libéraux et démocrates-chrétiens flamands se contentent actuellement de dire qu'ils sont satisfaits avec une formule qui se limite à l'orange bleue du côté flamand. Un gouvernement asymétrique à six n'est sans doute pas la formule idéale mais, commentait un observateur, "au 185eme jour de la crise, la question n'est plus de savoir qu'elle est la meilleure formule mais qu'elle est la moins pire".

Tout ce petit montage s'effondre, il faut le noter, en cas de refus du MR à participer à cette mascarade dont le seul but ne pourra être que de solder les intérêts francophones et ne rien faire!!!!

00:00 Écrit par Philip Hermann dans Crise formation | Lien permanent | Commentaires (30) | Tags : cdh, mr, didier reynders, formation, gouvernement, ps, ecolo |  Facebook |

12/12/2007

La nausée...

Voilà ce que je ressens alors que les présidents du cartel CDh/PS opposent leur veto à la possibilité pour un francophone d'accéder, pour la première fois depuis plus de 30 ans, à la plus haute fonction politique de ce pays. 

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Où est le respect de la démocratie?  Deux gagnants ont émergé du scrutin de ce 10 juin: Yves Leterme, qui a mené à la victoire avec 30 siège le CD&V/N-VA et Didier Reynders, qui a permis au MR de devenir la première formation politique à Bruxelles et en Wallonie.

Le premier a eu la main pendant 6 mois, il a échoué à trois reprises dans ses tentatives de former un gouvernement.  Du moment qu'une réforme de l'état se réalise, ni lui, ni son parti ne semble plus revendiquer la place de premier ministre.  Plutôt que de se ranger derrière la candidature du premier politique wallon, le PS et le CDh préfère briser le front francophone, s'unir dans un tout sauf Reynders et choisir n'importe lequel des flamands plutôt que l'un des leurs.  Même si celui-ci est le plus légitime quant au score électoral en tout cas et qu'il a l'assentiment des partis flamands.  Quelle honte!!!  Quel mépris de l'électeur!!!

Je ne peux m'empêcher de songer au soutien de la présidente CDh à la candidature, désavouée par les électeurs, du président du PS.  Cela ne lui posait pas de problème alors, de voir un wallon revendiquer ce poste.  Son attitude est de plus en plus incompréhensible sauf si nous l'analysons comme une décision de sa part de faire du CDh, une simple annexe du PS.  Seul un pacte secret la liant à ce parti, permettrait d'expliquer ses innombrables atermoiements et revirements.  Car aujourd'hui, plus rien ne semble compter si ce n'est la participation du PS à un futur gouvernement: plus personne ne parle de contenu ou de la teneur des réformes.  Quel dommage de ne pas avoir informé son électorat de l'existence d'un tel pacte avant les élections!!!  Je ne doute pas que la défaite subie par le PS, eut également été la sienne.   Qu'elle se méfie toutefois de cette nouvelle alliance, le MR a l'expérience de ce que vaut la parole de Monsieur Elio Di Rupo.

Ce qui est sûr, c'est que si le front des francophones se résume à "tout sauf Reynders"... je soutiens sans équivoque la position de ce dernier de préférer alors l'opposition.  Qu'ils se débrouillent alors, seuls, pour négocier cette réforme de l'état.  Ces deux partis nous ont habitué à beaucoup de turpitudes et de renoncements dans leur quète effrénée de postes et de pouvoir, particulièrement lorsqu'il s'agissait de réformes institutionnelles.  De surcroit, ils sont aujourd'hui très affaiblis l'un par sa défaite électorale historique, l'autre par son attitude pendant la négociation.  Ils feront de Didier Reynders, un martyr.  Ils braderont les intérêts francophones sur cet autel et nous verrons le résultat lors du prochain scrutin.  

05/12/2007

Guy Verhofstadt: les raisons d'un retour...

Après presque 6 mois de crise, il était clair que ce pays ne pouvait rester l'otage des diktats de 5 élus indépendantistes flamands.  Les problèmes socio-économiques réclamaient d'urgence l'entrée en scène d'une personnalité charismatique, pour laquelle l'intérêt du pays primait indubitablement sur les ambitions personnelles: ce sera Guy Verhofstadt.

Battu par le cartel lors du dernier scrutin, il a clairement décidé de faire un pas de côté afin de laisser émerger une nouvelle génération politique dans son propre parti politique et il n'est jamais intervenu dans le débat de cette formation.  Ce faisant, il apparait aujourd'hui comme l'homme de la situation.

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En effet, l'échec de Leterme est avant tout l'échec d'une méthode: un compromis ne se négocie pas en plaquant ses partenaires de négociation contre le mur (politieke moed?) et en leur soumettant  une liste de revendications, où leur seule marge de manoeuvre serait d'en refuser certaines particulièrement imbuvables (souvenons-nous de la régionalisation des plaques d'immatriculation) tout en refusant dans le même temps de traiter aucune des revendications en provenance de votre interlocuteur (élargissement et refinancement de Bruxelles, extension de certains droits pour les francophones de la périphérie, circonscription fédérale, refédéralisation de certaines compétences comme les nuisances sonores de Zaventem, etc...) sans d'ailleurs prendre la peine d'argumenter.

Dans ce contexte, la méthode Verhofstadt apparait aujourd'hui comme visionnaire, pragmatique et inventive.  C'est évidement comme cela que des solutions équilibrées pourront voir le jour.  Il le disait déjà durant la campagne électorale au nord lors des débats l'opposant à Leterme.  Les faits lui ont clairement donné raison.

Pour résoudre les questions communautaires et procéder à une réforme de l'état équilibrée, qui préservent les intérêts de chaque communauté...il faudra impliquer tous les partis politiques démocratiques et partir d'une feuille blanche.  Tous les problèmes doivent être abordés sans tabous, sans oukazes et toutes les solutions devront être conçues dans l'intérêt des gens et pas avec comme but de conquérir une victoire au dépens de l'autre communauté. 

03/12/2007

La valeur ajoutée du PS

Depuis quelques jours, Elio Di Rupo semble faire le forcing pour permettre à son parti de rejouer un rôle dans cette crise.  Je viens de lui adresser ce message sur son blog:

Monsieur Di Rupo,

La situation est grave, c’est entendu…Yves Leterme vient pour la troisième fois de se faire désavouer par les instances de son parti alors qu’un accord avait pu être trouvé sur une de ses notes lundi. Entre l’orange bleue et son cartel avec la N-VA, il vient de choisir la N-VA…voilà en peu de mot la situation.

Vous en appelez aujourd’hui à un gouvernement d’union nationale pour traiter des vrais problèmes des gens, bien pourquoi pas? Même si les réformes institutionnelles proposées par le cartel constituent potentiellement aussi de vrais problèmes pour les “gens”. On parle quand même d’allocations familliales, de compétition entre entreprises flamandes et francophones avec une probable domiciliation en flandres de toutes celles qui sont actives dans les deux communautés si on laisse faire la N-VA…bref les négociateurs francophones de l’orange bleue ont certainement fait ce qu’ils ont pu face aux revendications séparatistes de la N-VA.

Maintenant, vous en appelez à un gouvernement d’union nationale? Comme je le dis, pourquoi pas? Mais quelle serait la valeur ajoutée d’une participation du PS à un tel gouvernement?

  • du point de vue des intérêts francophones, en quoi rajouter votre “non” aux “nons” existants résoudrait les problèmes.
  • du point de vue flamand maintenant, qu’avez-vous à proposer qui permettrait de les satisfaire ou plutôt auxquels de leurs dictats, seriez-vous prêt à céder?

Car les noeuds à trancher sont aujourd’hui connus, ce n’est pas le tout de dire que le PS doit participer, j’aimerais beaucoup savoir à quoi exactement.

Je vous ai beaucoup entendu parler de confiance sur les plateaux de télé, de petites phrases, bref de communication, comme de plus en plus souvent avec le PS…  Vous êtes abondamment revenu sur les prouesses passées du PS, sur ses efforts pour sortir la Wallonie du marasme, etc...  Soyons sérieux, à qui pensez vous faire croire que Geert ou Bart se contenteraient aujourd’hui de belles paroles et de quelques vagues promesses?

Nous savons bien que le seul intérêt d’une participation du PS, serait éventuellement d’écarter le cartel d'un prochain gouvernement, le mieux serait de réussir à en écarter la seule N-VA mais ceci semble impossible.  Une participation du PS sera peut-être nécessaire mais le risque, c’est de faire d'en faire, un martyr!  Car dans ce cas, l’explosion de la Belgique, ce sera en 2009.

Mon message a passé le cap de la modération, vous serez informé de tout suivi éventuel.

18:17 Écrit par Philip Hermann dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : gouvernement, orange bleue, crise, formation, di rupo, ps |  Facebook |

01/12/2007

Didier Reynders, premier ministre.

Voilà, c'est fait Yves Leterme, après 173 jours de négociations, a fini par jeter le gant.  Depuis sa victoire du 10 juin, il n'a jamais paru pouvoir transcender sa campagne populiste et surtout sa stratégie d' alliance avec un parti nationaliste flamand, au programme inacceptable.

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Cet échec est une démonstration claire de l'incapacité de la N-VA de devenir un parti de gouvernement.  Personne n'est dupe du jeu de "zwarte Piet" (valet noir) de cette fin de négociation, où la N-VA d'une chambre secrète jouxtant la table de négociation, a voulu dicter le programme d'un futur gouvernement pour tous les belges.  Le responsable de cet échec, ce n'est pas le CDh et encore moins le MR, mais le jusqu'au boutisme de la N-VA et de certains CD&V.  Yves Leterme, qui était l'artisan de cette stratégie d'alliance avec ce reliquat de la Volksunie, n'a jamais paru capable de dominer ce mouvement, qui ne comptait pourtant que 5 députés élus.

Selon toutes vraissemblance, c'est le tour à présent de Didier Reynders de s'atteler à cette difficile tâche de formation et de réconciliation du pays.  Faut-il jeter les accords obtenus durant cette longue période de négociation, ce n'est pas mon avis:  le programme de gouvernement de l'orange bleue est un programme ambitieux et la conférence de réconciliation nationale, imaginée pour résoudre les conflits communautaires me semble nécessaire.

Aujourd'hui, la crise est profonde mais de nombreuses options s'ouvrent aux prochain formateur:

  • Convaincre le CD&V de renoncer au cartel.  Pour faire l'appoint de l'infréquentable N-VA, les écolos seraint alors disponibles.  Cette configuration aurait le mérite de regrouper l'ensembles des gagnants du 10 juin et d'accorder une place importante aux problèmes sociaux et environnementaux posés par le renchérissement du prix de l'énergie.  Tous les lecteurs de ce blog, auront compris que là est ma préférence même si il ne faudrait pas que ces écolos ne viennent avec des revendications démesurées par rapport à leur poids politique.
  • Si le CD&V n'est pas capable de tirer un trait sur le cartel, alors un arc-en-ciel est une configuration probable dont le principal désavantage serait de remettre en selle les perdants socialistes tant au nord qu'au sud.
  • Dernière option, la constitution d'un gouvernement d'urgence sous la forme d'une tripartite traditionnelle, dont l'unique objectif serait alors de traiter les questions institutionnelles.

L'intérêt de cet échec, c'est que désormais plusieurs configurations sont ouvertes...  L'échec de Leterme doit-il être celui du CD&V?  Cette question va maintenant se poser avec une nouvelle acuïté...

 

28/11/2007

Pourquoi faut-il réussir l'orange bleue?

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Parce que son programme de gouvernement économique et social est à la fois ambitieux et équilibré entre deux pôles, qui ont trop souvent été considérés comme antagonistes: le dynamisme économique et la récompense des mérites et d'autre part la préservation et même l'amélioration de la protection sociale.
 
L'orange bleue se fixe comme objectif de relancer l'activité en renforçant l'attractivité de la prise de risque (investissement), de la création d'activité et donc de la création d'emploi.

Si la sécurité sociale s'étouffe et menace de s'effondrer sur elle même...c'est surtout parce que notre taux d'activité est trop faible pour en supporter le coût. Modifier ce paramètre et tout d'un coup la spirale du déclin s'inverse...

260 000 nouveaux emplois sont au programme.

L'orange bleue prévoit également de nombreuses avancées sociales:

  • une amélioration du statut des indépendants: il est temps de l'aligner sur sur les autres statuts, si nous voulons stimuler la création d'activité
  • des plus petites pensions
  • de la prise en charge des malades chroniques
  • des plus bas et des moyens salaires par la voie d'une nouvelle réforme fiscale, qui augmentera le salaire poche sans pénaliser la compétitivité de nos entreprises.



Comment parvenir à maintenir néanmoins l'équilibre budgétaire auquel les libéraux sont effectivement attachés?

  • Un premier gisement d'économies réside dans le non remplacement de fonctionnaires partant à la retraite et dans l'amélioration de la productivité de l'administration, notamment grâce à son informatisation (par exemple du département de la justice). La Belgique est à la fois le pays européen qui compte le plus de fonctionnaires et celui où sa population est la moins satisfaite des services prestés. Cela peut changer, vous ne croyez pas?
  • Il est évident que la création de 260 000 nouveaux postes de travail, permettra de singulières économies en termes de dépenses publiques notamment en matière d’allocations de chômage. 
  • Enfin, les précédentes réformes fiscales ont démontré la validité de l'adage cher à Jean Gol: "Trop d'impôts, tue l'impôt!" et certainement au niveau de fiscalité que nous connaissons en Belgique: à chaque diminution de la pression fiscale sous les gouvernements Verhofstadt, a correspondu un accroissement des recettes...notamment grâce à une augmentation des recettes TVA, suite à une hausse de la consommation. Ce phénomène est particulièrement vrai lorsque ces réformes concernent les bas et moyens revenus, qui thésaurisent moins que les plus hauts revenus.


Le mécanisme est limpide et transparent, il a d'ailleurs prouvé son efficacité dans d'autres pays ou régions européennes. L'Irlande par exemple, est passé en 10 ans d'un chômage endémique comparable à celui de la Wallonie, à une situation de quasi plein emploi (4-5% de chômage) en profitant c'est vrai des fonds européens pour abaisser la pression fiscale au niveau le plus bas en Europe.

Ces solutions évidentes se sont toujours heurtées à l'opposition dogmatique du PS:

  • on ne touche pas au nombre de fonctionnaires même si des gains de productivité se font jour grâce à l'emploi de nouvelles technologies.
  • on ne réemploie pas les budgets économisés par une bonne gestion dans les soins de santé, par exemple (je sais reconnaître certains mérites aux socialistes), ailleurs que dans les soins de santé.  Cette guerrilla budgétaire, que le CDh tente d'ailleurs de préserver, nuit à l'efficacité dans la gestion des ressources.  Il faut lutter contre la tentation humaine mais parfaitement absurde en terme de gestion liée au prestige de gérer les budgets les plus importants.
  • Toutes les économies réalisées et marges budgétaires dégagées doivent servir à augmenter prioritairement et quasi exclusivement les prestations sociales alors que ce que demandent les allocataires sociaux, si vous prenez la peine de les interroger....c'est prioritairement de retrouver un travail. 
Durant des décennies, nous avons subi la gestion typique de la pénurie propre à l'idéologie socialiste et aussi à ses dérives clientélistes.


Cette paralysie dogmatique a entraîné la léthargie de notre économie, où chacun semblait se résoudre à un inéluctable déclin, c'est cet état d'esprit qu'il convient de changer!!! Quand je vous disais que le PS était un parti conservateur!!!! C’est ce changement que les électeurs du 10 juin ont demandé par leurs votes.  C'est la raison pour laquelle il est important de ne pas se résoudre à un échec de cette formation pour des raisons communautaires.  Toutes ces avancées sont déjà dans l'accord de gouvernement et seraient impossibles si un gouvernement d'urgence ou pire une tripartite traditionnelle devait s'avérer nécessaire.

21/11/2007

Pour le dire simplement...

A la place d'attendre un geste de conciliation qui ne venait pas, le MR a préféré prendre ses responsabilités et admettre dans les débats télévisés de ce week-end, ce que tout le monde sait déjà: si nous ne voulons pas voir la Belgique disparaître, il faudra négocier une réforme de l'état.

Quel sera son contenu?

-Un élargissement de Bruxelles contre une plus grande autonomie de la région flamande?

-Une circonscrition fédérale?
 
-Un premier ministre issus de cette circonscription fédérale?

-La refédéralisation de certaines compétences et le transfert aux régions d'autres!!!

Les mandataires MR, qui ont pris la parole ce week-end, n'ont fait que répéter ce qui se négocie depuis des mois maintenant. Dire qu'on accepte de négocier, dire qu'on veut le faire dans une structure externe au gouvernement, où seront associés l'ensemble des partis démocratiques belges, n'a rien de scandaleux!!! C'était déjà l'accord obtenu par l'éclaireur Van Rompuy.  Il faut accepter de discuter de tout sans tabou, mais une négociation implique la conclusion d'accords équilibrés.  Dans ce cadre, un renforcement de la structure fédérale ne peut être exclu.  C'est ce qui sera le plus dur à faire passer au sein de la N-VA, qui est ouvertement séparatiste.  L'orange bleue peut-elle, doit-elle se passer de la N-VA?  C'est en tout cas arithmétiquement possible!!!

Maintenant, personne au MR n'en démord:

-La scission unilatérale de BHV n'est pas acceptable et sera négociée par l'orange bleue.  Des garanties seront obtenues afin d'éviter à l'avenir de tels votes: majorité flamande contre opposition francophone.  Il en va de la survie de notre démocratie.

-La nomination des 3 bourgmestres MR de la périphérie reste un prélable à tout accord institutionnel, même si ce point est difficile vu le radicalisme de Marino Keulen, en charge de cette matière au gouvernement flamand.

-Toute réforme de l'état devra faire l'objet d'un consensus entre les régions.
 
-Une majorité des deux-tiers devra être recherchée en dehors du gouvernement pour réaliser cette réforme institutionnelle.
 
-Des concessions et la levée de certains tabous devront être obtenues de part et d'autre de la frontière linguistique.

En le disant clairement pour la première fois dans les médias francophones, le MR fait le premier pas...Ce faisant, il réalise le désir des manifestants de ce week-end préserver une Belgique fédérale unie.
 
Yves Leterme ne peut clairement pas prendre le risque d'échouer cette fois encore: il doit convaincre à l'intérieur du CD&V et aussi la N-VA, très opposée à tout renforcement de l'état fédéral.   En cas d'échec, il faudrait alors songer à un gouvernement d'urgence et à organiser une structure qui entame un dialogue sur l'avenir de la Belgique.  Les prochains jours seront cruciaux!!!

11:01 Écrit par Philip Hermann dans Crise formation | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : orange bleue, mr, leterme, cd v, n-va, formation, gouvernement |  Facebook |

12/11/2007

Les débats du week-end.

J'ai visionné l'ensemble des débats de ce week-end consacré à cette profonde crise politique, tant sur les chaînes flamandes que francophones.  Et je suis halluciné.

Au cours de l'émission "Zevende dag", Jo Vandeurzen ne semble absolument prendre la mesure de ce qui est en train de se passer et ne semble tenir à nouveau aucun compte des positions unanimes des francophones.

Ces débats permettent toutefois d' identifier clairement les exigences et les problèmes du CD&V: 

Exigences: 

  • Yves Leterme doit devenir premier ministre: pas de participation gouvernementale du CD&V/N-VA sans que cette condition ne soit remplie.
  • Le gouvernement doit procéder à une grande réforme de l'état, dans le sens d'un très important transfert de compétences vers les entités fédérées (emploi, santé, sécurité routière, etc.) et les francophones doivent s'engager à réaliser celle-ci avant toute formation d'un gouvernement
  • Le signal donné par le vote de BHV en commission de l'intérieur par l'ensemble des partis politiques, n'est qu'un premier signal donné: "les francophones ne peuvent désormais s'abriter derrière les mécanismes constitutionnels pour refuser les exigences flamandes, autrement la loi du nombre sera appliquée."
  • Le CD&V ne lachera jamais son partenaire N-VA, qui a beau jeu de se draper derrière un programme électoral (rédigé de concert par les deux membres du cartel) pour refuser tout compromis sur le plan communautaire.  Il est vrai que ce cartel doit une partie de son succès à ce programme particulièrement irréaliste et imbuvable du côté francophone.  Cette crise ne profite d'ailleurs qu'à ce seul partenaire ouvertement séparatiste.

Problèmes:

  • Une grande réforme de l'état nécessite une majorité (2/3) dont ne dispose pas l'orange bleue.  Il faudrait donc élargir cette majorité à d'autres partis politiques ou rechercher une majorité en dehors de ce gouvernement.  Ce problème, qui se pose depuis le premier jour de cette formation, ne semble pas résolu.  Pourquoi continuer à l'envisager alors qu'il n'existe même pas le début d'une esquisse de solution à ce problème de majorité, puisque même pour les partis francophones de cette coalition, il n'y a pas même un début d'accord?  Ce qui permet de singulièrement relativiser les fanfaronades du président du PS sur les plateaux francophones:  quelles concessions celui-ci serait-il prêt à accepter au profit des partis flamands pour entrer dans ce gouvernement ou l'aider de l'extérieur.  Est-ce un simple problème de confiance, comme il n'a cessé de l'affirmer tout au long de ce week-end.  Nous sommes ici en pleine fiction surréaliste.
  • Yves Leterme, de plus en plus critiqué en flandres, ne peut pas ne pas devenir premier ministre, sans cela le CD&V ne participera pas à un gouvernement.  Peu importe par ailleurs qu'il n'ait réussi jusqu'ici ni à faire la preuve de sa capacité à s'élever au dessus des revendications partisanes flamandes ni de proposer des compromis acceptables et acceptés par ses partenaires de coalition francophones, et encore moins de trouver une majorité à l'extérieur, voire même à l'intérieur de cette formation.  On nous a beaucoup dit que Leterme souffrait du syndrôme d'Asperger, un autisme de génie, ne serait-ce pas plutôt un simple autisme.  Que ces questions restent posées après 150 jours de formation, me semble prouver à suffisance l'inadéquation de l'homme à la fonction.
  • Je ne suis pas sûr que Jo Vandeurzen prend la mesure de la soumission qu'il exige des francophones.  Si les négociateurs francophones le laissent faire, il s'agirait tout simplement pour les francophones de renoncer à vivre dans une démocratie.  Je me pose sincèrement la question de savoir si Monsieur Vandeurzen possède simplement les capacités intellectuelles d'être le président du plus important parti démocratique flamand.  Et je pèse mes mots.  Il est également hallucinant de constater que ces déclarations totalitaires, ne sont simplement pas relevée par des intellectuels flamands ou des médias flamands.
  • Comment quelqu'un comme Bart De Wever, après des déclarations qui auraient sans doute couté leur carrière à tout politique francophone, continue-t-il à dicter l'agenda de ce cartel et de cette formation.  A de nombreuses reprises, le CD&V est revenu sur des positions de compromis sous la pression de ce parti qui représente à peine 5 députés notamment:
  •  
    • sur la note Van Rompuy, qui avait permis à ces négociations de reprendre
    • sur la circonscription électorale fédérale
    • sur BHV, ce qui a mené à ce vote indigne en commission de l'intérieur
    • aujourd'hui ce  plan de sortie de crise royal, même s'il doit avoir été largement suggéré par Leterme, lui-même, par Dehaene et même par Herman Van Rompuy
    • N'oublions d'ailleurs pas que toute participation à un gouvernement de la N-VA est conditionnée à l'approbation par deux-tiers de ses militants réunis en congrès.  Les félicitations recueillies par l'ami Bart après ce vote indigne en commission de l'intérieur ne me laisse rien présager de bon.
Au vu de ce qui a été discuté ce week-end d'autre part sur les plateaux de télévision francophones par les 4 présidents de partis francophones, il est indéniable que le dialogue de sourds n'a jamais été aussi profond.
 
La responsabilité des dirigeants du Cartel CD&V me semble au vu de ces quelques faits, accablantes.  D'après plusieurs commentateurs flamands, ils semblent déterminer toutes leurs décisions et volte-faces en fonction de sondages, du nombre de mails reçus et sans doute aussi de la fréquentation de leur site internet, un nouvel avatar de "la politique du clic".  Comme j'ai déjà eu l'occasion de le suggérer ces derniers jours, il me semble évident que ce cartel devra tôt ou tard sortir de son délire, se confronter à la réalité et plus important en tirer toutes les conclusions.  Oserai-je suggérer de renoncer à ce cartel avec des séparatistes, qui me semblent toutes possibilités de solution à leur seul avantage d'ailleurs.
 
Je ne peux m'empêcher de compatir avec nos négociateurs francophones: ces voltes-face, cette indécision et surtout ce manque flagrant de compréhension des mécanismes élémentaires de fonctionnement d'un état démocratique, ne doivent pas être facile à gérer.  Ils ont tous mes encouragements.  Par contre, je suis aujourd'hui convaincu que le PS, malgré ses dires, n'aurait que bien peu de valeur ajoutée à apporter.

10/11/2007

Qui fait encore confiance à Yves Leterme?

Avec une question similaire, Yves Leterme et le CD&V/N-VA a eu raison de Guy Verhostadt lors de ces dernières élections.  Aujourd'hui, elle semble se poser avec de plus en plus d'acuïté à la personne, qui la posait pendant la campagne électorale, et particulièrement dans les médias flamands?

La grenade institutionnelle balancée ce vendredi par Jo Vandeurzen et son compère Bart De Wever pour faire avorter le projet royal (sans doute suggéré pourtant par Monsieur 800 000 voix, après l'avoir été par Jean-Luc Dehaene, lui-même) de séparer l'exercice de formation d'un gouvernement et la réforme institutionnelle, place ce pays dans l'impasse.

Le président du cartel semble ignorer les appels de plus en plus pressants de la population et des médias à la nécessité de former un gouvernement, qui traite des problèmes des gens.  Inversant de manière hallucinante les rôles après ce vote indigne en commission, le cartel exige aujourd'hui des garanties et assurances quant à une réforme de l'état: donnons les!!!Moqueur

Faudrait-il pour autant abdiquer la défense des intérêts francophones...là, je crois qu'il ne faudrait pas que Monsieur Vandeurzen ne prenne ses rêves ou ceux de la N-VA pour la réalité.  Si les négociateurs francophones de l' Orange bleue et particulièrement Didier Reynders, n'ont pas cédé aux dictats séparatistes pendant 150 jours, ils ne seront sans doute pas plus conciliants après ce coup de force indigne en commission de l'intérieur, ni même après ces pathétiques dernières rodomontades médiatiques.  Le cartel ne pourra faire l'économie d'un retour aux réalités: plus il s'entête, plus celui-ci fera mal!!!  LOL

Tant que la Belgique sera une démocratie, les solutions institutionnelles ne pourront exister que comme des compromis acceptés par une majorité tant en Flandres que dans le monde francophone.  Si ces réformes se veulent constitutionnelles, c'est alors d'une majorité des deux-tiers dont il faudra disposer.  Hors de cette arithmétique politique élémentaire, point de salut que le négociateur ait 800 000 voix ou 1 million, voire 2... pas de salut.

Combien de temps, les tenants des thèses les plus jusqu'au boutistes et donc les plus improbables resteront populaires en Flandres?  Voilà la seule question, qui reste encore mystérieuse!!! LOL  En réglant son pas sur celui de la NVA, le CD&V ne manquera pas d'apparaître comme un strict parti d'opposition sans autre solution à proposer qu'une intenable et parfaitement stérile guerrilla entre communautés?

Chapeau Didier Reynders!!!  Du génie politique à l'état pur!!! Mort de rire

22:05 Écrit par Philip Hermann dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : gouvernement, vandeurzen, mr, didier reynders, yves leterme |  Facebook |

22/10/2007

Des propositions constructives:

Les récentes propositions de Didier Reynders me remplissent de joie, je les appelaient de mes voeux sur ce blog depuis longtemps et encore à la fin du mois d'août lors de l'entrée en scène de l'éclaireur Van Rompuy.

1.  Une circonscription fédérale:  Constituée par 20 à 50 députés, qui seraient élus par l'ensemble des électeurs belges.  Elle serait un outil fédérateur puissant, qui interdirait les campagnes haineuses vis à vis de l'autre communauté linguistique.  Leterme n'a-t-il pas affirmé que les francophones étaient mentalement incapables d'apprendre le néerlandais?  Laurette ne vient-elle pas d'affirmer que les flamands étaient de la "mérule"?  Ce type de déclaration ne peut avoir lieu que lorsqu'elles sont électoralement indifférentes, lorsqu'on a pas à en répondre devant les électeurs de l'autre communauté.  Ce système est malsain, il laisse le roi, seul garant de la pérennité de la nation et n'existe d'ailleurs dans aucun autre système fédéral...Même la confédération helvétique exige de ceux qui veulent exercer les plus hautes responsabilités de l'état, qu'ils répondent de leurs actes devant la nation toute entière!!!

2.  La possibilité pour la communauté française d'intervenir en territoire flamand, dans la périphérie bruxelloise, pour y subsidier des infrastructures culturelles, des écoles, des bibliothèques.  Cela améliorerait la qualité de vie des francophones qui y habitent, cela aurait un impact concret sur le quotidien des gens.  L'effet annexe, qui n'est pas négligeable en cette période de tensions communautaires, serait de garantir, en cas de scission du pays, que les territoires où ces interventions seraient autorisées, ne pourraient suivant la jurisprudence internationale, faire l'objet d'une annexion automatique par l'une ou l'autre communauté.

3.  Le refinancement de Bruxelles et le financement de travaux d'infrastructure importants et stratégiques pour Bruxelles (grand stade, palais des congrès, etc) qui permettraient de la doter d'outils indispensables à une capitale européenne.  Investir dans Bruxelles, c'est reconnaître son importance pour l'ensemble de la Belgique et c'est également mettre fin à l'injustice représentée par les travailleurs navetteurs, qui domiciliés à l'extérieur, payent donc des impôts ailleurs et ne permettent pas à cette région de disposer des ressources nécessaires à son rayonnement.

Ces propositions institutionnelles ont l'immense avantage de prendre les négociateurs flamands au mot: le séparatisme ne serait, malgré leurs propos de campagne, pas au programme.  En acceptant ces propositions, ils garantiraient la pérennité de la Belgique, il obtiendrait la scission de BHV, si importante symboliquement, et ils auraient une réforme de l'état, qui permettrait une meilleure responsabilisation des politiques, même si ce n'est pas dans le sens que certains auraient souhaité. Cool

En revanche, si tous ces discours lénifiants en période de négociation n'étaient que des mots, destinés à masquer un séparatisme rampant (présent très officiellement avec la présence de la NVA dans ces négociations), alors Leterme rejetera cette proposition mais alors la rupture ne pourra sans doute pas être évitée.

06/09/2007

Une spirale positive

Une spirale Positive

Depuis l'interruption des négociations par le formateur, Yves Leterme, nous assistons à une spirale de la négativité.  Au départ, seule Madame Milquet, semblait dire non à tout et maintenant nous entendons plus que des "nons" de toute part.  

  • Le CD'N V/NVA dit "non" à toute formation de gouvernement qui n'impliquerait pas de grandes réformes institutionnelles.

  • Ils ont aussi dit non à la désignation d'un duo de "démineurs", De Croo, Langhendries.

  • Le CDH dit non à toute réforme institutionnelle, exigeant une majorité des deux-tiers.

  • Ecolo dit non à la NVA, à tout ce qui a été négocié jusqu'ici...et conditionne son entrée à celle de Groen.

  • L' open VLD dit non aux contre-revendications des francophones devant le "cadre" de négociation proposé par les négociateur flamands.

  • Le PS semble quant à lui se réjouir de l'impossibilité de former une orange bleue.

Après presque 90 jours de négociation pour former un gouvernement, il me semble important pour sortir de cette crise, d'inverser la tendance.

Quels sont les points d'accord?

  • Les partis flamands veulent plus de "goed bestuur", ça tombe bien les électeurs du MR aussi.  Didier Reynders, qui a fait campagne sur ce thème, notamment à Charleroi, doit en partie sa victoire au ras-le-bol des électeurs face à la multiplication des scandales.  Cependant, j'ai beau consulter tous mes dictionnaires NLS-Français...  et dans aucun de ceux-ci, "goed bestuur" ne se traduit par REFORMES DE L' ETAT (Staatshervorming) comme semble le prétendre les négociateurs flamands.  Goed Bestuur, cela correspond plutôt à la mise en place de règles de "bonne gouvernance" permettant de lutter contre les abus et les dérives.  J'aimerais qu'on m'explique comment un simple transfert de compétence vers les entités fédérées permettrait de parvenir à ce résultat!!!  N'existe-t-il pas d'autres moyens, notamment législatifs, par exemple en renforçant les sanctions visant ceux qui commettent ces dérives, qui permettraient de répondre efficacement à ce légitime souhait de la population tant au Nord qu'au Sud du pays???  Jusqu'à preuve du contraire, la justice reste bien une compétence fédérale, c'est à ce niveau que nos négociateurs pourraient prendre les mesures les plus efficaces.

  • Pour faire face aux défis de la mondialisation et de la compétition entre régions dans un monde globalisé, il est utile d'envisager une nouvelle réforme de la fiscalité et notamment celles concernant les entreprises.  De l'avis de tous les spécialistes et notamment des premiers concernés la FEB, les intérêts notionnels et la baisse de l'impôt des sociétés ont permis de rendre notre pays plus attractifs pour des investisseurs étrangers.  Pour quelle raison étrange, faudrait-il aujourd'hui traiter ces questions au niveau régional???  La tendance n'est-elle pas d'ailleurs d'harmoniser ces législations au niveau européen???  Comment prétendre que la Belgique, ses entreprises et ses habitants se trouverait mieux si ces matières étaient régionalisées?  Sauf bien entendu si l'objectif est de permettre une compétition malsaine entre régions d'un pays déjà si petit?  Comment des francophones raisonnables pourraient-ils croire qu'un tel transfert de compétences, permettrait d'améliorer la situation économique de la Wallonie?  Si le mandat des électeurs du Nord et du Sud, c'est de réduire les impots des sociétés pourquoi ne pas le faire au niveau fédéral actuel, comme cela a toujours été le cas?

  • La solidarité...  Bien des négociateurs flamands insistent sur la nécessité de transférer des compétences du fédéral vers les entités fédérées afin de répondre aux préoccupations sociales de leurs électeurs: ils évoquent les allocations familliales, les soins de santé, des mesures spécifiques pour le chômage, qui toucheraient spécifiquement les travailleurs âgés au Nord et les jeunes au Sud.  Selon eux, les différences entre le Nord et le Sud du pays seraient telles que seul un transfert de compétences aux entités fédérées permettrait de satisfaire les besoins spécifiques à chaque communauté.  A première vue, le raisonnement semble être de bon sens...à première vue seulement.  Dans le cas des allocations familliales, j'aimerais qu'ils m'expliquent pourquoi les parents flamands mériteraient plus ou auraient plus besoin d'une revalorisation de ces allocations familliales que les parents d'enfants francophones?  Dans le cas des soins de santé, j'aimerais qu'on m'explique en quoi les patients flamands et francophones sont tellement biologiquement différents qu'il faudrait que la décision de remboursement de leurs médicaments, soit régionalisée.  Un médicament, qui conviendrait à un patient flamand, deviendrait-il nocif pour un patient francophone.  Dans le même ordre d'idée, pourquoi ne pas réfédéraliser la médecine préventive?  Un vaccin ou un dépistage de cancer, sont-ils spécifiquement adaptés à une communauté linguistique?  Concernant le chômage, j'aimerais également que l'on m'explique en quoi une mesure qui serait bonne pour un chômeur agé au Nord deviendrait mauvaise ou inutile pour un chômeur âgé francophone, en quoi mettre en place des programmes d'activation de chômeurs spécifiques pour des jeunes sans formation au sud, seraient moins utile à un jeune sans formation du Nord?  Tout cela me laisse perplexe, sauf à considérer des raisons de politique bassement politicienne.  Par exemple, des allocations familliales revalorisées de 75€ seraient un élément de séduction important pour forcer des parents bruxellois francophones à changer d'identité linguistique!!!

  • Les préoccupations environnementales font aujourd'hui l'unanimité, comment ne pas comprendre que ce défi ne pourra se régler que s'il est traité de manière globale et certainement pas s'il est régionalisé. Quel est l'intérêt de faire varier la politique de subsidiation ou la mise en place de normes d'une entité fédérée à l'autre? Comment mettre en place une fiscalité incitative ou dissuasive efficace, si ce n'est au niveau fédéral, voire européen!!! La pollution reconnait-elle la frontière linguistique?

  • Que dire des revendications concernant la régionalisation des plaques minéralogiques ou concernant la sécurité routière. Cela permettra-t-il d'éviter des accidents, si une mesure est bonne d'un côté de la frontière linguistique, pourquoi serait-elle mauvaise de l'autre?

  • Dans le cas de la scission de BHV, j'aimerais que quelqu'un m'explique pourquoi il faut faire d'une question aussi élémentaire que le fait de recevoir l'information communale dans la langue de son choix ou le fait de pouvoir s'exprimer dans sa langue devant un tribunal (par exemple à l'occasion d'un divorce), nuirait gravement aux intérêts de nos compatriotes flamands...au point qu'il serait tout à fait impossible de former dans ces conditions un gouvernement qui réponde aux besoins et aux aspirations des gens.

Inverser la tendance actuelle de négativité, en transformant en objectifs positifs pour tous, les revendications qui semblent aujourd'hui ne pouvoir être réglées, en dépit de tout sens commun, que par des avancées communautaires, est possible. C'est cela que devrait viser à présent l'ensemble des négociateurs. La Belgique est le pays du surréalisme, comment s'en étonner au vu de ces pitoyables négociations !!!


16/08/2007

Une tentative d'humiliation

Je viens de prendre connaissance du cahier de revendications communautaires rédigé par Leterme...

Que personne n'essaye plus de me faire croire qu'il s'agit d'améliorer le fonctionnement de l'état ou la bonne gouvernance!!!  

Ces revendications poursuivent deux buts: mettre fin à la solidarité et humilier.

Comment expliquer la volonté de régionaliser le remboursement des médicaments?  Existerait-il des différences biologiques entre les flamands et les francophones, qui justifieraient que certains médicaments soient remboursés en Flandres et pas en Wallonie?  La volonté est évidente, c'est de permettre une médecine à deux vitesse de part et d'autre de la frontière linguistique...la flandre remboursant des médicaments que les francophones ne pourront pas se permettre de prendre en charge!!!

Pourquoi régionaliser l'impôt des sociétés et des personnes physiques?  Si ce n'est pour permettre une compétition inter-régionale, où la région la plus riche pourrait asphyxier économiquement celle qui l'est moins!!!

Des conventions collectives de travail régionalisée!!!  Dans quel but d'efficacité???  Si ce n'est de permettre la compétition entre une région riche et une plus pauvre, au profit de la première!!!

Par contre, pas un mot sur la régionalisation des pensions, puisque la pyramide démographique pénalise la Flandre.  Dans ce cas la solidarité reste exigée!!!

Même une confédération exige un minimum "d' affectio communis".  Même en Europe (exemple s'il en est de confédéralisme), il existe une solidarité entre régions plus dévelloppées et celles, plus pauvres.   

Les revendications communautaires que Monsieur Leterme nous transmet, démontrent à quel point celle-ci manque désormais en Belgique!!!

Aujourd'hui, je suis devenu séparatiste!!! 

Ce message a d'abord été posté sur le forum de La Libre.

11/08/2007

Comment sortir de Val Duchesse?

Val duchesse
 
Situation: Personne ne semblait avoir anticipé la victoire du MR lors de ces élections et surtout qu'il deviendrait le premier parti francophone: ni Leterme, ni Milquet.  Yves Leterme a donc fait campagne en Flandres essentiellement en opposition aux scandales qui ont révélé au grand jour les problèmes de gouvernance wallon.  
Joëlle Milquet, quant à elle, ne comptait que sur son partenaire régional pour faire son entrée au fédéral.  Ses liens avec le Mouvement Ouvrier Chrétien sont tels qu'il ne faut pas s'étonner de la voir entrer à reculons dans cette négociation, même si dans son parti, les réticences semblent largement moins marquées.
Conséquences stratégiques: 
1.  BHV ne devait pas poser trop de problèmes pour le PS d'Elio, qui n'a jamais porté un grand intérêt à ces "Bourgeois" de la périphérie bruxelloise, qui votent traditionellement massivement pour le MR et pour sa composante FDF.  Le Mouvement est évidement dans l'impossibilité de trahir la confiance de ses électeurs en acceptant un compromis disproportionné tel que promis par Leterme à ses propres électeurs durant la campagne et aussi à son partenaire de la NVA.   La seule issue possible à ce problème, devrait être de revenir au compromis qui avait été négocié en 2005 par la précédente coalition à l'exception notable de Spirit, issu comme la NVA de l'ancienne VolksUnie.  Cela va poser évidement problème à la NVA, dont BHV est un peu le fonds de commerce.  Neanmoins, cette solution, dont je connais d'ailleurs pas la teneur, présenterait l'avantage d'empêcher toute exploitation politique de la situation par les partis qui ne participent pas à la négociation.  Cela reste néanmoins un problème pour Yves Leterme, qui avait fait campagne sur le thème...
2.   Les avancées confédéralistes de Leterme et de la NVA sont jugées imbuvables par les négociateurs francophones.  Elles manquent de plus de fondement puisque le principal responsable des problèmes de mal-gouvernance se trouve aujourd'hui dans l'opposition.  Comment justifier de leur transférer plus de compétences, alors qu'ils sont encore présents au niveau régional?  C'est évidemment absurde!!!  En tout cas pas avant 2009.  Je suis d'ailleurs partisan de regrouper les scrutins à cette occasion, ce qui présenterait pas mal d'avantages:
  • Eviter cette atmosphère de campagne permanente, qui empêche de traiter les problèmes durablement. 
  • Eviter la situation dantesque, que nous connaissons aujourd'hui, avec l'existence de coalitions opposées au fédéral et dans les entitées fédérées.
  • Permettre l'émergence d'une nouvelle génération politique en empêchant les candidatures de "notoriété", impossible pour les ténors de figurer simultanément comme candidat à des niveaux de pouvoir différent.
3.  Plaider pour un fédéralisme de coopération, qui ne nécessiterait pas de trouver un improbable majorité des deux tiers au parlement et de 50% dans chaque groupe linguistique.  Depuis quelques jours, Mark Eyskens, ex-premier ministre et Albert Deschamps, professeur aux facultés universitaires de Namur, proposent un nouveau type de fédéralisme, qui responsabiliserait les entités fédérées, en assurant un contrôle de gestion un peu sur le mode des contrôles indiciels de nos agents fiscaux...  En instaurant des critères clairs, objectifs pour la gestion par les pouvoirs publics: par exemple, la construction et l'entretien d'un Km de voie navigable ou d'autoroute, ou la construction et l'entretien de 1000 logements sociaux, coutent à peu près autant, si vous faites mieux alors vous gagnez autant et si vous échouez alors vous perdez autant. En quelque sorte un système incitatif à la bonne gouvernance si chère au gouvernement flamand et particulièrement à Yves Leterme!!! Cela interdirait définitivement les dérives que nous avons connu à Charleroi et ailleurs!!!
Ce qui est certain, c'est que l'orange bleue devra tenir compte du séïsme électoral du 10 juin et du signal clair donné au Sud du pays pour une meilleure gouvernance publique, pour une responsabilisation des politiques et pour la fin de l'assistanat interrégional notamment. 
Menaces: 
1.  La durée de la négociation, qui renforce chaque jour un peu plus la probabilité d'un retour à l'avant-scène du PS.
2.  L'attachement de la présidente du CDH à son partenaire régional.  Il est à noter qu'il me semble improbable que celle-ci provoque une rupture sur des thématiques communautaire, ce qui interdirait tout retour en scène du PS (qui ne voudrait pas apparaître comme un traitre à la cause francophone) mais plutôt sur des thématiques socio-économiques.  

06/08/2007

Lettre à nos compatriotes flamands

Ce week-end, j'ai voulu réagir à la charge de Jean-Luc Dehaene contre les francophones dans le journal "Le Soir" en rédigeant un message sur le forum du "Standaard".

 

"Enkelen dagen geleden ben ik bijzonder kwaad geworden tijdens het lezen van een interview van oud-premier en sinds kort ook ex-burgemeester Jean-Luc Dehaene in Le Soir (DS 5 augustus).  Wij, franstaligen, zijn het beu dat de vlamingen ons zonder ophouden zaken verwijten die meer dan zeventig jaar geleden gebeurd zijn.  Ik voel me ook niet verantwoordelijk voor de nederlaag van Napoleon in Waterloo.

 

De verkiezingen van 10 juni hebben voor de eerst keer in meer dan vijftig jaar een nieuwe partij (MR) aan de macht gebracht in Wallonië.  De schandalen van de PS zijn eindelijk gerechtelijk vervolg.  Wij hebben voor het eerst een echt kans om onze problemen op te lossen.

 

Maar dat is toch niet voldoende voor onze vlaamse landgenoten...  Ze willen nog een staatshervorming, zelfs als er geen meerderheid bestaat om die te verwezenlijken.  Onze grondwet waarborgt onze belangen!  De propaganda van Vlaamse activisten kan leiden tot een splitsing van België, maar van een ding kunnen jullie zeker zijn: dat zal jullie meer kosten dan jullie denken.  Jullie zullen als de vragende partij beschouwd worden, Brussel is franstalig en zal dat blijven, meer dan 200 000 Vlaamse ambtenaren zullen hun baan mettertijd verliezen.  Want als het Nederland niet langer noodzakelijk is in Brussel, kunnen Franstaligen hen eenvoudig vervangen.

 

De Belgische staatsschuld zal jullie ook meer kosten dan jullie denken.  Een confederatie zal nooit aanvaardbaar zijn voor de Franstaligen.  Als elke vorm van solidariteit verdwijnt, is de sheiding onvermijdelijk.  Ik ben er trots op Belg te zijn, ik denk zelfs dat wij veel kunnen leren van onze Vlaamse landgenoten, maar trop is te veel!"

 

Ce message a été sélectionné et publié comme la lettre du jour par la rédaction du Standaard  et nourrit pas mal de réactions diverses sur le forum de ce journal.  C'est mon prof de néerlandais qui serait content. 

 

Pour ceux qui ne comprennent pas le néerlandais, en voici la traduction:

 

"Il ya quelques jours, je me suis beaucoup énervé à la lecture de l'interview de l'ex-premier ministre et depuis peu ex-bourgmestre Jean-Luc Dehaene dans Le Soir.  Nous, les francophones, en avons marre de nous voir reprocher des faits qui se sont déroulés il y a plus de 70 ans.  Je ne me sens pas responsable non plus de la défaite de Napoléon à Waterloo.

 

Les élections du 10 juin ont pour la première fois depuis 50 ans porté au pouvoir en Wallonie un nouveau parti (MR).  Les scandales du PS sont enfin poursuivis par la justice.  Pour la première fois, nous avons une vraie chance de pouvoir solutionner nos problèmes.

 

Mais ce n'est pas suffisant pour nos compatriotes flamands.  Ils veulent encore une réforme de l'état, même si il n'existe pas de majorité pour y parvenir.  Notre constitution garantit nos intérêts!  La propagande des activistes flamands peut mener à une scission de la Belgique, mais vous pouvez être sûr d'une chose: cela va vous coûter plus cher que vous le croyez.  Vous serez considéré comme la partie demanderesse, Bruxelles est francophone et le restera, plus de 200 000 fonctionaires flamands perdront leur emploi dans l'aventure.  En effet, si le néerlandais n'est plus indispensable à Bruxelles, les francophones pourront aisément les remplacer.

 

La dette de l'état va également vous coûter plus cher que vous ne le pensez.  Une confédération ne sera jamais acceptable pour les francophones.  Si toutes les formes de solidarité disparaissent, alors la séparation est inévitable.  Je suis fier d'être Belge, je pense même que nous avons beaucoup à apprendre de nos compatriotes flamands, mais trop, c'est trop!"

 

 

01/08/2007

Elio y croit encore...

 Sur son blog, à l'arrêt pour cause de vacances, le camarade-président semble croire encore à un retour du PS au niveau fédéral.  J'ai été surpris par cette prise de position...Il m'a l'air bien sûr de lui.

Pourtant les seules configurations qui permettraient ce retour, serait (1) un olivier, mais monter au gouvernement sur un échec de l'orange bleue sur la question de la réforme de l'état, serait politiquement ingérable pour le PS...s'il acceptait de monter au gouvernement pour sauver "Leterme premier" sur ces questions, je lui promets bien du plaisir pour les prochaines élections régionales et également en interne. Pour parvenir à ses fins, il faudrait que le blocage intervienne sur des questions socio-économiques (C'est la tactique du MOC et donc de la présidente du CDH, qui n'oublie pas qu'elle lui doit cette présidence), et c'est évidement le sens de l'opposition permanente du CDH aux libéraux sur ces questions lors des premiers rounds d'observation...Je ne crois cependant pas qu'Yves Leterme la suivra sur ce terrain, le CD'n V étant beaucoup plus proche des libéraux sur ces questions que le CDH et aussi parce que le PS dans l'opposition constitue bel et bien aux yeux de l'opinion publique flamande, une quasi réforme de l'état et déjà une vraie victoire pour la NVA, par exemple. (2)une tripartite traditionnelle, dont on sait qu'elle n'est jamais réunie que pour réaliser un vaste programme de réforme institutionnelle...cela me semble très peu crédible...au vu du front francophone actuel. Le premier francophone qui proposerait ou accepterait cela, se carboniserait immédiatement pour les 10 prochaines années.  C'est une option qui ravirait l'ensemble des séparatistes flamands.

(3)Enfin dernière possibilité, la reconduction d'une violette/arc-en-ciel après avoir constaté que Leterme n'a décidément pas une carrure de premier ministre et pour doter en dernière ressource, ce pays d'un gouvernement. Ce scénario ne me semble pouvoir être joué que dans le cas d'une crise longue et particulièrement tumultueuse, qui effacerait par magie le résultat du scrutin et la très importante défaite du Spa, comme du PS. Il est évident que l'open VLD et le Spa sont les partis flamands les moins vindicatifs sur le plan communautaire et que ce plan B reste possible en cas de blocage absolu dans ce domaine. Mais à quel prix sur la durée...La radicalisation des nationalistes flamands dans ce cas est certaine et le scrutin de 2009, pourrait alors être véritablement le dernier pour la Belgique.

Yves Leterme me semble donc condamné à devoir réussir l'orange bleue même si le prix devait être la rupture du Cartel CD'nV/NVA et même si, côté CDH, Joëlle Milquet sait qu'elle doit sa présidence au MOC, qui exerce une pression intense sur ces négociations et n'envisage qu'un olivier depuis avant les élections.  Je le répète, je ne serai pas étonné qu'elle tente de faire échouer ces négociations sur des questions socio-économiques, seule voie possible pour un retour aux affaires du PS. 

La seule alternative crédible serait une violette/arc-en-ciel pour sortir d'une crise communautaire, mais les dommages pour l'unité du pays de ce scénario me semblent catastrophiques, si nous les analysons sur le long terme.  Quel camouflet ce serait pour les électeurs du nord comme du sud du pays!!!

27/07/2007

Joëlle Milquet est en train de carboniser sa carrière...

A chacune de ses sorties de Val duchesse, on a droit à quelques petites phrases "bien senties" sur ce qu'elle pense de ce futur gouvernement...Y a jamais rien qui va!!!

 

milquet2066

 

La note du formateur est floue... ca me sidère ces commentaires: une note de formation, n'est-ce pas un simple document de travail...qui jette sur le papier de grandes lignes et quelques grands objectifs...ca me semble tellement évident que pour passer au concret, il faut que tous ceux qui le désirent puissent débattre. Pour moi, c'est juste de la politique spectacle, où pour justifier son mandat de négociateur, il faudrait jouer à "je ne suis pas content, cela ne se passera pas comme cela et on va voir ce qu'on va voir"...une farce vide de sens, quoi? Chacun sait qu'il faudra NEGOCIER!!!

Aujourd'hui, Joëlle nous joue...on va réduire les impôts (de cela même les socialistes sont d'accord...il faut diminuer la taxation des bas revenu afin de renforcer l'attractivité de l'emploi et ainsi lutter contre les pièges à l'emploi) mais on ne parlera pas de réforme fiscale??? Qu'est-ce qu'on fait, on ouvre les dictionnaires pour trouver un nouveau mot qui dit différemment la même chose??? C'est ridicule!!! Mais c'est pourtant une constante dans la communication de la présidente du CDH.

Enfin le CDH se pose comme le garant du sacro-saint "Social"...pfff...
Comme l'a très bien rappelé Sabine Laruelle: les pensionnés, les petits salaires, ce dont ils se préoccupent, c'est que leur revenus augmentent: que l'argent vienne d'une réduction d'impôt ou d'ailleurs leur importe peu (une méthode libérale, qui me semble supérieure car moins sujette à exclusion et à clientélisme que des allocations spéciales (réservée à telle ou telle catégorie socio-professionnelle), où pour être sûr d'y avoir droit, il faut faire anti-chambre aux permanences de son élu local)...

Beaucoup de gens au CDH, sont favorables à une participation gouvernementale (60% d'après un sondage mis en ligne par ce parti sur son site internet), Milquet dont les liens avec le MOC et avec le boulevard de l'empereur, ce qui revient au même, sont de plus en plus évident, nous joue chaque jour son rôle d'opposition...Pour rappel: Christiane Vienne (ancienne secrétaire générale) et François Martou (ancien président), ont choisi de se présenter sur des listes du PS, quand ils sont entrés en politique et Thierry Jacques, l'actuel président du MOC, a clairement affiché ses préférences pour le PS et contre l'orange bleue dans une récente interview.

Que le courant Mouvement Ouvrier Chrétien fusionne avec le PS et que les autres rejoignent le MCC (MR) de Deprez et Fourneaux...les choses seront plus claires et l'électeur saura à quoi s'en tenir, non?

29/06/2007

De l'intérêt d'une mission d'information...

Dans les turbulences communautaires que connaît notre pays depuis des dizaines d'années, il me semble, au contraire de beaucoup de commentateurs ces derniers temps, qu'il était important de prendre le temps de rencontrer l'ensemble des acteurs de la société civile afin de comprendre les réalités du terrain et d'en faire la synthèse.

En effet dans le feu électoral, certains, surtout au nord du pays, prétendent, sans être contre dit, que la régionalisation de plus de compétences ménera quasi automatiquement à plus de "Goed Bestuur" ("Bonne gouvernance"), le leitmotiv de la campagne électorale du CD'n V/NVA...

 

vlaamse vlag

 

Les résultats de cette consultation en surprendront sans doute plus d'un: car de l'avis des acteurs de terrain, les demandes iraient également dans le sens d'une amélioration de la coordination des différents niveaux de pouvoir. Si l'efficacité est le critère de choix déterminant d'une enième réforme de l'état, alors il semble clair que ce mouvement devra aller dans les deux sens, soit vers plus de régionalisation, soit vers une refédéralisation de certaines compétences. Dans pas mal de dossier, une meilleure coordination des politiques entre le Nord et le Sud, semble souvent demandée. Les interrogations de la société civile par l'informateur Didier Reynders, n'auront donc pas été vaines pour la poursuite des négociations.

 

Le critère de négociation, choisi par le front francophone: "il faut que toute nouvelle réforme profite aux citoyens du Nord comme du Sud" pourra être étayé par certaines "vérités" en provenance du terrain...une longue mission d'information était donc nécessaire pour réunir un arsenal en vue de cette négociation.

 

Quant au "Goed Bestuur", martelé par Leterme et ses alliés nationalistes flamand: il me semble bon de rappeler certains faits pour les ramener à plus de modestie.

  1. La gestion de la crise des vols de nuit à Zaventem, sous la houlette de Anciaux puis de Landuyt (deux flamands), a conduit à la condamnation de l'état fédéral à 6 reprises et au paiement de lourdes astreintes!!!
  2. L'effondrement de la Sabena, une faillite sans précédent au niveau européen, s'est produit alors que la gestion de ce dossier avait été confiée à Rik Daems et qu'étaient présent à la réunion de l'Astoria, qui a été décisive dans ce chaos, uniquement des flamands: Daems, Verhofstadt, Vande Lanotte...
  3. La crise de la dioxine a été gérée par le très flamand Karel Pinxten, ministre de l'agriculture, du CD'nV et sa collègue tout aussi flamande Freya Vandenbosche, ministre en charge de la sécurité alimentaire.  Ce scandale aurait coûté à la Belgique pas moins de 0,5% de PIB, pas moins!!! 
  4. L'affaire Dutroux et les cafouillages entre les forces de police et de la gendarmerie, se sont produits alors que le ministère de l'intérieur était géré par Louis Tobback puis Johan Vande Lanotte (1988-1998), qui ont laissé se développer cette guerre entre les forces de l'ordre avant qu' Antoine Duquesne ne s'attèle enfin et avec succès à la difficile réforme des polices.
  5. Le scandale de Leernhout et Hauspie (The Belgian Crooks, d'après Bill Gates, qui aurait du dire "Flemish" ) n'a pu voir le jour que parce que Yves Leterme, Jean-Luc Dehaene et Luc Vandenbrande avait fait de cette entreprise Yproise (la commune de Yves Leterme), l'étendard du dynamisme entrepreneurial flamand!!! Trois ténors CD'nV.

Ces quelques exemples témoignent à suffisance que "Goed Bestuur" ne rime pas automatiquement avec flamand et encore moins avec CD'nV...comme Yves Leterme aimerait nous le faire croire. Beaucoup plus de modestie sera nécessaire s'il veut réussir à former une coalition et doter ce pays d'un gouvernement!!!

17:14 Écrit par Philip Hermann dans Général | Lien permanent | Commentaires (52) | Tags : leterme, informateur, formateur, gouvernement |  Facebook |

19/06/2007

L'attitude revancharde du président du PS.

Ce midi, le président du PS n'a pu s'abstenir de témoigner de son dépit face à la spectaculaire victoire électorale du MR.  Il accuse l'informateur de manquer à son devoir d'impartialité.  Après les insultes de Moureau en cours de campagne, ses fausses accusations sur la mise en danger des allocations si le MR passait (la tactique classique de mobilisation par la peur de son électorat) alors que l'ensemble du programme du MR est disponnible sur son site internet et qu'il n'y est fait nulle part mention  de ce danger!!!, voilà les fausses accusations de partialité contre l'informateur royal.

 

di rupo

 

Qui osera dans les médias contredire enfin les contre-vérités du démissionnaire en sursis de Mons.  Il est évident à tout observateur sérieux que les propos de Didier Reynders sur ses préférences en matière de coalition gouvernementale ont été tenus bien avant qu'il n'ait été nommé informateur royal et que depuis cette nomination il ne s'est jamais départi de son devoir d'impartialité.  Pourrait-on lui reprocher aujourd'hui d'avoir simplement répondu aux questions qui lui étaient légitimement posées par les médias au lendemain de sa victoire électorale. 

 

La coalition orange bleue est de surcroît, celle qui semble la plus évidente si on tient compte du signal des électeurs, qui ont lourdement sanctionné les socialistes de part et d'autre de la frontière linguistique, qui se sont clairement prononcé pour un retour aux responsabilité de la famille chrétienne au nord et qui du côté francophone ont permis un spectaculaire renversement des rapports de forces politiques en désignant le MR, comme première force politique du monde francophone.

 

A part une tripartite dont chacun sait en Belgique, qu'elle signifie avant tout un vaste programme de réformes institutionnelles...l'orange bleue est la seule bipartite qui permettrait de réunir une majorité au parlement...  S'en étonner de la sorte, est d'une hypocrisie ridicule.  Mais il semble qu'il faudra désormais s'habituer à ce genre de posture de la part d'un PS revanchard!!!

14/06/2007

Un peu d'arithmétique électorale...

La seule bipartite qui me semble envisageable, c'est une coalition centre droit (cdH, CDNV, Vld, MR), elle réunirait les deux principaux vainqueurs des élections...qui compterait 81 sièges(sur 150 élus), donc une majorité comfortable. Même en retranchant, les élus NVA , on reste avec une majorité de 76 députés, ce qui peut paraître un peu juste mais qui reste une majorité. Pour l'appoint on peut élargir aux écolos autres gagnants de ces élections, qui comptent 8 élus côté francophone et 4 côté flamand.

Il est impossible de réaliser la rouge romaine, tant souhaitée par le PS et son allié cdH à la région, car outre qu'elle comporterait les deux principaux perdants de ces élections, elle ne réunirait pas de majorité (74élus). L'olivier (PS, SPa, cdH, CDNV, Ecolo, Groen) semble très improbable car même s'il réunit une majorité (86 élus)...il laisserait seul sur le côté le MR et il faudrait convaincre la NVA, qui a fait campagne contre l'homme au papillon de sceller cette alliance, et aussi le Spa de jouer dans cette pièce, alors qu'ils ont eux à la différence du PS, pris acte dignement de cette défaite... ce qui rimerait sans doute avec un suicide politique pour les dirigeants de ces deux formations.

Pour réformer la constitution, il faut une majorité des deux/tiers(100 députés/150), la seule coalition (sauf à briser le cordon sanitaire et faire rentrer les partis d'extrème-droite) qui réunirait cette "super" majorité, c'est la tripartite traditionnelle, dont nous savons aujourd'hui que le Spa ne veut pas et on imagine mal que le PS la rejoindrait si c'est dans ce but qu'elle serait réunie puisque les francophones sont toujours uni par le front francophone du refus à toute avancée institutionnelle...donc nous pouvons acter dès à présent l'impossibilité de toute réforme constitutionnelle, sauf si je le rappelle le PS décidait que ce soit une bonne idée de rentrer dans une alliance sacrée en vue de réaliser cette réforme institutionnelle...Risque=0.  A moins qu' Elio décide de saborder complètement son parti, ce que je ne crois pas.

 

Que nos amis du PS, pas vrai Michaël, qui prêchent aujourd'hui la terreur, soient parfaitement rassuré...ils auront eux aussi la possibilité d'interdire toute avancée communautaire...Ils ne seront utile qu'à un gouvernement réuni dans ce but.  Anne-Marie m'a vraiment fait rire ce midi, en pronostiquant que rien n'était fait!!!

Que va-t-il sans doute se passer?

Et bien, après quelques consultations, le CDNV va bien devoir constater qu'il y a impossibilité de réaliser cette partie de son programme et il va en informer son aile la plus séparatiste, qui va pousser des cris d'orfraies pour donner le change à ses électeurs (s'ils exagèrent, ils pourraient également prendre leur 5 députés et rejoindre Jean-Marie De Decker sur le banc des infréquentables) puis on passera aux choses sérieuses: construire un programme qui permettra de rendre la Belgique compétitive en Europe, qui permettra de restaurer l'emploi et aussi qui permettra à la Wallonie de se redéployer économiquement.

La seule incertitude, c'est la durée du processus...le nom des ministres et aussi celui du premier ministre!!! Le reste, c'est de l'arithmétique de niveau primaire, un peu de thêatre et un zeste de mauvaise foi...Le choix des électeurs empêche tout aventurisme!!!!  Et je m'en réjouis!!!

 

La coalition se décidera vers l'orange bleu (centre droit) ou la jamaïque (centre droit+ écolo) sans majorité pour réaliser une réforme de l'état.

 

En matière communautaire, il faudra sans doute régler le problème de BHV, des solutions raisonnables ont failli aboutir sous Verhostadt II, seul Spirit a fait capoter cet accord (espérons que la NVA soit moins absolutiste et désire poursuivre en cartel, ce qui n'est pas sûr), régler la problématique des vols de nuits et enfin mettre au point un vaste accord de gouvernement, qui permette de renforcer la compétitivité de la Belgique par rapport à ses concurrents et adresser les vrais problèmes des gens (comme les pièges à l'emploi, le salaire poche) au moyen d'une nouvelle réforme fiscale et d'un nouveau programme d'accompagnement et de formation des demandeurs d'emplois.

18:02 Écrit par Philip Hermann dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : gouvernement, formateur, elections, belgique, informateur |  Facebook |