25/09/2008

Fin de partie pour le cartel CD&V/N-VA


CDVNVA
Voilà c’est fait.  Dimanche, le congrès de la N-VA a retiré son soutien au gouvernement fédéral d’ Yves Leterme et aujourd’hui Geert Bourgeois vient d’être forcé à démissionner du gouvernement flamand.  Même s’il vaut mieux ne pas s’en réjouir déjà ouvertement…  la composante CD&V doit encore se réunir le prochain week-end et c’est ce congrès qui déterminera l’avenir de notre pays, c’est en effet à cette occasion que le « premier » parti de Flandre devra choisir de s’engager ou non sur la voie du séparatisme.

Comme l’on rappelé sur les plateaux dominicaux flamands avec beaucoup de courage, Caroline Gennez (présidente du Spa) et surtout Bart Somers (président de l’ Open VLD) notre pays ne pouvait plus se permettre d’être pris en otage par un parti nationaliste, qui place la séparation de notre pays comme un objectif plus important que celui de gouverner notre pays et faire face aux défis posés par la crise financière, le renchérissement du coût de l’énergie et ses conséquences sur le pouvoir d’achat de la population.

En rendant toute négociation institutionnelle impossible pendant 15 mois et en tenant à la gorge le CD&V en raison de ses intenables promesses électorales, la N-VA a de facto interdit pendant tout ce temps la conclusion d’une grande réforme de l’état.   Le CD&V a maintenant le choix de rejoindre la N-VA sur les bancs des séparatistes, où siègent déjà la Lijst De Decker et inévitablement le Vlaamse Belang ou de s’affirmer comme un parti de gouvernement et tenter d’engranger le plus rapidement possible, le plus d’accords possibles avec ses partenaires francophones afin de ne pas se présenter les mains vides devant les électeurs.

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Si tel devait être le cas, il sera alors de la responsabilité des francophones d’aider le CD&V, dans la mesure du raisonnable évidemment, à conclure ces accords et à effectuer des arbitrages équilibrés.   Les nœuds à trancher sont aujourd’hui connus de tous, je vous invite, le cas échéant, pour vous les remettre en mémoire à consulter le site www.jevotepourlabelgique.be, que j’avais mis en ligne avec mon ami Alain Mbange à l’occasion de l’anniversaire des élections des élections du 10 juin 2007.  Yves Leterme aura ainsi la possibilité de justifier la confiance de 800 000 électeurs et de transformer ce qui apparaît aujourd’hui comme son échec personnel en succès. 

Ce dimanche, le CD&V et notre premier ministre auront le choix…entrer dans l’histoire de notre pays par la grande porte ou devenir à jamais les otages des séparatistes flamands (N-VA, LDD et Vlaamse Belang).  Par ses déclarations vendredi qui ne faisait que rappeler le point de vue de l’ensemble des négociateurs francophones, Didier Reynders a provoqué ce moment de vérité.  Il était temps !!!

05/09/2008

Le séparatisme...à l'usure!!!

Voici quelques semaines que je n'avais plus rédigé d'articles pour ce blog, comme beaucoup de Belges j'étais las...Las de répéter sans cesse la même chose, las de cette absence de négociation, las de ce premier ministre et surtout las de ce cartel CD&V/N-VA.

J'ai pris au mois d'août, quelques vacances à la montagne puis dans le sud de la France...dont je suis rentré reposé et en pleine forme.  Il est temps aujourd'hui de me remettre à ce blog, même si rien de véritablement neuf ne semble s'être produit durant cette longue absence.

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Avant ces quelques semaines de vacances, je n'avais pas pris la peine de commenter un énième ultimatum du cartel CD&V/N-VA...tellement la proposition me semblait grotesque après plus d'un an de crise, elle est aujourd'hui portée par le Ministre président Flamand et probable successeur de Leterme (étrangement absent de cette rentrée politique), Kris Peters.

Cette approche a au moins un mérite par rapport aux démarches initiées par Yves Leterme, c'est qu'elle délimite précisément le périmètre de négociation autorisé par la N-VA, qui dicte maintenant de manière claire l'agenda  de son partenaire CD&V.  Cet agenda est et a toujours été celui de la séparation de notre pays, car il ne saurait manifestement plus être question de négociation pour plus de « goed bestuur » ou de réformes institutionnelles voire de confédéralisme!  Tous les sujets, qui devraient précisément faire l'objet  de cette négociation (BHV, statut et limite de Bruxelles, etc.) sont désormais décidés par le seul cartel et simplement posés comme préalables à toute ouverture de discussion.

Tout ceci a désormais un côté dérisoire, surréaliste.  C'est évidemment l'unique objectif de la N-VA, qui est depuis l'origine et très ouvertement un parti séparatiste.  Il apparaît aujourd'hui que le premier parti de Flandre (CD&V) ne peut plus ne pas l'être, malgré les dénégations, sans doute de façade, de sa nouvelle présidente et de quelques ténors aujourd'hui discrédités...qui n'ont peut-être pas encore compris la nature du piège qui est en train de se refermer.  La seule négociation que la N-VA semble pouvoir tolérer, c'est celle qu'il mène avec son partenaire de cartel CD&V pour le forcer à devenir séparatiste.

Réussir ce tour de force alors qu'une étude de la KUL prétend que seul 10% de la population flamande est véritablement séparatiste et que ce nombre ne connaît pas d’évolution, est un exploit.  En refusant de négocier pendant de longs mois, certains francophones ont contribué au succès de la manœuvre -sans doute malgré eux et pour des raisons probablement peu avouables et totalement étrangères à ce débat- mais dans les faits, cela n'a plus que peu d'importance. :-)

Dans ce contexte et sauf improbable revirement de situation, il me semble évidemment impossible d'éviter aujourd'hui un retour aux urnes...  Dans une démocratie, le dernier mot revient toujours au peuple...  Il ne s'agit plus aujourd'hui que de trouver l'occasion, tenter de désigner un coupable et se représenter devant les électeurs pour exiger un mandat clair afin de réaliser cette séparation ou pas.

A tous ceux qui ne souhaitent pas en arriver là, de se mobiliser pour faire entendre leurs voix.  A tous les experts, témoins, médias de prendre leurs responsabilités afin d'expliquer les difficultés, les risques et le peu d'intérêt d'une telle séparation ou pas.  Ce blog continuera plus que jamais à prendre sa part.  ;-) Enfin à tous les politiques de mener campagne, non pas seulement pour être élu voire pour réaliser un programme socio-économique mais également par rapport à cette question !!!

 

15/07/2008

Reynders: premier ministre!!!

Ce n’est pas une victoire, il n’y a aucune raison de s’en réjouir, il est impossible de croire qu’il s’agira d’une sinécure mais c’est aujourd’hui une nécessité : Didier Reynders doit prendre la tête du gouvernement fédéral et tenter de sauver l’accord socio-économique conclu ce week-end.

 

La population ne peut pas être prise en otage plus longtemps par les excités nationalistes : un gouvernement fédéral doit prendre ses responsabilités et gérer notre pays et les délicates questions posées pour le pouvoir d’achat par le regain de l’inflation, la crise financière et le renchérissement du coût de l’énergie.  Il serait suicidaire de laisser s’installer une vacuité du pouvoir comme lors des précédentes tensions communautaires dans les années 80.  Nous devons nous souvenir de la crise économique qui en avait résulté et de l’incroyable endettement public, que nous payons encore actuellement.

 

La crise communautaire, qui paralyse notre pays depuis ces dernières élections, ne pourra certainement pas être réglée avant le prochain scrutin électoral alors que cette campagne électorale, importantissime, va débuter dès la rentrée politique de septembre.  En refusant de donner au gouvernement Leterme I la chance de prolonger ces discussions difficiles, son cartel CD&V/N-VA a forcé la démission de ce dernier.  Ils sont les seuls responsables de cette crise.  Yves Leterme en préférant sauver son cartel plutôt que le pays et sa population, a sans doute signé définitivement son suicide politique.

 

Aujourd’hui, il faut d’urgence qu’émergent des politiques responsables, qui prennent le temps de réformer l’état belge en profondeur et règlent une bonne fois pour toute la scission de BHV, qui mettent en œuvre les décisions prises par Leterme I dans les matières socio-économiques et enfin qui organisent un scrutin d’envergure nationale à l’occasion des prochaines élections régionales : un gouvernement de salut public en somme.  Didier Reynders a, je le répète ici depuis assez longtemps, toutes les qualités pour réussir à mener cette équipe là.

Yves Leterme a démissionné

Je viens d’apprendre la nouvelle de source sûre sur Facebook (par mon ami Jean-luc Crucke, député fédéral MR), la nouvelle a ensuite été confirmée sur le blog de Mateusz Kukulka (journaliste à la Dernière Heure) : le politique show.

 

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Il n’est pas encore confirmé pour l’instant que cette démission ait été acceptée par le roi.

 

Quoiqu’il en soit, il est évident que cette démission, redoutée par l’ensemble du monde politique et surtout après l’accord obtenu sur les questions socio-économiques ce week-end, ouvre une crise de régime grave, dont personne ne peut à ce stade prévoir l’issue.

 

Il est plus que dommage que cette décision intervienne alors que l’urgence pour les gens ne se situe pas sur le plan communautaire.  L’inflation, la crise financière, le renchérissement de l’énergie, la baisse du pouvoir d’achat, voilà les vraies urgences que quelques excités communautaires ont tenu pour rien.  La population est aujourd’hui prise en otage : l’absence probable de gouvernement et la crise politique qui résultera de cette démission : est un véritable affront à la population !!!

00:19 Écrit par Philip Hermann dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : gouvernement, leterme, demission, communautaire, cd v, n-va, crise |  Facebook |

09/05/2008

Yves Leterme est seul…

Hier au cours d’une séance plénière de la chambre, Yves Leterme n’a pas pu convaincre son propre groupe parlementaire de s’abstenir de voter l’inscription de la « scission » de BHV à l’agenda de la chambre.  Servais Verherstraeten, chef de groupe CD&V/N-VA, ne se sent pas tenu par les engagements contenus dans l’accord de gouvernement porté par le premier ministre CD&V.  Il a préféré proposer ce vote à ses collègues plutôt que de soutenir son chef de file au gouvernement.

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Cette attitude est pour le moins paradoxale.  N’est-il pas schizophrénique de prétendre dans un accord de gouvernement que BHV fera l’objet d’une négociation et sera solutionné par un compromis au sein de ce gouvernement et d’autre part de voir son chef de groupe à la chambre s’engager sur la voie d’un passage en force hostile, par ailleurs purement théorique,  par la voie d’un vote communauté contre communauté ? 

 

Durant la campagne électorale, le candidat Leterme a prétendu que solutionner BHV ne demanderait que « Vijf minuten politieke moed » (cinq minutes de courage politique), c’est de ce courage dont notre premier ministre a pourtant singulièrement manqué.  Nous attendions de lui qu’il ait le courage de faire taire ceux qui dans son parti, l’encourageaient à s’engager dans la voie sans issue d’un vote  guerrier et sans concession.  Nous attendions de lui qu’il défende la voie de la négociation, qu’il démontre l’inanité de toute tentative de passer en force.  Nous attendions de lui qu’il formule des propositions équilibrées, qui profitent aux citoyens des deux communautés, pour sortir enfin par le haut de cet épineux dossier.  Nous attendions de lui qu’il défende les intérêts des Belges, qui se soucient dans leur immense majorité comme d’une guigne de ces questions politico-politiciennes.

 

Il a capitulé devant les vociférations des gueulards de son propre parti, et celles de ses partenaires de cartel N-VA.  Il a capitulé devant la pression à laquelle ces derniers sont soumis par le mouvement nationaliste flamand, par la liste De Decker et par le Vlaamse Belang.  Il a capitulé en faisant passer les intérêts particuliers des plus extrémistes de son parti, la peur de se dédire de promesses électorales insensées et intenables, devant l’intérêt du pays et de ses habitants.  « Die man kan het niet !!! »  (Cet homme n’y arrive pas)  titrait récemment Luc VanderKelen, éditorialiste au “Laatste Nieuws”.

 

Impossible pourtant de taire le terrifiant silence voire même parfois la dangereuse complaisance des intellectuels et analystes flamands…  C’était et cela reste leur rôle d’expliquer que la démocratie est la forme de gouvernement, qui impose le débat public et le compromis sur la force, qui oblige à convaincre plutôt qu’à contraindre, qui protège les intérêts des minorités contre les dérives des majorités.  C’est l’essence même de cette démocratie, qui vient d’être bafouée par ce vote communauté contre communauté. 

 

Le Vlaamse Belang ne veut pas de cette démocratie, le fait était connu et établi depuis longtemps et déjà du temps du Vlaamse Blok.  Aujourd’hui, nous devons constater que son populisme et ses simplismes  ont essaimé jusque dans les partis flamands à vocation gouvernementale.  Cet idéalisme jusqu’à l’absurde est une défaite de l’intelligence qui doit en rappeler d’autres à tous les démocrates.

800 000 voix ne semble pas une garantie suffisante contre la solitude.  Cool
 

Pour suivre les débats à la chambre ou revoir ceux qui s'y sont déroulés hier:

http://www.lachambre.be/streaming/getPage.asp?language=fr

 

Les réactions politiques sur Ciel Radio accessible sur le site de « La Libre »:   

Didier Reynders, président du MR

Laurette Onkelinx, Vice-première ministre PS

Melchior Wathelet, secrétaire d'état cdH

Jean Michel Javaux, co-président Ecolo

Les réactions politiques sur RTL

Didier Reynders, président MR

Joëlle Milquet, présidente du cdH

Isabelle Durant, co-présidente Ecolo

 

03/05/2008

Retour aux urnes pas défavorable aux francophones

Depuis quelques jours, le scénario d’un retour aux urnes prématuré n’est plus une hypothèse impossible.  Dans le Standaard du 29 avril, nous pouvions même lire que ce scénario profiterait largement aux francophones.  En effet, il est indispensable pour assurer la légitimité de nouvelles élections fédérales que le problème de BHV soit tranché.  C’est le conseil d’état qui l’exige même si il n’exige pas de scission à proprement parler : nous nous trouvons dès lors dans trois cas de figure :

 

  1. Retour à l’ancienne circonscription électorale, ce qui anéantirait du même coup tous les efforts flamands pour rendre cette scission inévitable et urgente.  Ce retour en arrière ne devrait d’ailleurs pas faire l’objet de négociation.
  2. Organiser des élections dans les conditions actuelles, le parlement nouvellement élu devra alors se prononcer pour valider celle-ci à posteriori.   Le risque est toutefois important que ces élections soient alors invalidées par des procédures menées en ce sens notamment par des partis nationalistes.
  3. Trouver une solution négociée pour la scission de l’arrondissement entre la chute de ce gouvernement et la date effective de nouvelles élections.

 

Il est très clair que la première solution semble la plus plausible, c’est en tout cas l’avis des auteurs (Steven Samyn et Isabel Albers) de cet article. 

 

D’un point de vue plus politique, il semble aujourd’hui qu’une négociation institutionnelle aussi importante que la réforme de l’état aujourd’hui exigée par les flamands, pourra difficilement être menée aussi près de nouvelles échéances électorales régionales.  Ce n’est pas sain pour installer un climat de négociation serein.  Ces dernières heures, le cartel CD&V/N-VA d’Yves Leterme, rejette à nouveau toutes les possibilités de compromis proposées par les francophones : pas de circonscription fédérale, pas de nomination des bourgmestres, pas d’élargissement de Bruxelles…  Le moins que nous puissions dire,  c’est que cela rend la discussion difficile et que cela correspond à une radicalisation par rapport aux discussions qui avaient permis la formation du gouvernement Leterme I.

 

Si Leterme I devait tomber, ce gouvernement serait alors placé en affaires courantes.  Ce  n’est pas très différent de la situation actuelle puisqu’une tripartite interdit de fait tout projet socio-économique fort.  Il est probable que de nouvelles élections fédérales seraient alors couplées avec les élections régionales, prévues pour 2009.  Ce rendez-vous électoral exceptionnel permettrait alors aux électeurs de choisir pour de bon les acteurs des prochaines échéances communautaires et par la suite laisserait à ceux-ci le temps de négocier une réforme dans le calme et sans pression électorale.

 

D’un point de vue plus politicien, cela permettrait du côté francophone au CDH et à Ecolo d’acter leur progression dans les sondages et au MR de conforter sa position de premier parti francophone.  Du côté néerlandophone, cela permettrait au cartel CD&V/N-VA de se présenter uni au scrutin et sans laisser le temps à un hypothétique « Forza Flandria » (N-VA, LDD et Vlaamse Belang) de s’organiser.  Cela rendrait même possible un éclatement de ce cartel au lendemain du scrutin et le CD&V pourrait alors sans pression excessive négocier une réforme de l’état équilibrée.  Pour les autres partis traditionnels, tous perdant face au cartel dopé au nationalisme de la N-VA, cela leur permettrait sans doute de se refaire une santé en apportant la preuve que les slogans simplistes de la dernière campagne ne tenaient simplement pas la route.

 

Les prochaines heures seront sans doute déterminantes.

12:32 Écrit par Philip Hermann dans Crise formation | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : bhv, cd v, n-va, mr, ecolo, ps, cdh, reforme de l etat, elections |  Facebook |

30/04/2008

BHV : le chagrin des belges

La pièce de théâtre continue.  Après avoir connu un entracte de quelques semaines, le monde politique belge est de nouveau confronté à l’impasse BHV.  Le gouvernement Leterme I doit son existence à un accord de gouvernement actant que la scission de BHV ferait l’objet d’une négociation entre partenaires de gouvernement.  En effet la dernière tentative de formation d’un gouvernement « orange bleu » avait échoué après la claque infligée par l’ensemble des partis flamands à la communauté  francophone à l’occasion d’un vote en commission flamands contre francophones.

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Dans notre pays la minorité francophones dispose d’un arsenal constitutionnel lui permettant de garantir que la majorité flamande ne pourra jamais utiliser sa majorité numérique (60% de la population) pour imposer des mesures contraires à l’intérêt des francophones : évocation de procédure en conflit d’intérêts par les régions, les communautés, sonnette d’alarme, majorité spéciale requise pour toute réforme constitutionnelle, etc.   In fine, les dossiers sensibles communautaires échouent sur la table du gouvernement et en cas de désaccords persistants, celui-ci doit remettre sa démission et le cas échéant, organiser de nouvelles élections.

 

Aujourd’hui, les partis francophones refusent unanimement d’activer de nouvelles procédures préventivement pour empêcher le dossier BHV de faire l’objet d’un vote à la chambre en séance plénière.  Ils rappellent qu’une solution négociée, prévue pour le 15 juillet, fait partie intégrante de l’accord qui a permis la formation de ce gouvernement.  La question est de savoir si notre nouveau premier ministre dispose de l’autorité suffisante auprès des députés de sa majorité et notamment de ses partenaires de cartel N-VA pour faire respecter l’accord pris par lui.

 

Cela ne semble pas être le cas : plusieurs députés N-VA mais aussi CD&V se sont clairement prononcés pour le vote de cette scission de BHV à la chambre au mépris des accords pris par leur chef de file.  Son gouvernement peut-il dans ces conditions poursuivre sa mission ?  Un gouvernement ne doit-il pas disposer de la confiance d’une majorité de députés à la chambre ?

 

Le problème est là et il est entier : plusieurs députés N-VA, ouvertement séparatistes, semblent avoir décidés de s’opposer à toute action de ce gouvernement.  Ils refusent notamment en commission d’accorder leur confiance aux notes de politique générale, présentés par les ministres francophones du gouvernement Leterme I.  Ces députés font-ils partie de la majorité ou de l’opposition ?  Leterme I dispose-t-il simplement d’une majorité ?

 

Une réponse à ces questions cruciales pour l’avenir du gouvernement Leterme I, doit être trouvée pour le 8 mai, probable date d’examen de BHV par les députés de la chambre.  Il semble déjà évident que scinder BHV nécessite plus que 5 minutes de courage politique, comme le candidat Yves Leterme le prétendait pendant la campagne électorale.  Nos compatriotes flamands doivent également se rendre compte que, malgré les slogans de campagne, il sera impossible parvenir à des solutions unilatérales sans l’accord des francophones.  Il faudra négocier…la démocratie, ce n’est pas la dictature de la majorité…Tout passage en force est voué à l’échec et ceux-là même qui alimentent les médias flamands en déclarations matamoresques, le savent pertinemment.  Du mauvais théâtre joué par des irresponsables alors que toute leur énergie devrait se consacrer à répondre aux préoccupations des gens.   Qu’ils sachent que ces derniers en ont marre.

17:19 Écrit par Philip Hermann dans Général | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : bhv, leterme, n-va, cd v |  Facebook |

19/12/2007

Verhofstadt III met fin à la crise

Tout d'abord, un grand bravo à Guy Verhofstadt!!!   En réussissant à dénouer cette crise en moins de 15 jours, il vient de démontrer qu'il était l'homme de la situation.  Merci aussi au sens de l'état de Didier Reynders, il a compris à temps l'urgence de sacrifier certaines légitimes revendications sur l'autel de la raison d'état.  En acceptant de transiger sur une participation conjointe du cartel CDh/PS à ce gouvernement d'urgence, en renonçant à revendiquer le rôle de premier ministre, il vient de faire preuve d'une abnégation qui démontre un sens de l'état certain.

Comme je le signalais sur ce blog, l'exercice des responsabilités au sein de ce gouvernement ne sera pas simple: 

  • Nous sommes à la veille d'une campagne électorale déterminante en 2009, d'autant plus si de nombreuses compétences sont transférées aux exécutifs régionaux.   Ce gouvernement fédéral réunit en son sein les deux principaux protagonistes de ces futures élections: le MR et le cartel sortant.  Il ne sera pas simple de transcender les différences de fonds entre les deux pour gouverner ensemble.
  • De nombreux chantiers sont aujourd'hui sur la table de ce gouvernement d'ici la mise en place d'un gouvernement définitif pour le 23 mars 2008:
  • Des problèmes socio-économiques urgents: Budget 2008, pouvoir d'achat, prix de l'énergie, confiance et crédibilité au niveau international.  Didier Reynders sera en charge de mettre sur pied un programme de gouvernement au niveau socio-économique.  Il est à espérer que les accords obtenus sur ces sujets par l'orange bleue pourront servir de base à ce programme.
  • Yves Leterme sera quant à lui en charge de préparer la réforme institutionnelle, où rien ne semble être réglé.  Si ce n'est peut-être qu'au sein de cette configuration plus large, disposant de la majorité des deux-tiers et où le rôle de la N-VA sera dès lors dilué.
  • enfin la constitution effective de l'équipe gouvernementale définitive.
Au vu des enjeux, qu'impliquent ces sujets complexes, et des divergences de vue qui subsistent encore aujourd'hui entre les parties prenantes de ce gouvernement, cela nous promet encore de passionnantes passes d'armes dans les semaines et mois à venir.  Que cela ne nous empêche pas de nous réjouir de la réussite présente et d'espérer que cela nous permette de donner un programme socio-économique au bénéfice de la population et une réforme des institutions équilibrée pour l'ensemble des communautés de ce pays.

01/12/2007

Didier Reynders, premier ministre.

Voilà, c'est fait Yves Leterme, après 173 jours de négociations, a fini par jeter le gant.  Depuis sa victoire du 10 juin, il n'a jamais paru pouvoir transcender sa campagne populiste et surtout sa stratégie d' alliance avec un parti nationaliste flamand, au programme inacceptable.

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Cet échec est une démonstration claire de l'incapacité de la N-VA de devenir un parti de gouvernement.  Personne n'est dupe du jeu de "zwarte Piet" (valet noir) de cette fin de négociation, où la N-VA d'une chambre secrète jouxtant la table de négociation, a voulu dicter le programme d'un futur gouvernement pour tous les belges.  Le responsable de cet échec, ce n'est pas le CDh et encore moins le MR, mais le jusqu'au boutisme de la N-VA et de certains CD&V.  Yves Leterme, qui était l'artisan de cette stratégie d'alliance avec ce reliquat de la Volksunie, n'a jamais paru capable de dominer ce mouvement, qui ne comptait pourtant que 5 députés élus.

Selon toutes vraissemblance, c'est le tour à présent de Didier Reynders de s'atteler à cette difficile tâche de formation et de réconciliation du pays.  Faut-il jeter les accords obtenus durant cette longue période de négociation, ce n'est pas mon avis:  le programme de gouvernement de l'orange bleue est un programme ambitieux et la conférence de réconciliation nationale, imaginée pour résoudre les conflits communautaires me semble nécessaire.

Aujourd'hui, la crise est profonde mais de nombreuses options s'ouvrent aux prochain formateur:

  • Convaincre le CD&V de renoncer au cartel.  Pour faire l'appoint de l'infréquentable N-VA, les écolos seraint alors disponibles.  Cette configuration aurait le mérite de regrouper l'ensembles des gagnants du 10 juin et d'accorder une place importante aux problèmes sociaux et environnementaux posés par le renchérissement du prix de l'énergie.  Tous les lecteurs de ce blog, auront compris que là est ma préférence même si il ne faudrait pas que ces écolos ne viennent avec des revendications démesurées par rapport à leur poids politique.
  • Si le CD&V n'est pas capable de tirer un trait sur le cartel, alors un arc-en-ciel est une configuration probable dont le principal désavantage serait de remettre en selle les perdants socialistes tant au nord qu'au sud.
  • Dernière option, la constitution d'un gouvernement d'urgence sous la forme d'une tripartite traditionnelle, dont l'unique objectif serait alors de traiter les questions institutionnelles.

L'intérêt de cet échec, c'est que désormais plusieurs configurations sont ouvertes...  L'échec de Leterme doit-il être celui du CD&V?  Cette question va maintenant se poser avec une nouvelle acuïté...

 

21/11/2007

Pour le dire simplement...

A la place d'attendre un geste de conciliation qui ne venait pas, le MR a préféré prendre ses responsabilités et admettre dans les débats télévisés de ce week-end, ce que tout le monde sait déjà: si nous ne voulons pas voir la Belgique disparaître, il faudra négocier une réforme de l'état.

Quel sera son contenu?

-Un élargissement de Bruxelles contre une plus grande autonomie de la région flamande?

-Une circonscrition fédérale?
 
-Un premier ministre issus de cette circonscription fédérale?

-La refédéralisation de certaines compétences et le transfert aux régions d'autres!!!

Les mandataires MR, qui ont pris la parole ce week-end, n'ont fait que répéter ce qui se négocie depuis des mois maintenant. Dire qu'on accepte de négocier, dire qu'on veut le faire dans une structure externe au gouvernement, où seront associés l'ensemble des partis démocratiques belges, n'a rien de scandaleux!!! C'était déjà l'accord obtenu par l'éclaireur Van Rompuy.  Il faut accepter de discuter de tout sans tabou, mais une négociation implique la conclusion d'accords équilibrés.  Dans ce cadre, un renforcement de la structure fédérale ne peut être exclu.  C'est ce qui sera le plus dur à faire passer au sein de la N-VA, qui est ouvertement séparatiste.  L'orange bleue peut-elle, doit-elle se passer de la N-VA?  C'est en tout cas arithmétiquement possible!!!

Maintenant, personne au MR n'en démord:

-La scission unilatérale de BHV n'est pas acceptable et sera négociée par l'orange bleue.  Des garanties seront obtenues afin d'éviter à l'avenir de tels votes: majorité flamande contre opposition francophone.  Il en va de la survie de notre démocratie.

-La nomination des 3 bourgmestres MR de la périphérie reste un prélable à tout accord institutionnel, même si ce point est difficile vu le radicalisme de Marino Keulen, en charge de cette matière au gouvernement flamand.

-Toute réforme de l'état devra faire l'objet d'un consensus entre les régions.
 
-Une majorité des deux-tiers devra être recherchée en dehors du gouvernement pour réaliser cette réforme institutionnelle.
 
-Des concessions et la levée de certains tabous devront être obtenues de part et d'autre de la frontière linguistique.

En le disant clairement pour la première fois dans les médias francophones, le MR fait le premier pas...Ce faisant, il réalise le désir des manifestants de ce week-end préserver une Belgique fédérale unie.
 
Yves Leterme ne peut clairement pas prendre le risque d'échouer cette fois encore: il doit convaincre à l'intérieur du CD&V et aussi la N-VA, très opposée à tout renforcement de l'état fédéral.   En cas d'échec, il faudrait alors songer à un gouvernement d'urgence et à organiser une structure qui entame un dialogue sur l'avenir de la Belgique.  Les prochains jours seront cruciaux!!!

11:01 Écrit par Philip Hermann dans Crise formation | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : orange bleue, mr, leterme, cd v, n-va, formation, gouvernement |  Facebook |