18/07/2008

Démission refusée: Leterme poursuit sa mission

La démission du gouvernement Leterme I vient d’être refusée par le roi.  François-Xavier de Donnea (MR), Raymond Langendries (cdH), tous deux Ministres d’Etat, et Karl-Heinz Lambert ont été chargés de trouver un moyen d’offrir des garanties au CD&V/N-VA qu’une grande réforme de l’état pourra bien avoir lieu.  Pendant ce temps, le gouvernement Leterme I pourra se concentrer sur la mise en œuvre du programme socio-économique, déjà décidé avant cette démission surprise du Premier Ministre.

 

Sans vouloir être pessimiste, je doute qu’il s’agisse là d’une décision propre à rassurer ceux qui au sein du cartel CD&V/N-VA avait poussé leur figure de proue à démissionner.  Tout au plus, s’agit-il d’un moyen de permettre à chaque négociateur de souffler quelques semaines en vacance : la reprise est prévue pour le 15 août. 

 

De deux choses l’une, soit ce plan est accepté par les plus radicaux au CD&V et cela signifie que la démission de Leterme était inutile…soit ce plan sera rejeté par le cartel.  Quelque soient les réactions à ce plan, il me semble que l’exigence de « garanties », posée par le CD&V est totalement farfelue…  Tout le monde, tant au Nord qu’au Sud semble prêt à discuter d’une grande réforme de l’état.  Ce point est désormais acquis mais est jugé insuffisant par les radicaux du cartel, de quoi pourrait être constituée des « garanties » ?  Je me pose la question alors que chacun sait depuis Jean-Luc Dehaene que dans une négociation communautaire : tant qu’il n’y a pas d’accord sur tout, il n’y a d’accord sur rien.

 

Ce plan n’a de chance de réussir que si tout le monde est trop fatigué pour poursuivre, le reste est vraiment à mon sens du théatre.  Mais ils sont sans doute tous vraiment fatgués.  On verra !!!

15/07/2008

Yves Leterme a démissionné

Je viens d’apprendre la nouvelle de source sûre sur Facebook (par mon ami Jean-luc Crucke, député fédéral MR), la nouvelle a ensuite été confirmée sur le blog de Mateusz Kukulka (journaliste à la Dernière Heure) : le politique show.

 

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Il n’est pas encore confirmé pour l’instant que cette démission ait été acceptée par le roi.

 

Quoiqu’il en soit, il est évident que cette démission, redoutée par l’ensemble du monde politique et surtout après l’accord obtenu sur les questions socio-économiques ce week-end, ouvre une crise de régime grave, dont personne ne peut à ce stade prévoir l’issue.

 

Il est plus que dommage que cette décision intervienne alors que l’urgence pour les gens ne se situe pas sur le plan communautaire.  L’inflation, la crise financière, le renchérissement de l’énergie, la baisse du pouvoir d’achat, voilà les vraies urgences que quelques excités communautaires ont tenu pour rien.  La population est aujourd’hui prise en otage : l’absence probable de gouvernement et la crise politique qui résultera de cette démission : est un véritable affront à la population !!!

00:19 Écrit par Philip Hermann dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : gouvernement, leterme, demission, communautaire, cd v, n-va, crise |  Facebook |

09/07/2008

Communiqué de presse 08/07/2008 Publication des premiers résultats « www.jevotepourlabelgique.be - www.ikstemvoorbelgïe.be »

Comme promis à l’occasion du lancement de notre site « www.jevotepourlabelgique.be - www.ikstemvoorbelgïe.be », vous trouverez ci-joint les premiers résultats de notre consultation internet sur la situation politique belge.  Nous vous laisserons le soin d’analyser et interpréter ces résultats et nous nous limiterons à quelques précisions d’ordre méthodologique.

 

1.     Notre site a été largement moins diffusé en Flandres que dans la partie francophone du pays.  Cela explique sans doute en partie le taux de participation inférieur  de nos compatriotes flamands.  Quelques problèmes de traduction ont également été évoqués, ils ont été résolus dès que nous en avons pris connaissance.  Il est à noter que le pourcentage de visites, qui n’ont pas donné lieu à une participation, est également plus important en Flandre.  Toutefois, il est assez remarquable de constater que peu de différences sont à constater entre les votes en provenance de Flandre ou de la partie francophone du pays.

2.     Notre partenaire technique (IDWEAVER.COM) avait doté notre site des dernières technologies de détection de fraude.  Cela nous a notamment permis de détecter et de supprimer les participations multiples en provenance d’un même ordinateur.  Néanmoins, il est important de souligner que malgré tout le sérieux apporté à la sécurisation de notre site, il est impossible de garantir que tous les participants à cette consultation étaient bien habilités à y participer.

3.       Nous avons reçu un nombre assez important de mails d’encouragements de la part de participants, d’autres nous indiquant qu’il avait préféré ne pas participer en raison de la difficulté de notre questionnaire : pas tant la formulation de nos questions mais bien leurs implications.  Nous nous sommes volontairement abstenus de toutes explications des enjeux sous-jacents à ces questions afin de préserver le caractère impartial de cette consultation.

4.  Nous avons constaté ces dernières heures une recrudescence des participations (1000 visites le 08/07/2008), il n’en a pas été tenu compte dans cette première présentation des résultats.  Notre site restera en ligne tant qu’une solution définitive des problèmes institutionnels n’aura pas été trouvée et il sera donc possible de continuer à participer à cette consultation au-delà du 07/07/2008.

 

Nous continuerons également à intervalles réguliers à vous transmettre les résultats de cette consultation.  Nous restons à votre disposition pour toute information complémentaire et nous espérons que vous donnerez un large écho à ces résultats.

15:50 Écrit par Philip Hermann dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : leterme, negociation |  Facebook |

04/07/2008

Elio Di Rupo : fallait pas l’inviter !?!

Elio Di Rupo semble de moins en moins inspiré dans son action politique : aujourd’hui, il menace d’abandonner le gouvernement Leterme I si celui-ci ne se soumet pas à ses exigences sociales.  Il souligne sa détermination en engageant une coûteuse pré-campagne électorale en publiant une pleine page de populisme dans l’ensemble des quotidiens francophones aujourd’hui.

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Il semble avoir trouvé un nouveau gimmick publicitaire pour lancer cette campagne : le pouvoir d’achat en parler, c’est bien…l’augmenter, c’est mieux.  C’est choc, c’est efficace, du strict point de vue de la communication…c’est parfait !!!  Il s’agit d’ailleurs du recyclage d’un slogan publicitaire bien connu.   Mais c’est évidemment faux et mensonger jusqu’à la racine.

 

Qui dans le gouvernement Leterme ne veut pas augmenter le pouvoir d’achat des gens ?  Le renchérissement du coût de l’énergie, l’inflation qui en découle, préoccupe la population et bien évidemment aussi les politiques.  Le monde politique est unanime à ce propos…

 

Vouloir s’approprier seul cette thématique, est à la limite de l’obscène.

 

La revalorisation des plus petites pensions, qui ont souvent comme origine un statut d’indépendant, ou une carrière partielle, ce qui est souvent le cas pour les femmes, est au programme de tous les partis politiques.  La revalorisation des pensions d’indépendants, est un thème porté par le seul MR depuis des lustres.  La suppression de cotisation générale de solidarité pour les pensionnés a également été portée depuis de nombreuses années par le seul MR.  Marie Arena, bombardée ministre des pensions après avoir échoué à la communauté française, ne pourra si facilement laver l’échec de son décret inscription à l’enseignement…et on ne parlera pas de sa douche.

 

Depuis quelques jours, certains partis politiques, dont le PS, et mouvements syndicaux découvrent que la meilleure façon de revaloriser les rémunérations est la voie fiscale.  Opposer réforme fiscale (un leitmotiv du MR depuis de nombreuses années) et sociale n’est rien d’autre qu’un simple artifice de communication.  Cette forme de revalorisation du pouvoir d’achat présente l’avantage de ne pas pénaliser la compétitivité de nos entreprises et donc de préserver l’emploi.  A la différence des méthodes souvent proposées par les socialistes, ces mesures ne sont pas conditionnelles et ne nécessitent l’intervention d’aucun politique clientéliste pour être obtenues.

 

A l’environnement, Magnette ne convainc  guère et certainement pas les experts : baisser la TVA sur les produits pétroliers est une hérésie écologique (voir ci-dessous) et l’idée de différencier les taux de TVA pratiqués pour les possesseurs ou non de piscine, est simplement impossible à mettre en œuvre, sauf à recruter des milliers d’agents vérificateurs de la température des piscines et autres jacuzzis par grands froids.  Simplement ridicule jusqu’à la plus totale absurdité.   Comment différencier le taux de TVA pour du mazout destiné à chauffer une habitation ou une piscine?

 

Le PS d’ Elio Di Rupo n’échappera pas à cette dure réalité : il n’a plus rien de sérieux à proposer, il n’a plus d’autre voie que de voler les idées de ses partenaires politiques pour conserver un semblant de légitimité politique, il ne peut se passer d’être présent au gouvernement (voir l’affaire onckendaele, qui rapportait plus de 800 000 €/an au couple) et il n’y a été invité que parce que le cdH l’a imposé et pour permettre la vaste réforme institutionnelle, souhaitée par les partis flamands. 

 

Son raidissement actuel et sa volonté de dynamiter ce gouvernement de la dernière chance avant une crise dont personne ne peut prévoir l’issue, ne peut être expliqué que par des motivations électoralistes et par un calendrier judiciaire défavorable (les affaires de Charleroi seront jugées en avril-mai 2009) à une campagne électorale, qui se déroulerait aux dates prévues.

10/06/2008

www.jevotepourlabelgique.be - www.ikstemvoorbelgie.be

Depuis le 10 juin 2007, nous assistons à une crise communautaire dont il semble impossible de sortir.  Depuis 12 mois, les gifles ont succédé aux démissions, les sages du royaume ont défilé au Belvédère, un ex-premier ministre a formé d’urgence un gouvernement intérimaire pour stopper le compteur de la crise, un « octopus », réunissant l’ensemble des partis démocratiques, a été convoqué pour réfléchir…et pourtant cette négociation communautaire ne semble pas avoir progressé d’un pouce depuis le lendemain des élections.

 

Aujourd’hui, les nœuds à trancher sont désormais connus de tous, ils ont été disséqués dans les médias par tous les acteurs, experts et autres commentateurs.  Avant le 15 juillet, présentée dans l’accord de gouvernement de Leterme I comme la date ultime pour trouver un compromis communautaire acceptable par tous, il nous a semblé intéressant de consulter la population et de lui demander de se prononcer sur ces questions.  Notre site «www.jevotepourlabelgique.be » « www.ikstemvoorbelgie.be » sera mis en ligne à la date anniversaire des dernières élections fédérales ce 10 juin et nous prévoyons de rendre public les résultats de cette consultation le 7 juillet 2008, en temps utiles pour que ceux-ci puissent être exploités politiquement.

 

Cet exercice de démocratie directe n’a évidemment pas pour but de se substituer aux politiques, démocratiquement élus, dans l’exercice de leurs responsabilités : nous le voyons plutôt comme un outil d’aide à la décision mis à leur disposition.  Et ils en ont apparemment besoin !!!  Internet par sa rapidité et en raison du coût limité de mise en œuvre, permet aujourd’hui à de telles initiatives de voir le jour.  Nous sommes convaincus qu’il s’agit d’une tendance qui prendra de plus en plus d’importance au fil du temps et révolutionnera à terme la manière de faire de la politique. 

 

Elle fait suite à d’autres initiatives telles que l’appel à l’unité de la Belgique par Marie Claire Houwart ou la mobilisation lancée sur internet pour « Liège, capitale européenne de la culture 2015 ».  Nous nous distinguons cependant de ces démarches dans le sens où nous ne sollicitons pas une adhésion à un projet.  Nous organisons simplement la prise de parole des citoyens en visant la plus parfaite neutralité.  Nous permettrons dans notre questionnaire à tous les points de vue de s’exprimer : depuis celui des séparatistes jusqu’à celui des partisans d’un retour à la Belgique unitaire.

 

Ce projet est porté par deux citoyens acteurs de l’internet belge, professionnellement actifs sur ce média depuis de nombreuses années et blogueurs impénitents.  Nous sommes aussi marqués politiquement : à gauche pour Alain Mbange et au MR pour Philip Hermann.  Forts de cette expérience et de notre connaissance de ce média, nous nous sommes fixés l’objectif de récolter plusieurs dizaines de milliers de réponses à notre questionnaire.

 

Notre site «  www.jevotepourlabelgique.be » « www.ikstemvoorbelgie.be »  sera dès l’origine disponible dans les deux principales langues de notre pays et fera l’objet d’une campagne de presse (online et offline) des deux côtés de la frontière linguistique.  Nous comptons sur votre collaboration pour nous aider à nous faire connaître et sommes évidemment à votre disposition pour tout complément d’information.

21:17 Écrit par Philip Hermann dans Général | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : consultation, sondage, bhv, reforme de l etat, leterme |  Facebook |

30/04/2008

BHV : le chagrin des belges

La pièce de théâtre continue.  Après avoir connu un entracte de quelques semaines, le monde politique belge est de nouveau confronté à l’impasse BHV.  Le gouvernement Leterme I doit son existence à un accord de gouvernement actant que la scission de BHV ferait l’objet d’une négociation entre partenaires de gouvernement.  En effet la dernière tentative de formation d’un gouvernement « orange bleu » avait échoué après la claque infligée par l’ensemble des partis flamands à la communauté  francophone à l’occasion d’un vote en commission flamands contre francophones.

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Dans notre pays la minorité francophones dispose d’un arsenal constitutionnel lui permettant de garantir que la majorité flamande ne pourra jamais utiliser sa majorité numérique (60% de la population) pour imposer des mesures contraires à l’intérêt des francophones : évocation de procédure en conflit d’intérêts par les régions, les communautés, sonnette d’alarme, majorité spéciale requise pour toute réforme constitutionnelle, etc.   In fine, les dossiers sensibles communautaires échouent sur la table du gouvernement et en cas de désaccords persistants, celui-ci doit remettre sa démission et le cas échéant, organiser de nouvelles élections.

 

Aujourd’hui, les partis francophones refusent unanimement d’activer de nouvelles procédures préventivement pour empêcher le dossier BHV de faire l’objet d’un vote à la chambre en séance plénière.  Ils rappellent qu’une solution négociée, prévue pour le 15 juillet, fait partie intégrante de l’accord qui a permis la formation de ce gouvernement.  La question est de savoir si notre nouveau premier ministre dispose de l’autorité suffisante auprès des députés de sa majorité et notamment de ses partenaires de cartel N-VA pour faire respecter l’accord pris par lui.

 

Cela ne semble pas être le cas : plusieurs députés N-VA mais aussi CD&V se sont clairement prononcés pour le vote de cette scission de BHV à la chambre au mépris des accords pris par leur chef de file.  Son gouvernement peut-il dans ces conditions poursuivre sa mission ?  Un gouvernement ne doit-il pas disposer de la confiance d’une majorité de députés à la chambre ?

 

Le problème est là et il est entier : plusieurs députés N-VA, ouvertement séparatistes, semblent avoir décidés de s’opposer à toute action de ce gouvernement.  Ils refusent notamment en commission d’accorder leur confiance aux notes de politique générale, présentés par les ministres francophones du gouvernement Leterme I.  Ces députés font-ils partie de la majorité ou de l’opposition ?  Leterme I dispose-t-il simplement d’une majorité ?

 

Une réponse à ces questions cruciales pour l’avenir du gouvernement Leterme I, doit être trouvée pour le 8 mai, probable date d’examen de BHV par les députés de la chambre.  Il semble déjà évident que scinder BHV nécessite plus que 5 minutes de courage politique, comme le candidat Yves Leterme le prétendait pendant la campagne électorale.  Nos compatriotes flamands doivent également se rendre compte que, malgré les slogans de campagne, il sera impossible parvenir à des solutions unilatérales sans l’accord des francophones.  Il faudra négocier…la démocratie, ce n’est pas la dictature de la majorité…Tout passage en force est voué à l’échec et ceux-là même qui alimentent les médias flamands en déclarations matamoresques, le savent pertinemment.  Du mauvais théâtre joué par des irresponsables alors que toute leur énergie devrait se consacrer à répondre aux préoccupations des gens.   Qu’ils sachent que ces derniers en ont marre.

17:19 Écrit par Philip Hermann dans Général | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : bhv, leterme, n-va, cd v |  Facebook |

08/04/2008

La vengeance de Christophe Deborsu.

Chaque politique sait qu’il n’est pas indiqué de se mettre les journalistes à dos.  Frédéric Laloux risque fort de l’apprendre également…à ses dépens.  Yves Leterme, fort de ses 800 000 voix de préférence,  pouvait sans doute continuer d’exister politiquement sans devoir ménager Christophe De Borsu, journaliste politique de la RTBF.  Il a pourtant depuis, lui aussi, préféré fumer le calumet de la paix avec ce journaliste. (sic)  Par contre, un frais émoulu secrétaire d’état sans légitimité électorale, ne peut sans doute pas instrumentaliser la presse impunément pour s’assurer de la visibilité à bon marché. 

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Frédéric Laloux et Paul Magnette: l'improbable relève du PS

Monter au mat pour dénoncer les abus de carte essence qu’aurait commis Arnaud Gavroy (ECOLO), le tombeur de Bernard Anselme à Namur pour l’affaire Sotegec, était peut-être un moyen d’incarner le renouveau du parti socialiste.  Encore eût-il fallu être soi-même inattaquable à ce sujet.  Poser comme Secrétaire d’état sans cabinet fixe, pouvait aussi passer pour un artifice de communication « intelligent » de la part d’un ministre en charge de la pauvreté au fédéral.  C’était une manipulation et aujourd’hui les fines tactiques du jeune Frédéric Laloux pour se faire connaître du grand public, vont sans doute devoir être payées au prix fort.   La plus virulente charge contre ce jeune secrétaire d’état, est l’œuvre Christophe Deborsu, dans le « Standaard » de ce lundi 7 avril.  Celui-là même qui avait réalisé le reportage sur ce ministre, obligé de travailler dans sa voiture.  Je vous en offre la traduction la plus littérale possible.

 

« Ceci n’est pas un sans abri »

 

Frédéric Laloux (PS), secrétaire d’état à la lutte contre la pauvreté, est mon nouvel ami.  Il y a dix jours, personne ne connaissait son nom. Mais après le reportage, que je lui ai consacré au journal de la RTBF, Frédéric Laloux est devenu immédiatement un concept à la Magritte : Ceci n’est pas un « dakloze » (sans abri).  Comme vous le savez, il a déclaré devant ma caméra qu’il attendait encore un bureau, une semaine après son entrée en fonction.  « Ma voiture de service fait fonction de cabinet à quatre roues. », poursuivait-il.  Anecdote savoureuse : le reportage à peine diffusé, il me téléphonait pour me remercier pour l’excellent reportage.  Lorsque j’ai émis le souhait qu’il trouve rapidement un bureau, il m’a répondu que les choses allaient rapidement rentrer dans l’ordre.  Maintenant je comprends pourquoi : son cabinet était déjà prêt.

 

Quoiqu’il en soit, Laloux porte pour le moment (officieusement, je l’avoue) le titre de secrétaire d’état le plus populaire du pays.  Toute une performance pour quelqu’un qui jusqu’à sa nomination surprise au gouvernement fédéral, en était resté à échevin des sports de Namur.  En tant qu’échevin (bon au demeurant), Frédéric Laloux s’est fait remarqué pour son soutien inconditionnel au bourgmestre d’alors, Bernard Anselme, son mentor en politique.  Malgré l’enthousiasme de Fred, Anselme a du quitter le paysage politique.  Monsieur Anselme aurait avantagé Sotegec, la firme de son amoureuse, dans des marchés publics.  A cause de ce scandale, le PS a été écarté à Namur au profit d’une coalition CDH, MR, Ecolo.  Lalous n’a jamais été impliqué officiellement dans l’affaire.  Mais son nom apparaît également dans le scandale autour du casino de Namur.  De l’argent noir aurait atterri au club de football UR Namur.  Laloux a été un temps dirigeant de ce club et même vice-président.  Pour toute clarté, il n’a jamais été mis en accusation.  Mais son maigre score aux dernières élections communales (huitième place en nombre de voix de préférence) démontre comme il est peu populaire dans sa ville.

 

Après son échevinat, le relativement jeune Laloux a du aller pointer.  Il avait sacrifié son job d’agent immobilier à la politique.  Un peu plus tard, il a été embauché comme collaborateur du cabinet de Michel Daerden pour être maintenant désigné comme secrétaire d’état surprise.  La question se pose dans de nombreux médias francophones : pourquoi Di Rupo a-t-il embarqué le controversé ex-échevin dans le gouvernement fédéral ?  La raison est évidente : la réserve de recrutement du PS est vide.  Le parti comptait jusqu’il y a peu 4 ministres présidents  (communauté française et germanophone, région bruxelloise et wallonne).  Aujourd’hui Rudy Demotte combine heureusement  la présidence wallonne et francophone.  A côté de cela s’ajoute treize ministres fédéraux, régionaux ou communautaires, trois gouverneurs provinciaux, douze députés provinciaux.  De loin, le meilleur palmarès de Belgique.  Seul, le gouvernement flamand échappe pour le moment à l’emprise du PS.  Mais cela produit des effets secondaires.  Il devient difficile de trouver des socialistes aptes à des fonctions politiques importantes.  A la tête de Charleroi, une mine traditionnelle de ministres,  il ne reste personne d’épargné par les scandales des années précédentes.  Même problème dans la province de  Namur, pour une improbable raison : Jean-Charles Luperto, le jeune (34 ans) bourgmestre de Sambreville (20 000 habitants) était mentionné comme le plus grand candidat ministre de tous les temps.  Après une réunion de nuit, il a menacé anonymement le bourgmestre d’une commune adjacente que son logement prendrait feu.  En blaguant soi-disant.  Mais une plainte a été introduite, un juge d’instruction mis en charge de l’affaire, Luperto identifié…Di Rupo a peu apprécié. 

 

Pour cette raison, le président du PS a du se montrer créatif dans sa recherche de secrétaires d’état.  A la dernière négociation pour la formation du gouvernement, il aurait bataillé, semblerait-il, pour en limiter le nombre.  Peut-être en première instance en raison d’un manque de candidats.  Cela a donc été Frédéric Laloux. 

 

Après l’affaire à propos de sa prétendue de absence de cabinet, le journal « Vers l’avenir » a révélé la semaine passée d’autres faits concernant l’homme politique namurois : il aurait été léger dans l’utilisation de sa carte carburant comme échevin.  Il a dépassé la limité autorisée de carburant et aurait encore fait le plein un quart d’heure avant sa sortie.  Laloux nie toute fraude.

 

Une chose est sûre : après la série d’articles ravageurs, après que Groen ait exigé sa démission, le secrétaire d’état socialiste est resté en fonction dans le gouvernement Leterme I.  Il possède certainement deux qualités : l’endurance et l’enthousiasme.  C’est certainement le moins que nous pouvons attendre d’un ancien échevin des sports.

 

Ce qui est sûr également, c’est qu’Yves Leterme s’interroge aujourd’hui ouvertement sur la capacité de ce secrétaire d’état à fonctionner et qu’ Elio Di Rupo n’exclut plus de faire preuve de fermeté (enfin !) mais le fera-t-il ?  En tout cas les lecteurs du « Standaard », eux, ont tranché : ils sont presque 90% à exiger la démission de Monsieur Laloux.

 

Ils en parlent également : Himself, Mateusk Kukulka, Fabrice Grosfilley.

20/03/2008

Longue vie à Leterme-Reynders I

Voilà, c’est fait : nous avons un nouveau gouvernement fédéral.  Ca a été long, agité, pénible, mouvementé mais c’est fait.  Chacun a gagné les négociations LOL et revendique selon sa sensibilité, l’appartenance de ce gouvernement au centre gauche ou droit.  Je viens de consulter le programme gouvernemental : il s’agit d’un compromis équilibré entre les mesures sociales et celles permettant de dynamiser l’activité économique. 

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Sur ce dernier point, il est rassurant de constater que le mécanisme des intérêts notionnels a été intégralement préservé.  Il était primordial de ne pas se priver de cet outil, qui a permis d’accroître la solidité financière de nos entreprises et aussi de replacer la Belgique sur la carte des investisseurs.  Cela n’a pas été simple…les mouvements protestataires, syndicaux et leur relais politiques (le cartel PS-CDH) ont bataillé ferme pour supprimer ce « cadeau fait aux riches » et anéantir ainsi tout espoir de restaurer la compétitivité de la Belgique sur la scène internationale.  Les libéraux du Sud et du Nord n’ont pas laissé cette aberration économique se produire et c’est heureux.

 

Ils ont également poursuivi leur travail d’évangélisation libérale sur quelques vérités économiques essentielles : le meilleur moyen de restaurer le pouvoir d’achat dans notre pays, c’est de poursuivre dans la voie des réformes de la fiscalité du travail.  Plutôt que de distribuer des subsides, allocations, primes et autres, il vaut mieux alléger la fiscalité retenue sur les revenus issus du travail.  C’est plus simple, cela génère moins d’abus et de clientélisme, mais surtout cela permet de ne pas augmenter la charge salariale de nos entreprises et de renforcer ainsi notre compétitivité par rapport à nos concurrents étrangers.  Un gouvernement exclusivement de gauche aurait certainement encore procédé en distribuant les « assistances » et en finançant ces mesures par une augmentation de la fiscalité et des prélèvements divers. 

 

Si nous sortons du programme strictement économique, nous devons constater que pas mal des compromis négociés par l’orange bleue, ont pu être préservés.  Les principes qui les articulaient, n’ont en tout cas pas fondamentalement été mis en cause.  Même si les orientations sont sans doute moins décisives, un gouvernement à cinq nécessite de la précision en terme de communication.  On ne parle plus de réforme fiscale, par exemple, LOL cela ne plaisait pas.  Du moment que le mécanisme est sauvegardé…est-ce important ? 

 

Je reviendrai plus tard sur le casting de ce gouvernement, mais impossible de passer sous silence la dégradation de Madame Arena, privée de sa présidence communautaire, et rétrogradée au rang de Ministre des pensionnés.   Enfin !!!

15:23 Écrit par Philip Hermann dans Crise formation | Lien permanent | Commentaires (16) | Tags : leterme, reynders, gouvernement |  Facebook |

01/12/2007

Didier Reynders, premier ministre.

Voilà, c'est fait Yves Leterme, après 173 jours de négociations, a fini par jeter le gant.  Depuis sa victoire du 10 juin, il n'a jamais paru pouvoir transcender sa campagne populiste et surtout sa stratégie d' alliance avec un parti nationaliste flamand, au programme inacceptable.

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Cet échec est une démonstration claire de l'incapacité de la N-VA de devenir un parti de gouvernement.  Personne n'est dupe du jeu de "zwarte Piet" (valet noir) de cette fin de négociation, où la N-VA d'une chambre secrète jouxtant la table de négociation, a voulu dicter le programme d'un futur gouvernement pour tous les belges.  Le responsable de cet échec, ce n'est pas le CDh et encore moins le MR, mais le jusqu'au boutisme de la N-VA et de certains CD&V.  Yves Leterme, qui était l'artisan de cette stratégie d'alliance avec ce reliquat de la Volksunie, n'a jamais paru capable de dominer ce mouvement, qui ne comptait pourtant que 5 députés élus.

Selon toutes vraissemblance, c'est le tour à présent de Didier Reynders de s'atteler à cette difficile tâche de formation et de réconciliation du pays.  Faut-il jeter les accords obtenus durant cette longue période de négociation, ce n'est pas mon avis:  le programme de gouvernement de l'orange bleue est un programme ambitieux et la conférence de réconciliation nationale, imaginée pour résoudre les conflits communautaires me semble nécessaire.

Aujourd'hui, la crise est profonde mais de nombreuses options s'ouvrent aux prochain formateur:

  • Convaincre le CD&V de renoncer au cartel.  Pour faire l'appoint de l'infréquentable N-VA, les écolos seraint alors disponibles.  Cette configuration aurait le mérite de regrouper l'ensembles des gagnants du 10 juin et d'accorder une place importante aux problèmes sociaux et environnementaux posés par le renchérissement du prix de l'énergie.  Tous les lecteurs de ce blog, auront compris que là est ma préférence même si il ne faudrait pas que ces écolos ne viennent avec des revendications démesurées par rapport à leur poids politique.
  • Si le CD&V n'est pas capable de tirer un trait sur le cartel, alors un arc-en-ciel est une configuration probable dont le principal désavantage serait de remettre en selle les perdants socialistes tant au nord qu'au sud.
  • Dernière option, la constitution d'un gouvernement d'urgence sous la forme d'une tripartite traditionnelle, dont l'unique objectif serait alors de traiter les questions institutionnelles.

L'intérêt de cet échec, c'est que désormais plusieurs configurations sont ouvertes...  L'échec de Leterme doit-il être celui du CD&V?  Cette question va maintenant se poser avec une nouvelle acuïté...

 

21/11/2007

Pour le dire simplement...

A la place d'attendre un geste de conciliation qui ne venait pas, le MR a préféré prendre ses responsabilités et admettre dans les débats télévisés de ce week-end, ce que tout le monde sait déjà: si nous ne voulons pas voir la Belgique disparaître, il faudra négocier une réforme de l'état.

Quel sera son contenu?

-Un élargissement de Bruxelles contre une plus grande autonomie de la région flamande?

-Une circonscrition fédérale?
 
-Un premier ministre issus de cette circonscription fédérale?

-La refédéralisation de certaines compétences et le transfert aux régions d'autres!!!

Les mandataires MR, qui ont pris la parole ce week-end, n'ont fait que répéter ce qui se négocie depuis des mois maintenant. Dire qu'on accepte de négocier, dire qu'on veut le faire dans une structure externe au gouvernement, où seront associés l'ensemble des partis démocratiques belges, n'a rien de scandaleux!!! C'était déjà l'accord obtenu par l'éclaireur Van Rompuy.  Il faut accepter de discuter de tout sans tabou, mais une négociation implique la conclusion d'accords équilibrés.  Dans ce cadre, un renforcement de la structure fédérale ne peut être exclu.  C'est ce qui sera le plus dur à faire passer au sein de la N-VA, qui est ouvertement séparatiste.  L'orange bleue peut-elle, doit-elle se passer de la N-VA?  C'est en tout cas arithmétiquement possible!!!

Maintenant, personne au MR n'en démord:

-La scission unilatérale de BHV n'est pas acceptable et sera négociée par l'orange bleue.  Des garanties seront obtenues afin d'éviter à l'avenir de tels votes: majorité flamande contre opposition francophone.  Il en va de la survie de notre démocratie.

-La nomination des 3 bourgmestres MR de la périphérie reste un prélable à tout accord institutionnel, même si ce point est difficile vu le radicalisme de Marino Keulen, en charge de cette matière au gouvernement flamand.

-Toute réforme de l'état devra faire l'objet d'un consensus entre les régions.
 
-Une majorité des deux-tiers devra être recherchée en dehors du gouvernement pour réaliser cette réforme institutionnelle.
 
-Des concessions et la levée de certains tabous devront être obtenues de part et d'autre de la frontière linguistique.

En le disant clairement pour la première fois dans les médias francophones, le MR fait le premier pas...Ce faisant, il réalise le désir des manifestants de ce week-end préserver une Belgique fédérale unie.
 
Yves Leterme ne peut clairement pas prendre le risque d'échouer cette fois encore: il doit convaincre à l'intérieur du CD&V et aussi la N-VA, très opposée à tout renforcement de l'état fédéral.   En cas d'échec, il faudrait alors songer à un gouvernement d'urgence et à organiser une structure qui entame un dialogue sur l'avenir de la Belgique.  Les prochains jours seront cruciaux!!!

11:01 Écrit par Philip Hermann dans Crise formation | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : orange bleue, mr, leterme, cd v, n-va, formation, gouvernement |  Facebook |

12/11/2007

Les débats du week-end.

J'ai visionné l'ensemble des débats de ce week-end consacré à cette profonde crise politique, tant sur les chaînes flamandes que francophones.  Et je suis halluciné.

Au cours de l'émission "Zevende dag", Jo Vandeurzen ne semble absolument prendre la mesure de ce qui est en train de se passer et ne semble tenir à nouveau aucun compte des positions unanimes des francophones.

Ces débats permettent toutefois d' identifier clairement les exigences et les problèmes du CD&V: 

Exigences: 

  • Yves Leterme doit devenir premier ministre: pas de participation gouvernementale du CD&V/N-VA sans que cette condition ne soit remplie.
  • Le gouvernement doit procéder à une grande réforme de l'état, dans le sens d'un très important transfert de compétences vers les entités fédérées (emploi, santé, sécurité routière, etc.) et les francophones doivent s'engager à réaliser celle-ci avant toute formation d'un gouvernement
  • Le signal donné par le vote de BHV en commission de l'intérieur par l'ensemble des partis politiques, n'est qu'un premier signal donné: "les francophones ne peuvent désormais s'abriter derrière les mécanismes constitutionnels pour refuser les exigences flamandes, autrement la loi du nombre sera appliquée."
  • Le CD&V ne lachera jamais son partenaire N-VA, qui a beau jeu de se draper derrière un programme électoral (rédigé de concert par les deux membres du cartel) pour refuser tout compromis sur le plan communautaire.  Il est vrai que ce cartel doit une partie de son succès à ce programme particulièrement irréaliste et imbuvable du côté francophone.  Cette crise ne profite d'ailleurs qu'à ce seul partenaire ouvertement séparatiste.

Problèmes:

  • Une grande réforme de l'état nécessite une majorité (2/3) dont ne dispose pas l'orange bleue.  Il faudrait donc élargir cette majorité à d'autres partis politiques ou rechercher une majorité en dehors de ce gouvernement.  Ce problème, qui se pose depuis le premier jour de cette formation, ne semble pas résolu.  Pourquoi continuer à l'envisager alors qu'il n'existe même pas le début d'une esquisse de solution à ce problème de majorité, puisque même pour les partis francophones de cette coalition, il n'y a pas même un début d'accord?  Ce qui permet de singulièrement relativiser les fanfaronades du président du PS sur les plateaux francophones:  quelles concessions celui-ci serait-il prêt à accepter au profit des partis flamands pour entrer dans ce gouvernement ou l'aider de l'extérieur.  Est-ce un simple problème de confiance, comme il n'a cessé de l'affirmer tout au long de ce week-end.  Nous sommes ici en pleine fiction surréaliste.
  • Yves Leterme, de plus en plus critiqué en flandres, ne peut pas ne pas devenir premier ministre, sans cela le CD&V ne participera pas à un gouvernement.  Peu importe par ailleurs qu'il n'ait réussi jusqu'ici ni à faire la preuve de sa capacité à s'élever au dessus des revendications partisanes flamandes ni de proposer des compromis acceptables et acceptés par ses partenaires de coalition francophones, et encore moins de trouver une majorité à l'extérieur, voire même à l'intérieur de cette formation.  On nous a beaucoup dit que Leterme souffrait du syndrôme d'Asperger, un autisme de génie, ne serait-ce pas plutôt un simple autisme.  Que ces questions restent posées après 150 jours de formation, me semble prouver à suffisance l'inadéquation de l'homme à la fonction.
  • Je ne suis pas sûr que Jo Vandeurzen prend la mesure de la soumission qu'il exige des francophones.  Si les négociateurs francophones le laissent faire, il s'agirait tout simplement pour les francophones de renoncer à vivre dans une démocratie.  Je me pose sincèrement la question de savoir si Monsieur Vandeurzen possède simplement les capacités intellectuelles d'être le président du plus important parti démocratique flamand.  Et je pèse mes mots.  Il est également hallucinant de constater que ces déclarations totalitaires, ne sont simplement pas relevée par des intellectuels flamands ou des médias flamands.
  • Comment quelqu'un comme Bart De Wever, après des déclarations qui auraient sans doute couté leur carrière à tout politique francophone, continue-t-il à dicter l'agenda de ce cartel et de cette formation.  A de nombreuses reprises, le CD&V est revenu sur des positions de compromis sous la pression de ce parti qui représente à peine 5 députés notamment:
  •  
    • sur la note Van Rompuy, qui avait permis à ces négociations de reprendre
    • sur la circonscription électorale fédérale
    • sur BHV, ce qui a mené à ce vote indigne en commission de l'intérieur
    • aujourd'hui ce  plan de sortie de crise royal, même s'il doit avoir été largement suggéré par Leterme, lui-même, par Dehaene et même par Herman Van Rompuy
    • N'oublions d'ailleurs pas que toute participation à un gouvernement de la N-VA est conditionnée à l'approbation par deux-tiers de ses militants réunis en congrès.  Les félicitations recueillies par l'ami Bart après ce vote indigne en commission de l'intérieur ne me laisse rien présager de bon.
Au vu de ce qui a été discuté ce week-end d'autre part sur les plateaux de télévision francophones par les 4 présidents de partis francophones, il est indéniable que le dialogue de sourds n'a jamais été aussi profond.
 
La responsabilité des dirigeants du Cartel CD&V me semble au vu de ces quelques faits, accablantes.  D'après plusieurs commentateurs flamands, ils semblent déterminer toutes leurs décisions et volte-faces en fonction de sondages, du nombre de mails reçus et sans doute aussi de la fréquentation de leur site internet, un nouvel avatar de "la politique du clic".  Comme j'ai déjà eu l'occasion de le suggérer ces derniers jours, il me semble évident que ce cartel devra tôt ou tard sortir de son délire, se confronter à la réalité et plus important en tirer toutes les conclusions.  Oserai-je suggérer de renoncer à ce cartel avec des séparatistes, qui me semblent toutes possibilités de solution à leur seul avantage d'ailleurs.
 
Je ne peux m'empêcher de compatir avec nos négociateurs francophones: ces voltes-face, cette indécision et surtout ce manque flagrant de compréhension des mécanismes élémentaires de fonctionnement d'un état démocratique, ne doivent pas être facile à gérer.  Ils ont tous mes encouragements.  Par contre, je suis aujourd'hui convaincu que le PS, malgré ses dires, n'aurait que bien peu de valeur ajoutée à apporter.

08/11/2007

Sera-t-il encore possible de former un gouvernement orange bleue?

Même si les négociateurs de l'orange bleue semblent vouloir s'accorder le temps de la réflexion en évitant de tapageuses déclarations sur l'avenir d'Yves Leterme et de cette négociation, je ne crois pas qu'il sera possible de poursuivre cette négociation comme si de rien n'était.  L'indignation est grande, non seulement chez les politiques mais également dans la population francophone. 

Depuis quelques heures, il semble clair que le PS ne va pas manquer de tout faire pour reprendre une place dans la pièce de théatre, il exige un terme à cette négociation.  Comment ignorer ses appels, après l'explosion d'une telle bombe institutionnelle?  Il est quasi certain qu'il ne manquera pas de torpiller autant que faire se peut, une coalition qui laisse pour la première fois depuis longtemps, son parti à l'écart.  Au passage, il me semble qu'il devrait arrêter de se gargariser des vingt ans de paix linguistique, dont il semble s'enorgueillir.  Ce qui s'est passé hier, est sans aucun doute le résultat d'une radicalisation des politiques flamands suite au déficit de gestion de l'économie francophone...même si cela n'excuse rien.

Du côté flamand, on fait mine de croire que tout ceci ne portera pas à conséquences.  Pour Jo Vandeurzen, Yves Leterme peut continuer comme formateur et il n'est même pas prêt à revoir les revendications communautaires de son parti à la baisse.  En gros, il ne se serait presque rien passé. 

C'est pourtant à un coup de force historique que nous avons assisté ce 7 novembre 2007.  La négation même de la démocratie.  Car que les choses soient claires, la démocratie, ce n'est pas la prise de pouvoir d'une communauté démographiquement plus importante sur une autre communauté, qui devrait se soumettre.  En Belgique, les problèmes jusqu'à hier, se sont toujours réglés par la concertation.  En franchissant ce rubicon, la classe politique flamande a rompu le lien qui unissait tous les belges. 

Après celui-ci, nous pouvons légitimement nous interroger sur le fait de savoir si nous vivons encore en démocratie en tant que francophone?  S'il semble impossible de résister au poids démographique flamand, il s'agit alors d'entrer en résistance.  Rien de moins. 

 

14:45 Écrit par Philip Hermann dans Général | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : bhv, leterme, di rupo |  Facebook |

22/10/2007

Des propositions constructives:

Les récentes propositions de Didier Reynders me remplissent de joie, je les appelaient de mes voeux sur ce blog depuis longtemps et encore à la fin du mois d'août lors de l'entrée en scène de l'éclaireur Van Rompuy.

1.  Une circonscription fédérale:  Constituée par 20 à 50 députés, qui seraient élus par l'ensemble des électeurs belges.  Elle serait un outil fédérateur puissant, qui interdirait les campagnes haineuses vis à vis de l'autre communauté linguistique.  Leterme n'a-t-il pas affirmé que les francophones étaient mentalement incapables d'apprendre le néerlandais?  Laurette ne vient-elle pas d'affirmer que les flamands étaient de la "mérule"?  Ce type de déclaration ne peut avoir lieu que lorsqu'elles sont électoralement indifférentes, lorsqu'on a pas à en répondre devant les électeurs de l'autre communauté.  Ce système est malsain, il laisse le roi, seul garant de la pérennité de la nation et n'existe d'ailleurs dans aucun autre système fédéral...Même la confédération helvétique exige de ceux qui veulent exercer les plus hautes responsabilités de l'état, qu'ils répondent de leurs actes devant la nation toute entière!!!

2.  La possibilité pour la communauté française d'intervenir en territoire flamand, dans la périphérie bruxelloise, pour y subsidier des infrastructures culturelles, des écoles, des bibliothèques.  Cela améliorerait la qualité de vie des francophones qui y habitent, cela aurait un impact concret sur le quotidien des gens.  L'effet annexe, qui n'est pas négligeable en cette période de tensions communautaires, serait de garantir, en cas de scission du pays, que les territoires où ces interventions seraient autorisées, ne pourraient suivant la jurisprudence internationale, faire l'objet d'une annexion automatique par l'une ou l'autre communauté.

3.  Le refinancement de Bruxelles et le financement de travaux d'infrastructure importants et stratégiques pour Bruxelles (grand stade, palais des congrès, etc) qui permettraient de la doter d'outils indispensables à une capitale européenne.  Investir dans Bruxelles, c'est reconnaître son importance pour l'ensemble de la Belgique et c'est également mettre fin à l'injustice représentée par les travailleurs navetteurs, qui domiciliés à l'extérieur, payent donc des impôts ailleurs et ne permettent pas à cette région de disposer des ressources nécessaires à son rayonnement.

Ces propositions institutionnelles ont l'immense avantage de prendre les négociateurs flamands au mot: le séparatisme ne serait, malgré leurs propos de campagne, pas au programme.  En acceptant ces propositions, ils garantiraient la pérennité de la Belgique, il obtiendrait la scission de BHV, si importante symboliquement, et ils auraient une réforme de l'état, qui permettrait une meilleure responsabilisation des politiques, même si ce n'est pas dans le sens que certains auraient souhaité. Cool

En revanche, si tous ces discours lénifiants en période de négociation n'étaient que des mots, destinés à masquer un séparatisme rampant (présent très officiellement avec la présence de la NVA dans ces négociations), alors Leterme rejetera cette proposition mais alors la rupture ne pourra sans doute pas être évitée.

02/10/2007

De retour à la table des négociations

Après une mission d'exploration fructueuse d'un mois, les négociateurs du nord du pays semblent avoir enfin compris que mettre sur la table des propositions qui ne peuvent être prises qu'à la majorité des deux tiers était une vaine entreprise, même si certaines réformes institutionnelles peuvent être bénéfiques pour tous et devraient être examinées en dehors de ce processus de formation gouvernementale.  Je le disais depuis le dix juin. Moqueur 
 
drapeau belgique

 
Il semblerait qu'il soit possible maintenant de négocier sur l'essentiel, à savoir des mesures propices à stimuler l'activité économique et résoudre les problèmes d'emplois, revaloriser les revenus poche des personnes qui travaillent, lutter pour la préservation de l'environnement et contre l'inéluctable augmentation des produits pétroliers.  Au travail!!!
 
Pour que cette formation soit un succès, il me semble que la discrétion utilisée par Herman Van Rompuy est une judicieuse stratégie, à l'inverse des tapageuses déclarations de Val Duchesse et de celles plus récentes mais non moins dommageables de la "passionaria humaniste".  Quant à Leterme, il ne disposera pas d'une troisième chance de devenir premier ministre fédéral, ses marges de manoeuvres sont aujourd'hui limitées...qu'il prenne donc la mesure de la fonction et qu'il se mette dès aujourd'hui au service de tous les belges et plus seulement de la communauté qui l'a plébiscité, reste à voir s'il en a l'étoffe.
 
 
PS: je suis très occupé pour le moment, ce qui explique cette désaffection momentanée de ce blog, veuillez m'en excuser. 

16/08/2007

Une tentative d'humiliation

Je viens de prendre connaissance du cahier de revendications communautaires rédigé par Leterme...

Que personne n'essaye plus de me faire croire qu'il s'agit d'améliorer le fonctionnement de l'état ou la bonne gouvernance!!!  

Ces revendications poursuivent deux buts: mettre fin à la solidarité et humilier.

Comment expliquer la volonté de régionaliser le remboursement des médicaments?  Existerait-il des différences biologiques entre les flamands et les francophones, qui justifieraient que certains médicaments soient remboursés en Flandres et pas en Wallonie?  La volonté est évidente, c'est de permettre une médecine à deux vitesse de part et d'autre de la frontière linguistique...la flandre remboursant des médicaments que les francophones ne pourront pas se permettre de prendre en charge!!!

Pourquoi régionaliser l'impôt des sociétés et des personnes physiques?  Si ce n'est pour permettre une compétition inter-régionale, où la région la plus riche pourrait asphyxier économiquement celle qui l'est moins!!!

Des conventions collectives de travail régionalisée!!!  Dans quel but d'efficacité???  Si ce n'est de permettre la compétition entre une région riche et une plus pauvre, au profit de la première!!!

Par contre, pas un mot sur la régionalisation des pensions, puisque la pyramide démographique pénalise la Flandre.  Dans ce cas la solidarité reste exigée!!!

Même une confédération exige un minimum "d' affectio communis".  Même en Europe (exemple s'il en est de confédéralisme), il existe une solidarité entre régions plus dévelloppées et celles, plus pauvres.   

Les revendications communautaires que Monsieur Leterme nous transmet, démontrent à quel point celle-ci manque désormais en Belgique!!!

Aujourd'hui, je suis devenu séparatiste!!! 

Ce message a d'abord été posté sur le forum de La Libre.

01/08/2007

Elio y croit encore...

 Sur son blog, à l'arrêt pour cause de vacances, le camarade-président semble croire encore à un retour du PS au niveau fédéral.  J'ai été surpris par cette prise de position...Il m'a l'air bien sûr de lui.

Pourtant les seules configurations qui permettraient ce retour, serait (1) un olivier, mais monter au gouvernement sur un échec de l'orange bleue sur la question de la réforme de l'état, serait politiquement ingérable pour le PS...s'il acceptait de monter au gouvernement pour sauver "Leterme premier" sur ces questions, je lui promets bien du plaisir pour les prochaines élections régionales et également en interne. Pour parvenir à ses fins, il faudrait que le blocage intervienne sur des questions socio-économiques (C'est la tactique du MOC et donc de la présidente du CDH, qui n'oublie pas qu'elle lui doit cette présidence), et c'est évidement le sens de l'opposition permanente du CDH aux libéraux sur ces questions lors des premiers rounds d'observation...Je ne crois cependant pas qu'Yves Leterme la suivra sur ce terrain, le CD'n V étant beaucoup plus proche des libéraux sur ces questions que le CDH et aussi parce que le PS dans l'opposition constitue bel et bien aux yeux de l'opinion publique flamande, une quasi réforme de l'état et déjà une vraie victoire pour la NVA, par exemple. (2)une tripartite traditionnelle, dont on sait qu'elle n'est jamais réunie que pour réaliser un vaste programme de réforme institutionnelle...cela me semble très peu crédible...au vu du front francophone actuel. Le premier francophone qui proposerait ou accepterait cela, se carboniserait immédiatement pour les 10 prochaines années.  C'est une option qui ravirait l'ensemble des séparatistes flamands.

(3)Enfin dernière possibilité, la reconduction d'une violette/arc-en-ciel après avoir constaté que Leterme n'a décidément pas une carrure de premier ministre et pour doter en dernière ressource, ce pays d'un gouvernement. Ce scénario ne me semble pouvoir être joué que dans le cas d'une crise longue et particulièrement tumultueuse, qui effacerait par magie le résultat du scrutin et la très importante défaite du Spa, comme du PS. Il est évident que l'open VLD et le Spa sont les partis flamands les moins vindicatifs sur le plan communautaire et que ce plan B reste possible en cas de blocage absolu dans ce domaine. Mais à quel prix sur la durée...La radicalisation des nationalistes flamands dans ce cas est certaine et le scrutin de 2009, pourrait alors être véritablement le dernier pour la Belgique.

Yves Leterme me semble donc condamné à devoir réussir l'orange bleue même si le prix devait être la rupture du Cartel CD'nV/NVA et même si, côté CDH, Joëlle Milquet sait qu'elle doit sa présidence au MOC, qui exerce une pression intense sur ces négociations et n'envisage qu'un olivier depuis avant les élections.  Je le répète, je ne serai pas étonné qu'elle tente de faire échouer ces négociations sur des questions socio-économiques, seule voie possible pour un retour aux affaires du PS. 

La seule alternative crédible serait une violette/arc-en-ciel pour sortir d'une crise communautaire, mais les dommages pour l'unité du pays de ce scénario me semblent catastrophiques, si nous les analysons sur le long terme.  Quel camouflet ce serait pour les électeurs du nord comme du sud du pays!!!

27/07/2007

Joëlle Milquet est en train de carboniser sa carrière...

A chacune de ses sorties de Val duchesse, on a droit à quelques petites phrases "bien senties" sur ce qu'elle pense de ce futur gouvernement...Y a jamais rien qui va!!!

 

milquet2066

 

La note du formateur est floue... ca me sidère ces commentaires: une note de formation, n'est-ce pas un simple document de travail...qui jette sur le papier de grandes lignes et quelques grands objectifs...ca me semble tellement évident que pour passer au concret, il faut que tous ceux qui le désirent puissent débattre. Pour moi, c'est juste de la politique spectacle, où pour justifier son mandat de négociateur, il faudrait jouer à "je ne suis pas content, cela ne se passera pas comme cela et on va voir ce qu'on va voir"...une farce vide de sens, quoi? Chacun sait qu'il faudra NEGOCIER!!!

Aujourd'hui, Joëlle nous joue...on va réduire les impôts (de cela même les socialistes sont d'accord...il faut diminuer la taxation des bas revenu afin de renforcer l'attractivité de l'emploi et ainsi lutter contre les pièges à l'emploi) mais on ne parlera pas de réforme fiscale??? Qu'est-ce qu'on fait, on ouvre les dictionnaires pour trouver un nouveau mot qui dit différemment la même chose??? C'est ridicule!!! Mais c'est pourtant une constante dans la communication de la présidente du CDH.

Enfin le CDH se pose comme le garant du sacro-saint "Social"...pfff...
Comme l'a très bien rappelé Sabine Laruelle: les pensionnés, les petits salaires, ce dont ils se préoccupent, c'est que leur revenus augmentent: que l'argent vienne d'une réduction d'impôt ou d'ailleurs leur importe peu (une méthode libérale, qui me semble supérieure car moins sujette à exclusion et à clientélisme que des allocations spéciales (réservée à telle ou telle catégorie socio-professionnelle), où pour être sûr d'y avoir droit, il faut faire anti-chambre aux permanences de son élu local)...

Beaucoup de gens au CDH, sont favorables à une participation gouvernementale (60% d'après un sondage mis en ligne par ce parti sur son site internet), Milquet dont les liens avec le MOC et avec le boulevard de l'empereur, ce qui revient au même, sont de plus en plus évident, nous joue chaque jour son rôle d'opposition...Pour rappel: Christiane Vienne (ancienne secrétaire générale) et François Martou (ancien président), ont choisi de se présenter sur des listes du PS, quand ils sont entrés en politique et Thierry Jacques, l'actuel président du MOC, a clairement affiché ses préférences pour le PS et contre l'orange bleue dans une récente interview.

Que le courant Mouvement Ouvrier Chrétien fusionne avec le PS et que les autres rejoignent le MCC (MR) de Deprez et Fourneaux...les choses seront plus claires et l'électeur saura à quoi s'en tenir, non?

29/06/2007

De l'intérêt d'une mission d'information...

Dans les turbulences communautaires que connaît notre pays depuis des dizaines d'années, il me semble, au contraire de beaucoup de commentateurs ces derniers temps, qu'il était important de prendre le temps de rencontrer l'ensemble des acteurs de la société civile afin de comprendre les réalités du terrain et d'en faire la synthèse.

En effet dans le feu électoral, certains, surtout au nord du pays, prétendent, sans être contre dit, que la régionalisation de plus de compétences ménera quasi automatiquement à plus de "Goed Bestuur" ("Bonne gouvernance"), le leitmotiv de la campagne électorale du CD'n V/NVA...

 

vlaamse vlag

 

Les résultats de cette consultation en surprendront sans doute plus d'un: car de l'avis des acteurs de terrain, les demandes iraient également dans le sens d'une amélioration de la coordination des différents niveaux de pouvoir. Si l'efficacité est le critère de choix déterminant d'une enième réforme de l'état, alors il semble clair que ce mouvement devra aller dans les deux sens, soit vers plus de régionalisation, soit vers une refédéralisation de certaines compétences. Dans pas mal de dossier, une meilleure coordination des politiques entre le Nord et le Sud, semble souvent demandée. Les interrogations de la société civile par l'informateur Didier Reynders, n'auront donc pas été vaines pour la poursuite des négociations.

 

Le critère de négociation, choisi par le front francophone: "il faut que toute nouvelle réforme profite aux citoyens du Nord comme du Sud" pourra être étayé par certaines "vérités" en provenance du terrain...une longue mission d'information était donc nécessaire pour réunir un arsenal en vue de cette négociation.

 

Quant au "Goed Bestuur", martelé par Leterme et ses alliés nationalistes flamand: il me semble bon de rappeler certains faits pour les ramener à plus de modestie.

  1. La gestion de la crise des vols de nuit à Zaventem, sous la houlette de Anciaux puis de Landuyt (deux flamands), a conduit à la condamnation de l'état fédéral à 6 reprises et au paiement de lourdes astreintes!!!
  2. L'effondrement de la Sabena, une faillite sans précédent au niveau européen, s'est produit alors que la gestion de ce dossier avait été confiée à Rik Daems et qu'étaient présent à la réunion de l'Astoria, qui a été décisive dans ce chaos, uniquement des flamands: Daems, Verhofstadt, Vande Lanotte...
  3. La crise de la dioxine a été gérée par le très flamand Karel Pinxten, ministre de l'agriculture, du CD'nV et sa collègue tout aussi flamande Freya Vandenbosche, ministre en charge de la sécurité alimentaire.  Ce scandale aurait coûté à la Belgique pas moins de 0,5% de PIB, pas moins!!! 
  4. L'affaire Dutroux et les cafouillages entre les forces de police et de la gendarmerie, se sont produits alors que le ministère de l'intérieur était géré par Louis Tobback puis Johan Vande Lanotte (1988-1998), qui ont laissé se développer cette guerre entre les forces de l'ordre avant qu' Antoine Duquesne ne s'attèle enfin et avec succès à la difficile réforme des polices.
  5. Le scandale de Leernhout et Hauspie (The Belgian Crooks, d'après Bill Gates, qui aurait du dire "Flemish" ) n'a pu voir le jour que parce que Yves Leterme, Jean-Luc Dehaene et Luc Vandenbrande avait fait de cette entreprise Yproise (la commune de Yves Leterme), l'étendard du dynamisme entrepreneurial flamand!!! Trois ténors CD'nV.

Ces quelques exemples témoignent à suffisance que "Goed Bestuur" ne rime pas automatiquement avec flamand et encore moins avec CD'nV...comme Yves Leterme aimerait nous le faire croire. Beaucoup plus de modestie sera nécessaire s'il veut réussir à former une coalition et doter ce pays d'un gouvernement!!!

17:14 Écrit par Philip Hermann dans Général | Lien permanent | Commentaires (52) | Tags : leterme, informateur, formateur, gouvernement |  Facebook |

12/06/2007

Didier Reynders, premier ministre...

Dans l'efferescence du scrutin, personne ne semble avoir remarqué que pour la première fois depuis des décennies...un wallon peut devenir premier ministre.

Je m'explique:

1. Didier Reynders est vraiment bilingue, depuis peu mais il l'est vraiment...il est notamment capable de tenir un discours sans note en néerlandais, de répondre aux questions des journalistes, etc...


2. La famille libérale est la première famille politique du pays (41 sièges) et au sein de cette famille le MR a, pour la première fois, le leadership sur l'Open VLD. Le MR est clairement l'un des gagnants de l'élection, tandis que l' Open VLD a reculé.


3. Didier Reynders est populaire dans les deux communautés et a soigné son image de premier ministrable en se rendant beaucoup en Flandres ces douze derniers mois, en apparaissant beaucoup dans les médias flamands et en flamand, sans sous-titre.


4. Il vient de réussir l'exploit historique de mener le MR au leadership Wallon en renversant celui du tout-puissant PS, aux commandes de la Wallonie depuis des temps immémoriaux.


5. Yves Leterme, son principal concurrent, est certes populaire en Flandres mais très très impopulaire en Wallonie.


6. Les francophones de ce pays n'ont plus eu de premier ministre depuis Leburton, en 1974, et encore il n'a exercé cette fonction que quelques mois!!!

 

7.  Le critère du nombre de voix de préférence, avancé par Leterme, me semble tout à fait inopérant...L'admettre, ce serait interdire pour de bon tout ministre francophone et puis Didier Reynders ne se présentait pas au sénat mais à la chambre.

Qu'en pensez-vous?

17:20 Écrit par Philip Hermann dans Général | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : didier reynders, premier ministre, mr, leterme |  Facebook |